‹ L'amourChapitre 8 sur 40 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

les femmes suicidées celui deTamour physique et de la génération.

Il fallait trouver un lieu où la mort violente fût commune, où le suicide livrât sans cesse à l'observation un nombre immense de femmes de tout âge, et la plupart dans leurs criâes de souffrances, cellesci au moment du mois où la nature les exalte, celles-là enceintes qui voulurent mourir avec leur enfant, des vierges enfin, pauvres fleurs qui désespérèrent de Tamour.

Je n'ai pas le chiffre total pour Paris. Mais le lieu de Paris où Ton expose les corps de ceilles qui ne meurent pas chez elles, la Morgue, en reçoit cinquante par an. C'est donc cinq cents en dix ans I Nombre énorme, si Ton songe à leur timidité naturelle et à la peur extrême qu'elles ont de la mort.

Dans quels mois ces morts violentes de femmes sont-elles le plus communes ? Aux beaux mois où elles sentent plus cruellement leur abandon, aux mois riants où la femme aime. Car c'est un point essentiel que l'amour, la génération, est plus recherchée par l'homme dans les fêtes de l'hiver et dans les banquets qui les suivent ; par la femme au temps des fleurs, sous les influences plus pures de la nature rajeunie, du soleil et du printemps. Alors elles supportent bien moins leur douloureux isolement, leurs

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misères sans consolation, et elles giiment mieux mourir.

Les statistiques ne font pas comprendre cela. Elles confondent la plupart de celles qui meurent ainsi dans Texàltation de Tamour, sous le nom d'aliénées.

Dès le commencement du siècle, la science s'était mise en marche vers la grande révélation. Geoffroy Saint-Hilaire et Serres créèrent l'embryogénie. Baêr (i827) commença l'ovologie, et fut suivi de MM. Négrier et Coste. En 1842, un maître, Pouchet de Rouen, formula toute la science, et par un livre de génie la posa pour l'avenir dans une audacieuse grandeur.

11 n'avait guère observé que sur les mammifères inférieurs, peu sur la femme elle-même. L'ingénieux et savant Coste et son habile auxiliaire Gerbe ( artiste anatomiste) eurent la gloire et le bonheur de voir toute la vérité. Pendant dix ans environ ( depuis la création de la chaire d ovologie jusqu'à la publication de l'incomparable atlas qui complète ces révélations), ils ont pu lire dans la mort, et des centaines de femmes leur ont livré le suprême mystère d'amour et de douleur.

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