‹ L'amour, les femmes et le mariageChapitre 117 sur 228 · MA BERGÈRE · texte numérisé non relu

MA BERGÈRE

Dans de riches appartements, On a vingt meubles différents,

Un seul m'est nécessaire; Mieux qu'avec un sopha doré, Mon petit réduit est paré

D'une simple bergère.

L'étoffe en est de blanc satin, Elle a de la fleur du matin,

La fraîcheur priiitannière; Le lustre est aussi parfait Que le jour même que j'ai fait

L'essai de ma bergère.

Dans ses contours bien arrondis, Entre deux coussins rebondis,

Mon bonheur se resserre ; J'aime à m'y trouver à l'éiroit.

Et chaudement quand il fait froid,

Je suis dans ma bergère.

Le jour, la nuit, sans embarras.

Joyeux, je goûte dans ses bras

Un repos salutaire; Avec volupté je m'étends ; Ah! quel plaisir quand je me sens

Au fond de ma bergère! .^,

Je D*eii sors qu*avec des regrets, Souveot j'y rentre, et j'y voudrais

Passer ma vie entière ; Elle charme tont connaisseur.

Mais c'est moi seul qui par bonheur,

Me sers de ma bergère. Boofloi*

— Les maîtresses sont à peu près comme ces jolis meablei qu'on prend par caprice pour s'en servir une ou deux fois, et dont on se défait de même, pour les céder à d'autres à qui ili peuvent faire plaisir. Sainte-Foix.

— La tête d'un amant est vraiment inexplicable; il adore sa maltresse parce qu'elle est vertueuse, et se fâche parce qu'elle ne veut pas cesser de l'être. Champfobt.

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