‹ L'amour dans la poésie françaiseChapitre 19 sur 74 · SONNET DE MELITE M · texte numérisé non relu

SONNET DE MELITE M

Après l'œil de Mélite il n'est rien d'admirable; Il n'est rien de solide après- ma loyauté : Mon feu, comme son teint, se rend incomparable, Et je suis en amour ce qu'elle est en beauté.

Quoi que puisse à mes sens olFrir la nouveauté, Mon cœur à tous ses traits demeure invulnérable, Et quoiqu'elle ait au sien la même cruauté, Ma foi pour ses rigueurs n'en est pas moins durable.

C'est donc avec raison que mon extrême ardeur Trouve chez cette belle une extrême froideur Et que sans être aimé, je brûle pour Mélite;

Car de ce que les Dieux, nous envoyant au jour, Donnèrent pour nous deux d'amour et de mérite, Elle a tout le mérite, et moi j'ai tout l'amour!

(Poésies diverses.) Corneille.

(i) Suivant Thomas Corneille, Pierre Corneille aurait écrit sa comédie de yiélite pour employer ce sonnet « qu'il avait fait pour une demoiselle qu'il aimoit. »

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