‹ L'amour dans la Divine ComédieChapitre 27 sur 33 · XXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXX INTRODUCTION

Dante rêvait une langue illustre^ propre surtout auK sujets élevés, tels que Tamour, la guerre, la morale (1), empruntée à la langue vulgaire, mais unifiée et dépouillée de ses vêtements grossiers, et à la langue latiue, mais revêtue d*un costume national. C'était là une de ses préoccupations dominantes, cherchant à quelle autorité directrice pourrait revenir la réalisation de cette conception, comme il cherchait une autorité impériale pour réaliser son rêve de centralisation monarchique (2).

Pour ce qui concerne le style de la Divina Commedia^ c'est aux compatriotes du poète qu'il appartient de l'apprécier. Tout ce que nous pouvons faire est de chercher, et je m'empresse d'ajouter, à leur aide, à en dégager la pensée et à nous pénétrer des sentiments dont il est l'expression. Mais ce qui nous est permis, c'est d'admirer la clarté, et l'on peut dire le degré d'avancement de sa prose, qui permettent de lire couramment son traité de morale philosophique, il Convito^ malgré le caractère abstrait qu'il emprunte à ses formes scolastiques et à l'usage continu de l'allégorie.

Le poète de la Divine Comédie paraît avoir été hanté toute sa vie, et sans s'en laisser détourner par les vicissitudes terribles dont elle a été traversée, de deux idées d'ordre bien différent, mais qu'un lien commun rattachait peut-être dans son esprit, l'un de politique, l'autre de linguistique.

Le traité de Monarchia et celui de Vulgari Eloquio

pas changé depuis. C'est Corneille ^ non Villehardoin ou Froissard * , je dois avouer que j'ai peine à reconnaître dans la langue de la Commedia une modernité comparable à celle de Corneille.

(i) Soggetti di amore, di guerra, di retHtudine.

(2) GiNo Gapponi, Staria délia repubblica di Firenze, 1856.

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