‹ L'amour, les femmes et le mariageChapitre 127 sur 228 · MENSONGE · texte numérisé non relu

MENSONGE

— Il en est des mensonges de la galanterie, comme des fictions de théâtre, où la vraisemblance a souvent plus d'attraits que la vérité. Desmahis.

— Deux étudiants passaient à côté d'une jeune dame : — Voilà, dit l'un, la plus jolie femme que j'aie vue. « Elle se retourne, et trouvant sou adorateur fort laid : — Je voudrais bieni Monsieur, pouvoir en dire autant de vous ! » fit-elle d'uo air moqueur. — Eh, Madame! reprit le jeune homme, ne tauriez-vous donc mentir aussi bien que moi? A. R.

— Les femmes mentent avec tant de grâce, que rien ne leur sied mieux que le mensonge. Btron.

Femmes savent mentir ;

La moins habile en connaît la science. Là Fontaihc.

— Le mensonge et l'infidélité ne doivent jamais se pardonner aux amants, parce qu'ils ressemblent d'ordinaire aux enfants mutins, qui oublient le quart d'heure d'après les fautes qu'ils ont commises, et dont on ne les a pas fait repentir. Si j'étais homme, je ne ferais pas grand fond sur la bonne foi d'uub femme qui m'aurait pardonné de lui eo avoir manqué.

On est ordinairement sévère sur les fautes qn^on ne commet pas. M"** DE Rieux.

— En amour, le mensonge n*est à craindre pour celai qui le fait, que quand on ne le croit pas. Alphonse Kabr.

— Rien ne console plus promptement de la perte d'un objet qui nous a été cher, que le mépris qu'il vient à mériter : e^est presque le seul remède aux grandes passions. M""' de Riëitx.

-^ Si Tamour ne se paie par Tamour, il est très méprisé.

Bacon.

— Il faut apprendre à vivre à ce sexe volage, Et lui faire sentir que Ton a du courage. Qui souffre ses mépris les veut bien recevoir! Si nous avions Tesprit de nou6 faire valoir, Les femmes n*auraient pas la parole si haute; Oh ! qu'elles nous sont bien fières par notre faute ! Je veux être pendu si nous né'les verrions Sauter à notre cou plus que nous ne voudrions, Sans tous ces vils devoirs, dont la plupart des hommes Les gAtenttous les jours dans le siècle on nous sommes.

Molière.

«- Cesi l'habitude des femmes de mépriser ce qui ne leur ^t plus bon à rien. M*"* de Rieux.

— On ne fait guère de mauvaises propositions à une femme, ^u'on n*y soit encouragé par le mépris qu'elle fait elle-même tle son époux. Ce sont les femmes galantes qui font les amants «audacieux. M""' de Villedieu.

— C'est le mépris pour les femmes qui les fait avoir.

Charles Nodieb*

— Il n*y a pas de femmes dont le mérite dure plus que la beauté. La Rochefoucauld.

— Les hommes et les femmes conviennent rarement sur le mérite d'une femme : leurs intérêts sont trop difrérents. Les femmes ne se plaisent point les unes aux autres par les mêmes agréments qu'elles plaisent aux hommes; mille manières qui allument dans ceux-ci les grandes passions, forment entre elles l'aversion et l'antipathie. La Bruyère.

— Le premier mérite auprès des femmes c*cst de les aimer; le second est d'entrer dans la confidence de leurs inclinations;

le troisième, de faire valoir ingénieusement tout ce qa*elleff ont d'aimable. Faites-vous aimer, ou flattez-les sur ce qa^elles aiment, ou faites-leur trouver en elles de quoi s'aimer mieui: car enfin il leur faut de l'amour , de quelque nature qa'il puisse être : leur cœur n'est jamais vide de cette passion.

Sàint-Évremont.

— La mesure du mérite chez une femme, se tire de TéteDdae du cœur et de la capacité qu'elle a d'aimer.

M"* DE ScnoBiu.

— Le vrai mérite, en amour, est celui qu'estiment les personnes à qui l'on veut plaire. Ninon de Lencijos.

