‹ L'amour dans la poésie françaiseChapitre 8 sur 74 · ODE · texte numérisé non relu

ODE

Mignonne, allons voir si la rose Qui, ce matin, avoit desclose Sa robe de pourpre au soleil, A point perdu, cette vesprée.

Les plis de sa robe pourprée Et son teint au rostre pareil.

Las! voyez comme, en peu d'espace.

Mignonne, elle a, dessus la place.

Las, las, ses beautez laissé cheoir!

O vrayment marastre Nature, Puisqu'une telle fleur ne dure Que du matin jusques au soir!

Donc, si vous me croyez, mignonne.

Tandis que vostre âge fleuronne En sa plus verte nouveauté.

Cueillez, cueillez vostre jeunesse :

Comme à cette fleur, la vieillesse Fera ternir vostre beauté.

(Odes.) Ronsard.

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