‹ L'amour dans la poésie françaiseChapitre 12 sur 74 · ENVOYÉ LE MERCREDI DES CENDRES · texte numérisé non relu

ENVOYÉ LE MERCREDI DES CENDRES

Ce Bouquet de menu fleurage

Vous servira de tesmoignage

Que nos beaux jours coulent soudain.

Comme la fleur, et qu'il faut prendre

Le plaisir sans le surattendre

Ny le remettre au lendemain.

Sans attendre que la vieillesse D'une froide et morne paresse Rende nos membres froids et gours, Passant en douceurs amoureuses Et mignardises gracieuses Ce qui reste de nos beaux jours.

Aussi bien cette Parque fière Pour nous coucher dedans la bière Desja nous attend sur le port, Mon Cœur, croyez-moi je vous prie, Passons doucement nostre vie, On ne sent rien après la mort.

Rien n'y a d'apparence humaine.

Il n'y a sang, ny poulz, ny veine, Cœur, poumon, ny foye, ny ners Ce n'est rien qu'une ombre légère Sans sentiment et sans artère, Proye de la terre et des vers.

Vous savez ce que dit le Prestre, Quand plus devôt de sa main destre De cendre il nous croise le front, Clairement nous faisant entendre Que nos corps sont venus de cendre Et qu'en cendre ils retourneront.

(Petites Inventions.) Remv Belleat

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