SCENE U
, , . Les Mêmes, BENJAMINE.
. I BENJAMINE, allant à sa mère.
J’ai du chagrin, moi, ma mère ?...
LA BARONNE
Allons, bien!... elle était làl
Laissez-la vous répondre.
LA BARONNE
Ohl vous vous entendez tous ensemble contre moi; mais je ne suis pas votre dupe. 11 se passe ici quelque chose d’extraordinaire dont les symptômes ne m’échappent pas, malgré toutes vos précautions.
BENJAMINE
Mou Dieu I
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Que voulez-vous dire? <
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LA BARONNE
La patience me manque h la fin!..', et ce rôle de staliié me fatigue... L’air sombre de Morandal lorsqu’il partit, il y a un mois, après une demi-heure de séjour au château!.'.' Thérèse au lit depuis ce moment, fondanten larmes au moindre mot, fuyant la lumière, comme si elle en avait peurl.,. Benjamine, -/pdfio, changée, cachant sous uu sourire monotone une tristesse indéfinissable !... {Le docteur veut parler.) Ne m’interrompez pas... Le petit Raymond parti si brusquement, lui qui était presque do la famille, et qui no paraît plus s’inquiéter aujourd’hui do. celle qu’on lui destinait pour femme! Pas un mot, pas une lettre dû lui depuis cet étrange départ... {Benjamine .se détourne et pleure:) Enfin, jusqu’è Jacinthe, disparue aussi pour aller en Bretagne, en Bretagne, où elle n’a plus ni parents ni affaires!... T-enez,' ma maison ressemble è Benjamine: vous la forcez à me sourire; mais je sens là-dessous comme une froide vapeur de lartueB... A force de vouloir me rendre heureuse, preuez-y garde, voqs laisserez s’accumuler tant de malheurs qu’un jour, quelque chose me le dit, je n’aurai plus assez de force et tomberalsous le fardeau !...
BENIAMINE.
Ma mère!
AvuErvris , à Benjamine. ' ^
Silence ! (J la' Baronne.) Vraiment, vous êtes bien ingénieuse à vous tourmenter!... Thérèse est malade?... Eh bien! est-ce si étrange, et ne l’avez-vous jamais été?... Benjamine est pâlie, soit! mais elle veille au chevet de sa sœur depuis trente jours; on pâlirait à moins... Raymond voyage; il s’agit pour laide rentrer dans les biens de sa famille. Un million! cola vaut-il la peine qu’on s’absente!... Quant à Jacinthe, partie en Br©tagne, ce qui vous surprend si fort , elle a le mal du pays ; œ n’est pas nouveau... Les Bretons ressemblent en cda.au» Suisses, moins le raiiz des vaches! Pour Dieu , vivez tranquille et n’allez pas tomber malade comme Thérèse, pâlir couimo Benjamine, et voyager dans les.cspaces imaginaires, à la poursuite de Raymond et de Jacinthe, qui arpentent prosaïquement les grands chemins. Ai-je raison, chère petite ?
IIF.NJAMI.NB.
Ah! ouil . ;
' LA BARONNE
Il a raison... -n’est-ce' pas?... Eh bien 1 erpliquez-moi dond, Savant docteur, vous qui expliquez toutes choses^ PQorquoi