‹ L'amour dans la poésie françaiseChapitre 70 sur 74 · VOEU SUPREME · texte numérisé non relu

VOEU SUPREME

Lorsque je dormirai dans les bras de la Terre Je voudrais, par un soir d'octobre triste et beau, Qu'une femme, aux grands yeux alourdis de mystère. Vienne incliner son front pensif sur mon tombeau.

Sa robe ondulerait sur ses pieds lents, parmi

Les feuilles que l'Automne arrache au front des arbres

Et songeant au Poète à jamais endormi,

Elle viendrait s'asseoir et rêver sur le marbre.

Sous l'herbe, sous la mousse et les rameaux de lierre Son doigt épellerait mon nom que, sur la pierre, Les sables et la pluie aurait presque effacé.

Par le soleil mourant de pourpre couronnée, Elle mettrait, jalouse un peu de mon Passé, Vn long baiser d'amour sur la pierre étonnée.

Pierre Vierge.

(Publié par (i Les Entretiens Idéalistes '.)

Ce sonnet offre un exemple typique de cette conception religieuse de l'amour qui, chez certains esprits passionnés mois altérés par le scepticisme ambiant, supplée à l'absence de la foi.

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