A MES TROIS MAITRESSES
— Doux charmes de mon cœur! mes muses! mes seolef délices! plus belles que le sein de Vénus ! plus ravissantes que les yeux des nymphes ! de grâce, approchez-vous.
Donne-moi mille baisers, Céphise, donne-m'en autant (p^ Lesbie en prodigua jadis à Catulle.
Accorde-moi les mêmes plaisirs, prodigue-moi les mèos^ caresses, tendre et bien-aimée Julia.
Objet de mes plus doux transports, brûlante Phryné, joiQ^ ta bouche à la mienne; imitons les tendres colombes, et q(i^ <]ans l'ivresse du bonheur nos baisers surpassent en nombre l^ étoiles du firmament! Fracastor.
— La comtesse de L était intimement liée avec M. àfi
Oalonne. Un jour, elle fit solliciter par M. de Breteuil la pef" mission d'aller voir ce ministre disgracié, dans son exil à^ Lorraine. Le roi, qui ce jour-là n'était pas de bonne hument* refusa la demande. — Sire, reprit avec insistance le not>l^ solliciteur, madame la comtesse... «—Que votre comtesse ail^^
se promener, interrompit aussitôt Louis XVI impatient^
— Mais, Sire, ce n'est pas pour autre chose, répliqua M. àfi Breteuil. Le roi, désarmé par la franchise de cette répons^» éclata de rire, et signa la demande. A. R. ^
— Il est assez facile de trouver une maltresse et bien aî^ de conserver un ami. Ce qui est difficile, c'est de trouver «*^ ami et de conserver une maltresse. LÉvi^-
— Une maltresse est aussi embarrassante qu'une femixi^' quand on n'en a qu'une. Lord ByuO^'
-- Les maîtresses sont comme Tombre da cadran soltire, slles s'évanouissent avec le soleil. Léyis.
— La roattresse la pins négligée, dès qa*elle fait voir à son amaut qu'elle lui préfère un autre homme, lui ôte le repos, et jette dans son cœur toutes les apparences de la passion.
Stendhal.
^ Faire de sa maîtresse sa femme, c'est changer un asseï boa vin en mauvais vinaigre. Blondel.
~ Vivre maritalement avec sa maîtresse, c'est se placer daos une position équivoque, sans considération comme sans liignité ; c'est cesser d'être amant sans devenir époux. Dans cet échange anticipé de l'heureuse insouciance de la jeunesse coDtre toutes les inquiétudes de l'Age mûr, il n'y a place tôt on tard que pour le repentir ; car ces mariages clandestins, que la folie passion assortit le plus souvent, ces mariages viennent briser chaque Jour et comme à plaisir les degrés de cette échelle mystérieuse que la fortune place à vingt ans devant chacun de m$, Adolphe Ricaio.
— On dit toujours des feosoies plus de mal qu*il n*y en t, mais il y en a toujours plus qu'on en sait. Rocbebhune.
— Quelque mal qu'un homme pense des femmes, il n'y a ^ de femme qui n'en pense encore plus mal que lui.
Champfort.
— Tircis disait un jour à la jeune Amarante :
<c Ah ! si TOUS connaissiez comme moi certain mal
Qui nous plaît et qui nous enchante.
Il n'est rien sous le ciel qui vous parût égal!
Souffrez qu'on vous le communique;
Croyez- moi, n'ayez point de peur :
Voudrais-je vous tromper, vous, pour qui je me pique Des plus doux sentiments que puisse avoir un cœur? »
Amarante aussitôt réplique :
« Comment l'appelez-vous, ce mal? que! est son nom? » L'amour. — Ce mot est beau ! dites-moi quelques marques A quoi je le pourrai connaître : que sent-on?
— Des peines près de qui le plaisir des monarques Est ennuyeux et fade : on s'oublie, on se platt
Toute seule en une forêt.
Se mire-t-on près d'un rivage.
