XXII INTRODUCTION
« Il faat savoir, a-t-il dit lui-même à propos de la Commedia, que cette œuvre n^est pas simple, mais qu'elle peut être appelée polisensa : c'est-à-dire qu'autre est le sens qui peut être donné à la lettre, autre est le sens des choses exprimées par la lettre. Le premier s'appelle littéral, le second allégorique. )>
On peut trouver tout ce qu'on veut dans ce langage allégorique dont il ne se départit guère. Les innombrables commentateurs qui ont entrepris de nous initier à la pensée du poète ne s'en sont pas fait faute.
Sans doute, un esprit tel que le sien, un des plus compréhensifs qui aient pu exister, devait avoir des clartés de tout ce qu'on savait ou croyait savoir de son temps. Mais il semble que ses connaissances scientifiques ne dépassaient guère Aristote, qui fut son guide dans les choses terrestres, comme Virgile l'était dans les choses divines. Son exposition des conceptions célestes d' Aristote (1), la théorie qu'il développe de la génération (2), ne témoignent pas en réalité de ce que nous appelons l'esprit scientifique. Celui-ci n'avait pas manqué, malgré tant d'erreurs iuévitables, aux grands philosophes de l'antiquité ; mais il ne régnait pas précisément au moyen âge (3).
Les trois œuvres maîtresses de Dante sont : la Vùa nuova (la Vie nouvelle), il Convito (le Banquet) et la Divina Commedia.
(1) // Convito, trattato 2».
(2) XXV* chant du Purgatoire.
(3) M. Jeanroy a dit : t Ce n'est pas comme penseur, c'est coimne artiste qu*il ouvre un âge nouveau. > (La Grande Encyclopédie, article Dante.) Si Ton songe aux idées innombrables qu'il a remuées, il faut reconnaître que si Dante ne. fut pas précisélnent un savant, il fut surtout un penseur.