‹ L'amour dans la poésie françaiseChapitre 69 sur 74 · VEILLEE · texte numérisé non relu

VEILLEE

Un frisson clair de jupe, un bruit de porte close, Des pas dont l'écho bref décline dans le soir, Du silence... J'écoute et puis je viens m'asseoir Près de la cheminée où, moins vif, le feu cause.

Tout me parle de vous ici : l'abat-jour rose

Que vos doigts ont fleuri, du thé sur le dressoir,

Un livre et ce parfum étrange d'iris noir

Qui flotte et lentement sur mes lèvres se pose.

Tout départ est un deuil, je le savais, pourtant Vous êtes déjà loin que mon cœur vous entend Toujours, que je vous vois sur cette chaise — Ojoie

Les yeux fermés, heureux, songeant aux lendemains Où vous viendrez, je joue avec vos gants de soie... Et vos gants oubliés ce sont encor vos mains.

Lucien Bazin.

(Les Voix du Large.)

278 LES CONTEMP< iRAINS

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