INTRODUCTION. XXXI
peuvent êlre rangés parmi les operœ minores de TAlighieri : mais ils nous révèlent plus d'un côté intéressant de cet esprit étonnant, que le mysticisme religieux et le mysticisme passionnel laissaient ouvert aux spéculations politiques et littéraires les plus élevées.
En présence du désordre moral et social où il voyait ritalie s'épuiser, il s'était abandonné- au rêve d'uoe monarchie qui, dans son idée, ramènerait Tordre et rharmonie dans ce corps sans tète et sans cœur, où se consumaient vainement les éléments, pleins de vie cependant, du pays auquel il avait voué son âme et son intelligence.
Mais ce n'était pas à ce corps lui-même, usé en apparence avant d'avoir accompli son évolution naturelle, qu'il pouvait demander cette ressource suprême.
Ce n'était pas à Rome surtout, ce n'était pas à la papauté, sur laquelle cependant il jetait encore des regards de détresse, ce n'était pas assurément à ses représentants qui ne lui inspiraient que du dégoût et de la haine.
Ce n'était pas à la France, toujours prête à poser sa griffe de lion sur l'Italie, et dont les ambitions vaines devaient, bien longtemps encore après lui, venir s'y épuiser dans leurs propres efforts.
C'est à l'Allemagne qu'il en appelait, rêvant par avance ce fantôme d'empereur sans empire qui devait traîner sa vaine existence jusqu'à la Révolution française. La couronne de fer n'a guère ceint que le front puissant de Charles-Quint : la plupart des autres n'ont porté qu'une couronne de théâtre. Et cette institution impériale ne devait guère laisser, de sa durée tant de fois séculaire, qu'un thème aux éloquentes objurgations