A MES AMIS
temps de notre vie est court et sans retour. A la fin rière Thommc n*a rien qui le console, et Ton ne sait qui soit revenu de la tombe. Venez donc, 6 mes amis! > les vins que Bacchus nous donne, parfumons-nous tdoraotcs , et cueillons celte belle fleur du printemps mme l'amour. Venez , accourez tous. Que les roses Qt nos fronts, et qu'il n'y ait pas une clairière qui émoin de nos amours heureux ! Les Dieux, en nous Texistence, nous ont fait une toi de l'embellir. Moins je les hommes, ils n'ont point voulu que la >ertu fût ur celte terre, dans l'insupportable monotonie d'une
de jouissances. Arrière donc, arrière les inquiétudes, . et les chagrins! Amusons -nous, et que l'amour, ce
dispensateur de tous les biens de ce monde, que ious berce de ses plus douces illusions! On est jeune l'on aime, on est vieux dès qu'on n'aime plus.
Frascator*
Enfants de la folie.
Chantons; Sur les maux de la vie
Glissons; Plaisir jamais ne coûte
De pleurs ; Il sème notre route
De fleuri
Oui, portons son délire
Partout...
Le bonheur est de rire
De tout; Pour être aimé des belles.
Aimons ; Un beau Jour changent-elles,
Changeons.
Déjà rhiver de TAge
Accourt ; Profitons d'un passage
Si court; L'avenir peut-il être
Certain ?
Nous finirons peut-être
Demain. Désaugims.
•— Puisez dans la coupe du plaisir, mais ne buvez jamais i même. Le plaisir est un mal, s'il coûte des regrets. Noceten^ dolore voluptas. Hosace.
— Lorsqu'on cesse de pouvoir être prodigue de plaisir aTCC les femmes, il faut devenir avare, car en ce genre celui qui cesse d'être riche commence à être pauvre. Pour moi, aussitôt que J*ai été obligé de distinguer entre la lettre de change payable t Tue et la lettre payable à échéance, J*ai quitté la banque.
Champfobt.
— Les plaisirs sont comme ces fleurs qui donnent le vertige» quand on en respire trop longtemps le parfum. Rocbbbrdnb.
— Les plaisirs ressemblent à ces terres marécageuses sur lesquelles on est obligé de courir légèrement sans 7 arrêter jamais le pied. Fontenellb.
— Il faut être sobre de ce qu'on nomme plaisirs; ils écarteot trop du bonheur. M""* Neckeb.
— En amour, les grands plaisirs touchent de près aax grandes douleurs. M"* De l'Espinassi.
— L*amour est un plaisir qui nous tourmente, mais ce toorment fait plaisir. Scbibb.
— Heureuse , après une longue absence , d'avoir retrcavé Tamour et ses plaisirs, mademoiselle de Montanclos écrivait no Jour à sa meilleure amie :
Un sourire de mon amant
A rappelé l'enfant volage;
Un baiser l'a rendu charmant.
Mais rien n'a pu le rendre sage. A. fi.
•— Le plaisir le plus grand est de faire celui d'autnii.
La Bruyère.
— Faut être deux pour avoir du plaisir; Plaisir ne Test qu'autant qu'on le partage.
Clotilde de Suryillb.
— Le plus grand de tous les plaisirs est d'en donner à e» l'on aime. Boufflers.
— Le plaisir qu'on donne à ce qu'on aime, fait valoir celui ril nous rend. J.-J. Rousseau.
— Les impressions du plaisir sont toujours dominantes ; et lomme qui connaît assez le caractère et le tempérament de Ile qu'il aime, pour lui présenter continuellement ce qui est pable de lui plaire, a trouvé le chemin de son cœur.
L*abbé PB&vosr*
— De tous les plaisirs des sens, l'amour est le plus vif.
HELYÉTras- — • L'espoir du plaisir vaut le plaisir lui-même.
Farre d'Églantine.
— L'ennui d'être toujours à son aise devient à la fin le pire tous. L'art d'assaisonner les plaisirs n'est que celui d'en être ire. J.-J. Rousseau.
— Quand on aime , Tamour ferme notre cœur à tous les lîsirs qu'il ne donne pas. M*"* Riccoroiii.
— Les amants, les conquérants, et généralement presque is les hommes, quoique couchés sur des fleurs, ne sauraient rmir s'il y a une feuille pliée en deui. Il ne faut rien pour ter les plaisirs ; ce sont des lits de roses où il est bien diffie que toutes les fleurs se tienùent étendues, et qu'aucune ne plie : cependant le pli d'une feuille sufût pour incommoder anconp. Fontbnellb,
— Les hommes cherchent le plaisir pour satisfaire leurs sens; I femmes l'aiment à titre de suprématie qu'elles eiercent sur f désirs; aussi les plus sages s'offensent-elles de sa perte, mme d'un déni total de leur puissance, et d'une dégradain complète de leur personne. SAim-PiosPEa.
