‹ L'amour dans la Divine ComédieChapitre 21 sur 33 · INTRODUCTION XXII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXII

Il Convito est assez pénible à lire. C'est un trailé de morale philosophique comme pourrait en écrire un esprit d'une aussi grande élévation, mais un esprit du treizième siècle.

La Vita nuovaj dont la composition bizarre n'est pas sans attrait, et où Tallégorie systématique prend des accents d'une douceur et d'une tendresse ineffables, est d'une lecture irritante en raison de la difficulté que l'on ressent d'y démêler ce qui est histoire ou roman, vécu ou imaginé, pleuré ou versifié (1).

Poète, moraliste ou philosophe, Dante a pu être égalé ou surpassé dans le cours des siècles. Mais la Commedia (2) est de tous les temps et de tous les mondes, et c'est cette œuvre, indéfinissable et inimitable, qui a entraîné dans son immortalité des œuvres assurément curieuses et attachantes, mais demeurées trop loin de nous,

A quelles impulsions et à quelles idées pouvons-nous rapporter l'inspiration et la réalisation de cette œuvre immense? Nous ne le savons pas, car le poète ne l'a pas dit. Nous pouvons au moins le chercher.

Ce n'a pas été pour la satisfaction de placer ses ennemis dans l'Enfer et ses amis dans le Purgatoire ou le Paradis qu'il l'a conçue et accomplie (3). Ce n'est pas

(1) La Vita nuova est une sorte d'autobiographie allégorique consacrée à l'amour de Dante pour Béatrice.

(2) Dante avait intitulé son poème Commedia, parce que la comédie, au rebours de la tragédie, se termine toujours par un dénouement heureux, et parce que le style de la Comédie est plus libre et plus simple que celui de la tragédie, toujours élevé et su> blime. (Lettre à Gan Grande.) G'est la postérité qui lui a donné le nom de Divine Comédie.

(3) Dante a placé dans l'Enfer son vieux maître, Brunetto Latini, à qui il témoigne les sentiments les plus affectueux.

Page 1