MA BERGÈRE
Dans de riches appartements, On a vingt meubles différents,
Un seul m'est nécessaire; Mieux qu'avec un sopha doré, Mon petit réduit est paré
D'une simple bergère.
L'étoffe en est de blanc satin, Elle a de la fleur du matin,
La fraîcheur priiitannière; Le lustre est aussi parfait Que le jour même que j'ai fait
L'essai de ma bergère.
Dans ses contours bien arrondis, Entre deux coussins rebondis,
Mon bonheur se resserre ; J'aime à m'y trouver à l'éiroit.
Et chaudement quand il fait froid,
Je suis dans ma bergère.
Le jour, la nuit, sans embarras.
Joyeux, je goûte dans ses bras
Un repos salutaire; Avec volupté je m'étends ; Ah! quel plaisir quand je me sens
Au fond de ma bergère! .^,
Je D*eii sors qu*avec des regrets, Souveot j'y rentre, et j'y voudrais
Passer ma vie entière ; Elle charme tont connaisseur.
Mais c'est moi seul qui par bonheur,
Me sers de ma bergère. Boofloi*
— Les maîtresses sont à peu près comme ces jolis meablei qu'on prend par caprice pour s'en servir une ou deux fois, et dont on se défait de même, pour les céder à d'autres à qui ili peuvent faire plaisir. Sainte-Foix.
— La tête d'un amant est vraiment inexplicable; il adore sa maltresse parce qu'elle est vertueuse, et se fâche parce qu'elle ne veut pas cesser de l'être. Champfobt.