‹ L'amour dans la Divine ComédieChapitre 5 sur 33 · IV PREFACE · texte numérisé non relu

IV PREFACE

première et la troisième se fondant en quelque sorte dans la seconde.

VEnfer est une œuvre dramatique, où l'intérêt se soutient de lui-même, soulevé par le souille étrange qui s'en exhale.

Les deux autres parties deviennent de plus en plus mystiques et raisonneuses. Ici l'intérêt ou, si l'on veut, la complicité du lecteur s'amoindrit pour la généralité du vulgaire et, il me semble du moins, ne garde son prestige que grâce à la magie du style. Ce style, c'est, autant que la grandeur et la diversité de l'imagination, ce qui peut retenir et captiver ceux qui sont en état de le sentir. Mais c'est là ce qui rend si nécessairement imparfaite la reproduction de cette œuvre dans une langue étrangère. Le style n'est pas une chose qui se transmette à distance.

Ce style de Dante, incorrect au point de vue de la langue formée, et à la formation de laquelle le poète a pris une si grande part, — cet art incomparable avec lequel il se joue de la contraction et de l'ellipse, — cette faculté merveilleuse d'enfermer une idée ou une image dans un vers, dans un mot, et cette puissance de chaque mot, telle que, dans ces milliers de vers, il n'en est pas un qui puisse être retranché, — cette érudition, un peu confuse et complaisante, qui se meut avec

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