‹ L'amour dans la Divine ComédieChapitre 24 sur 33 · XXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVI INTRODUCTION

La biographie de TAlighieri ne nous apparaît qu'enveloppée d'une singulière obscurité. Il n'est pas un des incidents ou des caractères de la vie politique qu'il aurait menée, ou de la vie passionnelle qui lui a été attribuée, soit par ses premiers biographes, soit par la tradition, dont l'authenticité ne soit encore contestée ou par des critiques sérieuses, ou par des partis pris d'apparence assez systématique. C'est donc à ses œuvres elles-mêmes qu'il faut s'adresser si l'on veut chercher à reconstruire l'homme qu'il était, ce qui est en réalité plus intéressant encore que les circonstances mêmes d'une existence aussi troublée que la sienne.

La Vùa nuova nous offre l'apparence d'une autobiographie où il semble qu'il n'y ait qu'à s'efforcer de dégager, des allégories qui l'obscurcissent, l'histoire d'une passion romanesque dont on peut admettre que le génie du poète ait gardé une empreinte jamais effacée, mais qui ne paraît avoir exercé aucune influence sur les péripéties ultérieures de sa destinée. C'est une œuvre de jeunesse et qui ne se rapporte qu'à une courte période de sa vie ; c'est un hymne enthousiaste à l'amour glorieux ; c'est un lamento touchant sur l'amour brisé ! Il est vrai qu'un des plus éloquents interprètes de Dante, dans notre pays, assure que l'on peut déjà, dans la Vita nuova, reconnaître et prédire l'homme qui fera l'Enfer, le Purgatoire et le Paradis (1).

La Commedia, de son côté, nous montre l'homme viril dans sa prodigieuse émolivité, ses passions exhubérantes, les hauteurs de son âme et les faiblesses de

(1) ViLLEMAiN, Cours de littérature française. Tableau de ta lit*térature du moyen âge, 1857.

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