‹ L'amour, les femmes et le mariageChapitre 128 sur 228 · LES MIROIRS · texte numérisé non relu

LES MIROIRS

Une femme sur le retour

Voulait encor paraître aimable ;

Mais son miroir peu raisonnable Se tuait de lui dire : — Eh ! qui? vous ! de Famour! Le désir d'en donner n'est pas ce qui l'inspire; Croyez-moi, je vous parle avec sincérité;

Quand la jeunesse et la beauté Se sont enfuis, l'amour sur leurs pas se retire, m

Ces avis n'étaient pas du goût

De notre indocile femelle, Qui n'imaginant rien mieux que d'être belle. Pour le paraître encor avait recours à tout.

Un jour que ce miroir fidèle

Continuait à la tirer d'erreur,

Sur le champ elle entre en fureur, L^accuse d'imposture, et saisissant la glace.

En vingt morceaux elle la casse.

Mais, quoi donc ! Au lieu d'un miroir En voilà vingt qui, faisant leur devoir. De tous cêtés lui présentent sa face.

Contre certains défauts à quoi bon se fâcher f C'est vanité, c'est imprudence ; Le trop de soin qu^on prend à les cacher Iab met bien plus en évidence.

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