‹ L'amourChapitre 20 sur 40 · LA FEMME EST UNE MALADE · texte numérisé non relu

LA FEMME EST UNE MALADE

ciens augures. On devine presque à coup sûr ce que sera Thumeur de la femme, triste ou gaie, qufel tour prendra sa pensée, son désir, son rêve.

D'elles-mêmes elles sont très-bonnes, douces, tendres pour celui qui les appuie. Leurs ai^eurs, leurs fâcheries , presque toujours , sont des souffrances. Bien sot qui s'y arrêterait. Il faut seulement alors d'autant plus les ménager, les soîgîier et compatir.

Elles se détendent, regrettent ces tristes moments, s'excusent souvent avec larmes, vous jettent les bras au cou et disent : « Tu sais bien.. . Ce n est pas ma faute. »

Cet état est-il passager ? Nullement. Partout où la femme n'extermine pas son sexe par un travail excessif (comme nos rudes paysannes qui de bonne heure se font hommes), partout où elle reste femme, elle est généralement souffrante au moins une semaine sur quatre.

Mais la semaine qui précède celle de crise est déjà troublée. Et dans les huit ou dix jours qui suivent cette semaine douloureuse, se prolonge une langueur i une faiblesse, qu'on ne savait pas définir. Mais on le sait maintenant. C'est la cicatrisation d'une blessure intérieure, qui, au fond, fait tout ce drame. De sorte qu'en réalité, 15 ou 20 jours sur 28 (on peut dire presque toujours) la

Là femme est une malade. 0

femme n'est pas seulement une malade, mais une blessée. Elle subit incessamment F éternelle blessurç d^amour.

Shakspeare a dit : « La Pitié sous figure d'un petit enfant. »

Les femmes diront qu'il a bien dit. Au mot d'enfaut, tout leur cœur s'ouvre et s'attendrit.

Mais, nous autres hommes, qui savons davantage les réalités, nous dirons que les enfants , si légers, si insouciants, favorisés de la nature en cent choses, puissants de leur jeune croissance et de l'âge ascendant, sentent le mal infiniment moins, et ne sont pas le symbole souverain de la Pitié.

Voulez-vous savoir la personne malheureuse, vraiment malheureuse, et l'image vraie de la Pitié? C'est la femme qui, -dans l'hiver, à certaine époque du mois, souffreteuse, et toute craintive de tels accidents prosaïques qui souvent viennent en même temps, est forcée d'aller rire au bal, dans une foule légère et cruelle...

Hélas! où dpnc est sa mère? ou plutôt un homme aimant qui la soigne, travaille pour elle , lui permette de rester le soir chaudement close et devant

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