SCENE VIII
Les Mêmes, UN ÜOMESTIQUi:.
UORANDAL, OU, domestique qui entre.
Que veui-tu, toi ? on ne t’a pas appelé.
LE DOMESTIQUE
Un billet fort pressé , monsieur , et que je n’ai pu refuser de vous remettre , tant la personne qui l’apporte a insisté pour qu’il vous fût rendu; à vous seul.
MURANDAL.
Que me veut-on?
' LE DOMESTIQUE
Une minute d’entretien à la petite porte du parc, avec un de vos anciens compagnons d’armes.
UORANDAL.
Voyons! {Reconnaissant l'écriture.) Ah !
THÉRèSR.
Qu’avez- vous ?
UORANDAL, cUterré.
Rien, mon Dieu I
THÉRèsE. . ,
Vous êtes pâle, vous tremblez !
UORANDAL, se remettant.
Non, madame... non... j’ai rêvé! {Lisant le billet.) « Un mal- » heurpux, que Dieu a sauvé par un miracle, et qui va quitter à »> jamais la France, ne voudrait pas s’éloigner sans embrasser P son enfant, qu’il ne doit pas revoir. Mort pour tout le monde,
P il vous conjure de lui accorder cette grâce... ensuite, oublioz- » le... il ne vous oubliera pas... Si dans un quart d’heure vous P no m’avez pas répondu , je comprendrai votre silence et m’é- » loigiicrai pour toujours sans vous accuser, p Quel réveil l
LE DOMESTIQUE
Eh bien ? monsieur... {Morandal, après un combat doulou' veux, s'approche de la table, écrit rapidement un mot sur le billet même de Marcellin, et le donne au domestique, qui disparaît, puis tl tombe accablé sur une chaise.) ' . '
tl4 LE CHATEAU pE pMNTIER.
THXRàsB, à Mprandal.
• Qu’y a-t-il donc?. . .
MORAHDAL.
Il y a, madame, que... que, tout à l’heure, je vous ai dit mille choses qu’il faut, je vous en prie, ne pas prendre au sérieux... Je vous proposais de continuer à porter mon nom, c’est impossible!.. . Oublions tout cela, et mettez votre nom au bas de cet acte, comme j’y mets le mien.
THHaàsE.
Une demande en divorce... mais vous me disiez à l’instant...
MORANDAL.
Oh I si vous saviez comme oa se laisse aller des espérances insensées... la raison les guérit l>ien vite; j’oubliais, vous dis-je, je pardonnais, non, non !... l’opense ^ui a blessé le cœur ne se Çardpnne jaipais!... Cette amitié que j’acceptais de vous m’eût etp un outrage, comparée k l’amour que vous Avez encore pour un autre. Signez, madame, signpz!
THÉRÈSE
L’amour que j’ai pour un mort I