— La nature a si bien établi le commerce de Tamour, qu'elle n'a pas laissé beaucoup de choses à faire au mérite. Il n'y a point de cœurs à qui elle n'ait destiné quelque autre cœur, mais elle n'a pas pris soin d'assortir ensemble toutes les personnes dignes d'estime. Cela d'ordinaire est fort mêlé; et l'expérience ne fait que trop voir que le choix d'une femme aimable ne prouve rien ou presque rien en faveur de celui sar qui il tombe. Il me semble que ces raisons-là devraient faire des amants discrets. Fontenelle.

— Le mérite et la qualité retardent le succès d'un amant, plus souvent qu'ils ne l'avancent. Les femmes font moins languir ceux qui n'intéressent que peu leur vanité, mais elles les sacrifient beaucoup plus tôt. Rochebrdne.

— Croire que le mérite détermine les femmes à faire un choix, c'est les connaître bien peu. Si j'en juge parce que j'ai vu, elles s'engagent sans délibération. L'amour est un dérèglement d'esprit qui les entraîne vers un objet et les y attache malgré elles : c'est une maladie qui leur vient conmie la rage aux animaux. Lksagb.

— Le mérite d'une femme a besoin d'être éclairé par un rayon de beauté. M*"* de Goibert.

« — Les femmes ne jugent de notre mérite que par le frissonnement subit, involontaire que leur cause le premier coup d'œil : s'il est froid, n'en espérez rien; elles reviennent plutôt de l'antipathie à l'amour, que de l'indiOérence à ce dernier sentiment.

Fedchères.

— Les femmes sont quelquefois moins décidées à aimer par ie mérite de leurs amanti que par celui de leurs rivales.

LiNGBÉK.

— Les femmes ont raison de vouloir être belles à quelque prix qfle ce soit, puisque la beauté est le seul mérite que les

* hommes ne leur contestent pas. Adrien Duput.

— J'ai vu les femmes les plus distinguées se charmer d'un

bomme d'esprit qui n'était pas moi, et tout d'un temps, et presque du même mot, admirer les plus grands sots. Te me trouvais attrapé comme un connaisseur qui voit prendre le», plus beaux diamants pour des strass, et préférer les strass s'ils sont plus gros. J'en concluais qu'il faut tout oser auprès de» femmes. Là où le général Lasalle a échoué, un capitaine h jurements réussit. Il y a sûrement dans le mérite des hommes tout un côté qui leur échappe. Stendhal.

— C'est incontestablement notre jeunesse qui fait tout notre mérite auprès des femmes. Elles ne nous accueillent avec plaisir que selon Thabit et le visage que nous portons: et tel parmi nous, qui, prodigue de soins, de flatteries et d'attentions, passe à trente ans pour un homme aimable, n'est plus qu'an vieux fou s'il en a le double. Adolphe Ricaid.

— Le métier de femme est bien dur. M"* d'Épiuat.

— Le métier d'honnête femme, quoique moins coaiplii|iié <|ite celui d'honnête homme, est cependant d'un exercice plu»difficile. Ph. de Varenne.

— La Rochefoucauld a dit : « Il n'y a pas d'honnêtes femmes qui ne se lassent de leur métier. » Si c'est un mauvais inétier que celui d'honnête femme, cesser de l'être en est un bieo pire. BeaucbAhe.

— Un métier est, pour une fille, plus précieux qu'une dot ; il éloigne d'elle la cause de tous les crimes : l'indigence du pauvre et l'oisiveté du riche. Bernardin de Saint-Pierre.

— Le métier d'honnête femme n'est si ennuyeux et si dé- <^rageant pour celles qui l'exercent avec conscience et probité, QQe parce qu'il leur manque un stimulant qui surabonde partout ailleurs, la concurrence. Adolphe Ricard.

— Les guerriers ne sont si fort adonnés au vin et à l'amour,, 9>e parce que les périls veulent être payés par les plaisirs.

Bacon.

-- Les femmes qui se laissent séduire par le clinquant de i'oniforme, ressemblent à ces petits papillons nocturnes qui tiennent bêtement brûler leurs ailes à la clarté de nos flambai. Adolphe Ricard..

-- Les femmes sont comme les alouettes, tout ce qui biiiln.

^ éblouit. ROCHKBRUNK.

— - Les militaires sont de tous les célibataires ceox qui contribuent le plus à la dépravation des mœurs. Ils se font deTart de séduire an passe-temps et une étude, que favorisent d'ailleun Il sottise des femmes, et la honteuse oisiveté de la vie de garnison. Pétion de Villeneove.

