MORAND AL
Bah !... quoi donc ?... Cependant, depuis, que je vous.ai serré la main, j’ai comme un petit point Ib, au cœur... qui ro^oiûblerait à du regret... Ahl vous êtes bien heureux,' Dùriiésull, d’avoir un enfant et de vivre ! ’
MARCELLIN, le ccDur brtsé. ' ’ 1'
Oui, bien heureux!... c’est vrai!
! iH)/l
MORANDAl.
Veillez bien sur ces pauvres femmes,, n’est^e pas? soj» tout pour elles, un père, un ami... parlez-leur quelquefois.de moi,i. Allons ! allons !... nous ne sommes pas ici pour nous attendrir ! Tous nos officiers m’attendent pour fêter ma bienvenue.*» repas des Thermopyles... Vous serez des nôtres?
* MARCELLIN* . r * ï j j»i j'
Oh I non ! j’ai b faire ici tous les préparatifs derl’opérationl.;. il faut que vous réussissiez, au lieu de succomber, colonel;,. Tout n’est pas perdu, allez! . . '. "ts
MORANDAL. ' ’ (.1
Oui, oui, dorez-moi la pilule... en tout cas, au revoir !... dans une heure !... (£e serait du génie apporte le faüoty qu’il pose sur la.tabky qui est sous la tente.) Mon cheval 1..., C’est drédbj,il y a des gens qui prendraient au moins le temps de mourir!... et moi, je suis toujours pressé! Au revoir!
. KURCELLIN. ■
De tout cœur. (Morandal sort..iSeuli avec dése$poir.f9t .issis sous la tente.) J’ai un ûlsl et je vais mourir!... mourir sans l’avoir seulement embrassé!... üh! mais, quoi,
60 LE CHATEAU DE GRANTIER
de serrer la main à Morandal! n’ai-je pas juré dans mon cœur que cet homme Yivrait?... Allons, Matceiiin!... pas de faiblesse!... il vivra !... J’ai aussi un lesUment à faire, moi, il sera moins long que celui de M orandal. A Dieu mon âme 1 . . . mon corps au repos éternel !... ma mémoire à Thérèse!... tout le passé dans l’oubli!... [Il prend la lettre de Thérèse, la brûle au fallol.) C’est fini !... {Se levant et allant au fond.) Officiers ! soldaU ! & moi tout le monde !
.soufra vnz.
MARCELLIN, LES Soldats.
•- • • SARCELLm.
Messieurs, mes amis, savez-vous ce qui s’est passé ici tout à l’heure ?
DK OWICIEK.
On dit que !a bataille va se livrer, et qu’on donnera l’assaut au bastion.
KARCBLLIK.
Savez-vous qui?
Non!
tous.
MARCELLIK.
Un colonel étranger, avec des détachements pris à d’autres brigades. . <
TOUS
Ah! -
HARCKLLIK.
Tous les travaux que nous avons faits, toutes ces fatigues que nous avons endurées, tant de braves gens que nous avons perdus!... tout cela servira au triomphe d’un autre; tout cela, mes amis, ne nous vaudra pas même l’honneur de planter le drapeau de la brigade au sommet de ce bastion ! {Tous murmurent. )
. HARCELLIN.
On nous trouve donc trop faibles, on nous trouve donc trop lâches pour ne pas achever ce que nous avons commencé?
TOUS
Oh!
HARCELLiK.
^aut-il endurer cet affront, mes amis, je vous le demande ?
Non!fiCm!
TODS.