‹ L'amour, les femmes et le mariageChapitre 147 sur 228 · SAPHO A PHAON · texte numérisé non relu

SAPHO A PHAON

0 comment l'exprimer l'ardeur qui me dévore? Par ton absence, hélas! je la sens croître encore. Non^ la Sicile en feu, non l'Etna ton séjour,

N*offreDt point d^iocendie égal à mon amour... Trompeur ! Eh ! quoj ! le Ciel t*a-t-il fait si charmant Pour feindre sans amour les transports d*un amant?... Hélas ! le nieras-tu ? j'eus pour toi des attraits. Tes yeui me trouvaient belle alors que je chantais. Bappelle-toi ces chants... 6 souvenir trop tendre! Ces chants que tes baisers me forçaient de suspendre. Dieux I combien dans mes bras tu te disais heureux ! Combien rapidement se succédaient nos vœux ! As-tu donc oublié ce bonheur, cette ivresse. Ces serments de s'aimer, de s^dorer sans cesse, Et ces transports brûlants qu'irritaient nos désirs, Et ces tendres langueurs qui suivaient nos plaisirs?.. • O Phaon! quelle grAce à la tienne est égale? L* Aurore, h son lever, te prendrait pour Céphale; Vénus, en te voyant, croit revoir Adonis, Se trouble et craint encor le pouvoir de son fils...

Accours, aimable objet, dont mon cœur est charmé; Et si tu n'aimes point, souffre au moins d'être aimé !

Sapho.

— Que les femmes ne se plaignent pas des hommes ; ils ne font que ce qu*elles les ont faits. Duclos.

— Il peut arriver de croire qu'on aime lorsque seulement on plaint. M"* de Staël.

— La première plainte d'une femme contre son mari, portée à l'homme qu'elle trouve aimable, est un appel en adultère.

M"* Périé-Candbiub.

— A son voisin la gentille Isabelle Fut se plaindre de son époux

Qui toujours lui cherchait querelle.

— Corbleu ! lui dit Jean ; vengez- vous. Ce conseil plut fort à la belle ;

Le voisin fut choisi pour servir son courroux. Dès lors, trois fois par jour ce fût nouvelle plainte; Notre couple à l'envi signala son ardeur ;

Mais la colère du vengeur

En moins de huit jours fut éteinte.

De tout on se lasse à la fin.

La belle, que toujours la vengeance aiguillonne.

Six fois fut se plaindre un matin.

— Oh ! pour le coup, dit le voisin»

Je suis chrétien, Je lui pardonne.

*- Plaire, aimer et régner, voilà toute la femme.

— Geui qui ne sont plus en état de plaire aux femmes 8*ea corrigent. VAnyGNARGOBS.

— Le désir de plaire natt chez les femmes avant le besoin d^aimer. Ninon de Lenclos.

— Quand on veut plaire aux femmes, il faut faire danser les Jeunes, et faire jouer ou faire dîner les vieilles. Moncrif.

— En fait de passions on n^est point aimé parce qu'on aime, mais parce qu'on platt. Or, la raison pour laquelle on plaît est un je ne sais quoi si difGcile à définir, qu'il vaut mieux convenir de bonne foi qu'on aime et qu'on est aimé sans trop savoir pourquoi. M"* d'Argonville.

— Il serait à souhaiter que notre cœur ne ftt de chemin qu'autant qu*on en voit faire h un amant. Il nous est si facile de connaître si nous sommes bien aimées ! L'amour ne va Jamais sans le désir déplaire. Tant qu'un homme s*étudie à ne rien faire qui déplaise à la personne quMI aime, il n^est pas possible qu*il ne soit fortement épris. Plus de soins, plus d'amour.

M** DE RlEDX.

— Le désir de plaire réussit plus rarement qu'on ne pense; et Ton fait plus souvent des conquêtes qu'on ne recherchait pas, qu'on ne fait celles que l'on recherchait. M"* de Sommbry.

— La destinée des femmes est de plaire, d'être aimables et d'être aimées ; ceux qui ne les aiment point ont encore plus de tort que ceux qui les aiment trop. Bocbebrdne.

