MAIN
— Nous sommes entre les mains de l'amour comnii balles entre celles des joueurs de paume. Saint-Evrei
— Le premier bonheur que puisse donner l'amour, c'( premier serrement de main de la femme qu'on aime.
Sthenoai
— Biaise, un jour, disait à sa femme :
— « Tout franc, je ne suis pas content! Lucas te lorgne à chaque instant.
Et contre moi, sans doute, il trame:
Il faut qu'à ce voisin maudit,
Qaelqae jour, à grand coup de gaule...
Réponds -moi : que voulait le drâle Quand Tautre Jour il te joignit?
Tu ne risques rien de m'instruire, Car de vous deux n'étant pas loio.
De ce qu'il osa faire et dire, Je fus à peu près le témoin...
D'abord avec un air timide, Il se plaignit de ta vertu.. . » '- — n Biaise, tu mens, et je décide Que tu ne Tas point entendu. »
— « N'importe! ensuite il a voulu Agir de façon moins niaise;
Et je crois l'avoir aperçu,
A tes genoux, transporté d'aise,
Te prendre la main... Qu'en dis-tu? »
— tt La main! c'est encore mentir. Biaise, Et je dis que tu n'as rien vu. »
7- Ud poète lutinait une jeune fille, et celle-ci, de sa Jolie lin, s'opposait à ses caresses. Irrité de cette résistance à ipelle il ne s'attendait pas, notre amoureux se saisit de cette lin ennemie, et la couvrant de baisers, il lui dit :
Quand Zéphir, épris d'amour pour Flore, Tendrement dérange ses appas, La déesse en est plus belle encore, Rit, badine et ne se fâche pas.
Main d'albâtre.
Main que j'idolâtre.
Main qui vous opposez à mes brûlants désirs, La nature Délicate et pure, Vous fit-elle jamais pour troubler nos plaisirs? A. R.
*^0n u'est pas plus mattre de toujours aimer qu*on ne Tt dé ne pas aimer. La BauTèas.
"^ Jusqu'à ce que l'amour se soit rendu le mattre, il est H|ae toujours ignoré. M"^ de Lambekt.
"^ Lorsque Voltaire vint habiter le château de Cirey avec la fqaise du Châtelet, son amie, il fit élever dans cette riante ^eure une statue à T Amour; et c'est aux pieds de cette statue ^ furent gravés ces deux vers célèbres :
ir Qui que tu sois, voici ton mattré ;
I» Il Test, le fut, ou \e doit être. » A. B.
— > L*amour est bientôt le mattre du cœur quand il Q*a plu* que le scrupule à en chasser.
— L'Amour est un grand mattre :
Ce qu'on ne Tut jamais il nous apprend à Pétre;
Et souvent de nos cœurs l'absolu changement
Devient, par ses leçons, Pouvrage d*un moment.
De la nature en nous il force les obstacles,
El ses effets subits ont de Pair des miracles.
D'un avare à Pinstant il fait un libéral.
Un vaillant d'un poltron, un civil d'un brutal.
11 rend agile à tout Pâme la plus pesante,
Et donne de Pesprit à la plus innocente. Destouch^
— Les maîtres sont comme les maîtresses ; quelque servi<^ que Yous leur ayez rendu, ils cessent de vous aimer dès ([O vous cessez de leur plaire. M"* de Lambert.
— Parvenue au dernier degré de grandeur, Rome commet! çait à avoir des fantaisies aussi dérégliTcs et des humeurs ausj étranges que celles qu'on attribue à la plupart des femmeî Elle ne pouvait plus se passer de maître, mais elle ne se plai sait pourtant pas à en avoir un. Les femmes sont justement d même caractère. On doit convenir aussi que les hommes son trop jaloux de leur domination. Ils l'exercent dans le mariage c'est déjà un grand article ; mais ils voudraient encore Pexercc en amour. Quand ils demandent qu'une maîtresse leur soi fidèle, fidèle veut dire soumise : l'empire devrait être égale ment partagé entre l'amant et la maîtresse; cependant il pas! toujours de l'un ou de l'autre côté, et presque toujours du cet de l'amant. Fontenbllb.
— Qu*est-ce qu'une maltresse? Une femme près de laquel on ne se souvient plus de ce qu'on sait par cœur, c'est-à-Kiii de tous les défauts de son sexe. Champfort.
— Il est souvent plus difficile de se débarrasser d'une ma! resse que de l'acquérir. Ninon de Lenclos*
— Une maîtresse abandonnée devient toujours une enuem éconciliable pour l'amant qui l'a quittée. M"* db Puisibu]
— Si l'on croit aimer sa maltresse pour l'amour d'elle, o est bien trompé. La Rocbefoocauld.
— Les petits soins qu'exige une maltresse, le manège qu'ell
e, les jalousies qu^elle prodigue, les empêchements que 'sse elle fait nattre, irritent Pamour sans Témousser. Au ire, Tassiduité que demande une épouse, la simplicité
adopte, l'abandon trop complet qu'elle fait de sa perle détruisent à force de le satisfaire. Ainsi Tune gagne it plus qu*elle donne moins ; Tautre gagne d'autant qu'elle donne plus. Tout bien pesé, c'est donc la moins e que Ton préfère. Blomdel.
1 vaut mieux déroger à la noblesse qu'à la vertu; et la
d'un charbonnier est plus respectable que la maîtresse rince. J.-J. Rousseau.
)n des plus grands maux est d'avoir à regretter un bien iste encore, mais qui n'existe plus pour nous. C'est pour aison qu'on se console plus aisément de la mort de sa sse que de son inGdélité. W* d'Abconyille.