— La femme est faible et la force lui plaît. Toulomgeun.

— Le dieu Mars, 6 beauté ! te rend toujours les armes. Souvent ce dieu si fier, vaincu par tes appas, Dépose sa fierté pour languir dans tes bras. Sa tête est sur ton sein, nonchalamment penchée, Et Tamour tient son âme à ta bouche attachée ; Ses yeux étincelants errent sur ton beau corps, Et nourrissent ses feux en pillant tes trésors : Tant tu sais avec art bien placer tes caresses, Allumer les désirs, provoquer les tendresses!

— Les militaires ont, en amour, une réputation tellemeot compromettante, qu'ils ne sont vraiment dangereux qae poar les femmes qui n*ont plus rien à craindre. Adolphe Bicabd.

— Le plus grand miracle de l'amour c'est de guérir de ^ coquetterie. La Rochefodcaold.

— Le jeune Amour, bien qu*il ait la façon

D*un dieu qui n^est encor qu*à sa leçon.

Fut de tout temps grand faiseur de miracles.

En gens coquets il change les Catons;

Par lui les sots deviennent des oracles;

Par lui les loups deviennent des moutons.

II fait si bien que Ton n'est plus le même.

Témoin Hercule et témoin Poiyphème,

Mangeur de gens : Tun, sur un roc assis.

Chantait aux vents ses amoureux soucis,

Et pour charmer sa nymphe joliette,

Taillait sa barbe et se mirait dans Teaa.

L*autre changea sa massue en fuseau

Pour le plaisir d'une jeune fillette.

J*en dirais cent La Fontad*^

— Les miracles de l'amour trouvent d'autant moins d'inci Ailes, que la plupart des hommes conservent au fond du cœu^* des souvenirs qui justifient leur crédulité. Adolphe RicaU^*

MIROIB«

- Fille qui trop se mire peu file. Protebbe.

- A quoi sert à uoe vieille coquette de se voir continaelleit dans uo miroir? Ce qui devrait Téclairer sur ses ridicules 'ait que Taveugler davantage. Plus les femmes se regardent Qoins elles se connaissent; TAgc de leur figure est comme ^ille d*un cadran : elles l'observent sans cesse et ne la voient it marcher. Ph. de Varemke.

A MON BUROIR.

O toi qui vis mes premiers charmes Accrus et ravis par le temps, Miroir, je t'arrose de larmes En rêvant à mes doux printemps.

€ent fois contre Tamour volage Tu me prêtas d'heureux secours; Mais on ne peut ramener Tâge €omme on ramène les amours.

Tu vois rage en argent funeste Changer l'or de mes blonds cheveux, Et sillonner ce front céleste.

Jadis objet de tant de vœux.

Tu le vois, d'une main barbare, Courber ces membres délicats :

Ma voix tremble, mon pied s'égare.

Et tu chancelles dans mes bras.

Ces yeux, qui défiaient l'Aurore Se couvrent de voiles jaloux:

Ces lèvres, où respirait Flore, Ont perdu leur parfum si doux.

Ils ne sont plus ces jours d'ivresse.

De triomphe et de volupté.

Où tes conseils et mon adresse Enchaînaient tout à ma beauté.

Alors je t'ornais de guirlandes, Tribut de mille cœurs soumis; Plus de vœux, d'encens, ni d'offrandes!

Mes amants sont à peine amis.

Miroir, qai me rendais si vaine.

Doux présent que me fit Vénus, Hélas ! tu reconnais à peine Ces traits qu*Amour a tant connus,

T'offrir ce que l'âge me laisse.

C'est tous les deux nous outrager,

Et je te rends à la déesse

Dont les traits ne peuvent changer. M"* L. B.

— Un miroir est le seul ami auquel une femme ne craigne pas de révéler le secret de ses imperfections et de ses défaats.

— Quand le miroir d'une jolie femme lui dit le matin qu'elU est belle, il lui est bien difficile de vivre le reste du jour comme si elle ne Tétait pas. L'abbé Goussault.

— Les femmes s'habillent moins pour être vêtues que poni •e parer; et seules devant un miroir, elles songent encore plui aux hommes qu'à elles-mêmes. Rochebbunb.

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