Ce n'est pas soi qu'on voit; on ne voit qu'une image
Qui sans cesse revleat, et qui suit eu tous lieux :
Pour tout le reste ou est sans yeux.
11 est un berger du village, Dont Tabord, dont la voix, dont le nom fait rougir :
On soupire à son souvenir; On ne sait pas pourquoi, cependant on soupire; On a peur de le voir, encore qu*on le désire. La Fontaikk
— Un mari se plaignait devant Santeull d*étre c... — Monsieur, lui dit le poëte, pour le consoler, ce n*est qu*un mal d'imagination, peu de gens en meurent, beaucoup en vivent. À. R-
— Une femme dont on croit être aimé et qui nous trompe, ne nous fait aucun mal ; une femme qui nous détrompe, quand nous croyons qu'elle nous aime, nous en fait beaucoup.
Bkauchêne.
— Les bommes qui ont dit le plus de mal des femmes sont ceux qui ont été toujours le plus aimés d'elles, par cette raison qu'elles avaient à cœur de se bien faire connaître, et qu'elles se sont mises à nu devant eux. Xavier Etma*
— On ne dit tant de mal des femmes que parce qu'on eo pense trop de bien, et Ton ne fait semblant de les haïr que par crainte de trop laisser voir qu'on ne peut s'empêcher de Ie5 aimer. Emile Deschakel.
— Il n'y a pas de pays où l'on pense plus de bien des femmes et où l'on en dise plus de mal qu'en France. Il est vrai qu'il n'y a pas de pays où l'on puisse trouver plus d'exemples pour justifier les éloges des uns et les satires des autres. Quand le mot femhae signifie épouse, il est toujours précédé d'un pronom possessif. Les paysans seuls ont la bonne foi de dire notre femme. E. Jonv.
— Tout le mal que les femmes nous ont fait vient de nous, et tout le bien qu'elle nous font vient d'elles. Aîné Martin.
— Il n'y a qu'un homme qui aime les femmes qui peut en avoir assez souffert pour en savoir et en dire un peu de mal.
Alphonse Karr.
— L'homme d'esprit dit du mal des femmes dans ses moments d'humeur, tout en s'avouant à lui-même qu'alors il fait le sot; le sot en dit dans ses moments de gaieté, en se persuadant qu'il fait l'homme d'esprit. Charles Lemesle»
MAXJLDXE.
— L'amour est une maladie qui ne veut d^autre médecin que lui-même. Amoris vulnus sanat idem qui facU, Propercb.
— L*amoar est uae maladie doot oa guérit toujours à regret. P. Rochpèdre.
— Les maladies sont, pour les hommes, des écoles de vertu et «le sagesse; et s'ils n'en sortaicot jamais, ou ue verrait pas tant de fous et tant de vicieux. Oxenstiern.
— Il y a beaucoup de femmes qui se croient malades parce qu'à soixante ans leur teint a perdu sa fraîcheur.
— L*amour est une maladie qui a trois périodes : désir, possession, satiété. Meilban.
— L*amour est comme les maladies épidémiques : plus on les craint, plus on y est exposé. Ciiampfort.
— Dire : je n'aimerai jamais, c'est affirmer une chose que demain peut-être Toecasioa démentira ; Tamour est une maladie qoe chacun doit avoir une fois, et Tamour seul préserve de l'aoïour. Adrien Dupuy.
— Pour bien comprendre la passion de Tamour, il faut enr pvler comme d'une maladie ; c'est par ce chemin-là que Voa peut arriver quelquefois à la guérison. Stendhal.
— • La petite vérole est la bataille de Waterloo des femmes. U lendemain, elles connaissent ceux qui les aiment véritable- Bient. Balzac.
^ Un négociant de Paris qui possédait de magnifiques hcriMges en Normandie, vint, tout effaré, dire un malin à sa femme: — Ma bonne, les journaux annoncent qu'une maladie fort grave sévit en ce moment sur les bêtes à cornes. — Ab "ion Dieu!... Toinette! Toioette! — Madame? —Vite, vite, ^arei chercher le médecin. — Pourquoi donc? fît le mari tout étoDné. — Comment, pourquoi ! mais, mon ami, pour que U iiiiladie ne vous gagne pas, répliqua la dame. A. R.