— « Eh quoi ! Madame, à cinquante ans, vous avez encore des amoureux! » disait-on un Jour à la comtesse D. S... — «Et pourquoi non. Monsieur? répondit-elle avec fierté :

Lorsque, vers son déclin, le soleil nous éclaire,

L'éclat de ses rayons n'en est point affaibli :

On est vieille à vingt ans si l'on cesse de plaire ;

Mais qui plaît à cent ans meurt sans avoir vieilli. À. R»

— Faite pour plaire, naissant, pour ainsi dire, avec ce dessein, ne vivant que pour l'exécuter, vieillissant avec le regret tle n'avoir pas assez plu, la femme meurt avec le chagrin de ne plus plaire, et avec le désir de plaire encore. La Beadmelle.

— Aucune femme ne se croit Jamais dépourvue de moyens ^e plaire, quand elle en a le désir. Bugny.

— Chez les femmes, le soin de s'embellir est presque ton- Jours le désir de plaire. MARMOMm.

— Si, ^laut femmes, les femmes cherchent à plaire à toas, c>st peal-èire parce qu'étant filles, il ne leur est pas permis d>D aimer un seul. Bernardin de Saint-Piebbe-

— Les femmes cherchent à plaire même avant Page de raison ; ce goût leur vient en naissant. Mais elles ignorent qu*eQ cherchant à plaire, on trouve presque toujours quelqu'un qui platt, et que c'est exposer sa liberté que d'attenter à celle d'autrui. Adrien Doput.

— On platt quelquefois à une femme parce qu'on ressemble h un de ses anciens adorateurs : on lui déplatt d'autres fois parce qu'on lui ressemble trop. Louis Deskoyers.

— Elle m'aima, celte belle Âspasie, 'ï,i bien en moi trouva tendre retour ; !!itc m'aima, ce fut sa fantaisie.

Mais celle-là ne lui dura qu'un jour.

Le jour d'après, celte belle Aspasie Eoleod Myrtil chanter l'hymme d'amour; Elle l'aima, ce fut sa faulaisie; Mais celle-là ne lui dura qu'un jour.

Pour ramener une belle Âspasie Gardez-vous bien de montrer du courroux; Si iTclamez sa douce fantaisie, Elle dira : Que ne l'inspirez-vous?

Amants quittés d'une belle Aspasie, Gardez près d'elle un modeste maintien : Ne préteiidoz gêner sa fantaisie; Qui plaitesl roi, qui neplail plus n'est rieo.

— Presque toujours celui qui aime le plus s'aperçoit le de^ nier qu'il a cessé de plaire. P. Rochpèdrb.

— Quand une femme finit par renoncer au désir de plaire, il lui reste encore une dernière coquetterie, celle de ne pas déplaire. Louis Desnoyebs.

— Les femmes hésitent rarement à sacrifier rhoDoéte homme qui les aime sans leur plaire, au libertin qui leur platt sans les aimer. Adolphe Ricabo.

PIiAZSASflrTZRIE.

— La plupart des femmes qui ne sont pas sensibles à la passion d'un homme qu'elles regardent comme leur inférieur, oe se font pas scrupule d'en plaisanter hautement, et veulent le punir par le ridicule ; mais une femme raisonnable ne se permet pas cette conduite. Un honnête homme qui peut mériter

égards, est assez malheareui d*aimer sans être aimé, r encore Tobjet du mépris. Une femme qui, en pareille piaisaole de la faiblesse d'un homme, a pour Tordil'indulgence pour quelque autre plus heureux.

DUCLOS

femmes qui plaisantent avec Tamour, sont comme les ai jouent avec les couteaux : elles se blessent toujours.

Saint Prospeb.

femme qui plaisante quand on l'attaque, trouve du e laisser vaincre Adolphe Ricard.

PI.AISZB.

jiscernement est nécessaire à la possession du plaisir

ÉpicnBE.

it mortel au plaisir a di\ son existence. Voltaire.

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