‹ L'amour dans la Divine ComédieChapitre 25 sur 33 · INTRODUCTION XXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXVII

son caractère, les énergies et les défaillances de son être.

La Vita nuova est un portrait où Fart remporte sans doute sur la ressemblance.

La Commedia, c*estrhomme lui-même.

Il ne s'agit plus des allégories mystiques de la Vita nuova. Ce ne sont plus les procédés scolastiques d'iV Convito. Le poète de la Commedia nous livre ici sans préparation tous ses modes de voir, de sentir, de comprendre, de vivre enfin. Il nous les livre parmi un mélange inexprimable de colères et d'apaisements, de rudesse et de douceur, de justice implacable et de mansuétude chrétienne. Et sur tout ceci plane la sincérité, la vertu capitale de Dante, qui fut une de ses gloires, après avoir été peut-être la cause première de ses malheurs.

Un critique aussi profond que sagace, M. Brunetière, dans une de ses brillaoles conférences sur la poésie lyrique au dix-neuvième siècle, dit à propos des Byron, des Goethe, des Lamartine et des Hugo : ^^ Leur poésie... porte Tempreinte inefiaçable de leur génie particulier, en ce qu'elle est révélatrice pour nous du plus intime et du plus profond d'eux-mêmes. Elle nous renseigne non seulement sur ce qu'ils ont pensé de l'amour, de la nature et de la mort, mais sur les lieux où ils ont vécu, sur les impressions qu'ils y ont éprouvées, sur leurs goûts, au besoin sur leurs vices eux-mcmes. Ce sont des aveux, ce sont des confessions (1). ))

C'est tout cela que nous retrouvons dans la Divine Comédie, S'il est une œuvre dont la présence de son créateur ne puisse se détacher un instant, c'est bien

(i) La Revue bleue du 18 février 1894.

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