L'AMOUR ET LA MORT
Comme l'herbe fanée se relève, lorsqu'une pluie bienfaisante eot humecter le sein delà terre, ainsi je renais, monAdélie/ rsque après m'avoir fait mourir de bonheur, tu me couvres ' tes baisers. Eh bien ! mon ange, puisque tes caresses guéris^ Qt si facilement le mal que me font tes yeux, fais moi mourir >core : pour goûter souvent une vie si douce, je consens à cevoir souvent le trépas. Nicolas Bourbon.
~ Un sabotier des environs de Zurich aimait une jeune vil- Seoise. Elle mourut. Le pauvre sabotier lui éleva dans le netière une pierre sépulcrale, sur laquelle, après y avoir Blpté grossièrement une rose, il n'écrivit que ces quatre ou : « C'est ainsi qu'elle fut. » Zimmbrmann.
— On lisait à Rome l'inscription suivante sur le tombeau de «X époux : (( Arrête, passant, et vois la merveille ! Un >mae et sa femme qui ne se querellent pas ! » A. R.
— Pour honorer à tout jamais la mémoire de celle qui avait é sa femme, un poëte composa pieusement cette épigraphe,
la fit graver en caractères ineffaçables sur son tombeau :
Ci-gtt ma femme. Ah ! qu'elle est bien!
Pour s^ repos et pour le mien !!! A. R.
— Un excellent et bon mari qui croyait aux présagea raconte ce qui suit : — En me promenant ces jours d dans un cimetière, j'éternuai près d'un tombeau. Je crus, je le désirais, que ce présage m'annonçait la mort de ma I Vain espoir! les vents ont emporté mon souhait et mon ment. Ma femme, vrai fléau de mon repos et de mon exi ma femme jouit de la meilleure santé !!! A.
— Dans le cimetière de Tancienne église de saint G on lisait jadis cette épitapbe qu*écrivit en vers libres m reconnaissant :
Passant, arrête ici tes pas :
Autre part tu ne liras pas
Une histoire si merveilleuse Que celle qu'à tes yeux ce marbre vient offrir : Ci-gtt de son époux une femme amoureuse,.
Et que son chaste amour ût mourir.
Aux dames elle a fait une leçon commune
De mourir en femmes de bien ; Mais comme elle n'a suivi l'exemple de pas une,
Pas une ne suivra le sien.
— Un pâtissier nommé Lablouse avait eu la sottise i fer à soixante-neuf ans une grande et belle jeune fiih vingtaine d'années. Trois jours après son mariage, ce homme mourut subitement, et par un hasard assez é
> sa veuve, à quelque temps de là, partit aussi pour monde. Un des héritiers voulant éterniser le souvenir d époux, leur fit élever un riche tombeau, et, pour honoi mémoire, il se mit en tête d'en composer lui-même Vé[. Mais sa muse lui fut rebelle, l'inspiration ne lui vint pa guerre lasse, il dut s'adresser à un rimailleur de pro Celui-ci se mit aussitôt à la besogne. Il courut tout le qi consulta tous les voisins sur l'union si vite brisée d époux, et dès le lendemain, s'étant fait payer d'avi adressa par la petite poste à son Mécène, l'épitaphe soi
Ci-gtt monsieur Lablouse, Auprès de sa digne épouse Qui, pour avoir trop peu vécu.
Ne le fit qu'une fois c...
— On apprend la mort pour la première fois qua tombe sur ce qu'on aime. M"* de
— Quand les âmes de ceux qui s'aimaient ont oub tendresse, il reste à la mort peu de chose à nous ravir.
— Le poëte persan Hafîz composa ces quatre vers pour le tombeau d'une jeune fille, morte dans sa treizième année :
De ce tombeau, s'il s'élève une rose,
Passant, n'en soyez point surpris :
Fraîche et pure. comme elle, une jeune houris, Moissonnée dans sa fleur, sous ce gazon repose.
— Une jeune fllle du nom de Flore étant morte à l'âge de quinze ans, le poëte Santeuil lui fit cette épitaphe :
Flos fueram foetus ; florem fortuna fefellit Florenlem florem florida (lora fleat.
— Pour vivre heureuse et toujours semblable à elle-même, ane jolie femme doit mourir jeune, et une honnête femme mou* rirâgée. J. Joubërt.
— Hier Léandre en noirs habits de deuil Au cimetière escortait un cercueil :
Dans tous ses traits se peignait l'allégresse.
— Peut-on savoir, lui dis-je, sans détour, Qui lu reviens d'enterrer en ce jour?
Est-ce Daphné ta première maîtresse?
— Non! — C'est Grappin, ton digne procureur?
— Point. — Ton rival, le séduisant Floramc? Ton oncle Orgon? — Plus grand est mon bonheur.
— Encore plus grand, fripon î C'est donc ta femme?
— Un mari que l'impitoyable mort venait de rendre veuf^ fit graver sur le tombeau de sou épouse défunte, comme témoignage de sou immense douleur, Tépitaphe qui suit *
Reçois de moi, chère moitié, Pour gage de mon amitié.
Ce tombeau qu'aucun ne t'envie.
Je dois bien justement te rendre cet honneur. Car le dernier jour de ta vie Fut le premier de mon bonheur. A. R.
— Un autre mari qui n'était pas moins inconsolable que le précédent, suivit le même exemple, et sur une belle pierre toute parsemée de larmes peintes en noir, il fit graver ce quatrain :
Sous ce froid monument Ma chère femme repose ; Je n'en suis pas la cause, Mais j'en suis bien content.
— Il n*y a qu^uoe date pour les femmes, et à laquelle ellei 'devraient mourir, c'est quand elles ne sont plus aimées.
M"' Sophie Gai.
— L'amour naît de rien et meurt de tout. Alphonse Kau.
— Les femmes se rendent et ne n^earent pas.
Chables dbBebnaid.