^ Une femme est souvent moins en peine de se défendre ^Pcdela manière de se rendre; et le nombre des maladroit» excède de beaucoup celui des beautés inhumaines.
M"* DE Sartoht.
"^ Abandonnez aux céladons les propos sublimes et les beaux '^timents : laissez- leur filer le parfait amour. Je vous le dis ^, U part des femmes : il est des instants où elles aiment '^^x être un peu brusquées que trop ménagées : les hommes ^^Qqoent plus de cœurs par leur maladresse, que la vertu ^ ^ auve. Ninon de Lenclos.
7" Le véritable amour rend maladroits ceux qui sont le Qoin susceptibles de lètre. M*"* de Cho^seol.
^11 ii*y a pas déplus grande maladresse poar un mari, qae 4e parler de sa femme, quand elle est vertueuse, à sa maîtresse, ai ^e n*est de parler de sa maîtresse, quavd elle est belle, à si femme. Bauag.
— L*on veu( faire tout le bonheur, on, si cela ne se peot ainsi, tout le malheur de ce qu'on aime. La BaoTèiE.
— Le malheur de ceux qui ont aimé est de ne rien trouver 4|ui remplace l'amour. Doclos.
— On connaît bien plus Tamour par les malheurs qoll •cause, que par le bonheur, souvent obscur, qu'il répand surit vie des hommes. M""* du Chatelet.
— C'est un malheur pour une femme de n*étre point aimée, mais c'est un affront de ne Pêtre plus. Montesquieo.
— Ce n'est pas le premier amour qui est ineffaçable, il vient du besoin d'aimer ; mais lorsqu'après avoir connu la vie, «t dans toute la force de son jugement, on rencontre l'esprit et rame que Ton avait jusqu'alors vainement cherchés, l'ima- ^nation est subjuguée par la vérité, et l'on a raison d'être malheureuse. M"* de Staël.
— C'est un affreux malheur de n'être pas aimé quand on aime, mais c*en est un bien. plus grand d'être aimé quand on n'aime plus. Benjamin CoiNstant.
— Le plus grand malheur qu'on puisse désirer à son ennemi, c'est qu'il aime sans être aimé. Labodisse.
— Il est impossible d'être tout à fait malheureux quand on «'aime, qu'on se le dit, qu'on est épris l'un de l'autre. Ce bleuâtre ineffable que donne la passion ne saurait être détruit que par le changement de ceux qui l'éprouvent; car la passion est plus forte que tous les malheurs qui ne viennent pas d'elleinême. M"« de Duras.
— En amour, on est souvent malheureux par ce qu'on n'i pas, et l'on ne sait pas être heureux par ce que l'on possède.
Labouisse.
— L'on est encore longtemps à se voir par habitude et à M dire de la bouche que l'on s'aime, après que les manières disent qu'on ne s'aime plus. La BRurias.
— L'amour, tout agréable qu'il est, platt encore plus pari» manières dont il se montre que par lui-même.
La Rocoefol'cauld.
-- L'Amour, avec des manières, est an dieu; sans manières, est une bète. La Roche.
^ Les manières d'agir enfantines sont un des plus grands aits de la coquetterie des femmes ; il n'y a rien qui les expose de plus grands dangers. Addisson.
— La manière d'avoir les femmes comme don Juan tue Dtes les autres jouissances de la vie ; celle de Werther les Qtuple. Stendhal.
— Il y a cent mille manières de perdre Tamour d^upe femme, la seule qu'on n'ait pas prévue est précisément celle qui se ilise. Geurge Sand.
— On compte bien des manières d'aimer, mais toutes ces mières diverses n'ont qu'an même but : la possession.
Nestor Roqdeplan.