— Il est rare qu'un penchant vif au plaisir ne conduise pas le femme à la perte de sa vertu. ***
— Plus il entre de plaisir physique dans l'amour qui déterine l'intimité , plus il est sujet à l'inconstance et surtout h Dfidélité. Cela s'applique surtout aui amours dont la crisllisation a été favorisée par le feu de la jeunesse, à seize ans.
Stendhal.
— Il n'est point de plaisir où les femmes ne sont pas; et
chez les Français, le Champagne même n'a ploa de saveur qaané elles cessent de le verser. Roxieu.
— Les divertissements sont comme les liqueurs» qu'on De doit boire que dans des petits verres. Ch. Romainville.
— Les femmes qui afTecteot le plus de dédaigner les plaisirs de Tamour, ressemblent à ces enfants qui disent très sérieasement qu'ils n*aiment pas les confitures , et qui s'en funt de grandes et de larges tartines, toutes les fois quMls peuTent les manger en secret. Auolphe Rigabd.
" Les femmes ont appris h pleurer pour mieux mentir.
PuBLius Strds.
— La plupart des femmes ne pleurent pas tant la perte de leurs amants pour les avoir aimés, que pour paraître plus dignes d'être aimées. La Rochefoucauld.
— La mode, parmi nous, veut que les femmes pleurent à la mort de leurs maris ; on suit cette mode. Si Tusage avait établi qu'on dansAt en pareil cas, il y en aurait peut-être autant qui danseraient de bon cœur, qu'il y en a qui pleurent à regret.
Adrien Dijput.
— Lorsqu'elles ont perdu leurs maris, les femmes pleurent les morts pour attendrir les vivants. SAiNT-ÉvREHonD.
— C'est en pleurant que les femmes nous battent; défiezvous de leurs larmes : la douleur a des perfides comme l'amour. Dum fœmina ploraty decipere laborat. Rochbbrdke.
— On peut rire de rien , mais il faut pleurer de quelque chose. Les femmes n'y regardent pas de si près ; elles pleurent avec la même facilité qu'elles rient. L'exemple leur suffît. Qu'une femme pleure, une autre pleurera, et toutes pleureront autant qu'il en viendra. M*"* Rieux.
— Rien ne lie tant les cœurs que la douceur de pleurer ensemble. J.-J. Rousseau.
— Une femme qui pleure devant celui qu'elle aime ne s'appartient plus. Balzac.
— Femme qui pleure ne demande pas mieux que d'être consolée , et de la consolation au bonheur il y a très peu dé iûlomètres. Ed. Lemouœ.
— Les femmes ne pleurent jamais plus douloureusémeot; •que lorsqu'elles pleurent de dépit, Adolphe Rigabd.
— Soit que les femmes soient natarellement plus polies, ou que pour leur plaire, Tesprit s*élève et s*embellisse, c'est priacipalemeat auprès d'elles qu'on apprend la politesse.
Saimt-Ëyrehont.
— Dieu n^a créé les femmes que pour apprivoiser les hommes. Voltaire.
— On s* amusait un soir chez madame la duchesse du Maine à se faire les uns aux autres des questions auxquelles chacun devait répondre aussi bien que possible. Le cardinal de Polignac, qui avait infiniment d'esprit et de politesse, était de la société. — Quelle différence, monsieur le cardinal, lui demanda la duchesse, y a<t- il de moi à une montre? — Madame, répondit M. de Polignac en s' inclinant, une montre marque les heures, et près de vous on les oublie. — Le maréchal d'Huielies était beaucoup moins poli, et la réponse qn'il fit un Jour à Louis XIV le prouve bien. Ce prince lui ayant demandé, en présence de plusieurs dames, pourquoi il ne se mariait point : — Cest que je n'ai pas encore trouvé de femme dont je voulusse être le mari, répondit* il cavalièrement.
L'abbé Blanchard.
— Les commerces d'amour et d'amitié ne subsistent point sios la politesse et sans les complaisances. L'amant qui choque ce qu'il aime, mérite d'être quitté sans retour. L'ami qui parle durement, doit être sévèrement puni. Pour les gens mariés-, s'ils se détestent si souvent, c'est qu'ils se négligent sur tout, et qu'ils sont obligés de se passer leurs mauvaises façons. Amants, soyez galants, complaisants, attentifs, et vous serez toujours aimés. Maris, corrigez -vous, si vous le pouvez, cela m'est indifférent ; pour ce que vos femmes vous réservent, Yoos êtes bien. M"* db Rieux.
— Appuyé sur un fauteuil dans lequel se tenait assise une femme qui n'était plus de la première jeunesse, le maréchal de Saxe arrêtait ses yeux sur une poitrine étriquée qu'une toilette de bal laissait presque découverte. — Que faites-vour donc là, monseigneur? lui dit-on, en affectant de se dérober par toutes sortes de minauderies à ce que l'on croyait être de l'admiration. — Madame, répondit brusquement le vainqueui de Laufeld, je regarde ce qui se passe. A. R.
— Un commis voyageur sortant de déjeuner à table d'hôte, montait, la pipe à la bouche, dans le coupé d'une diligence, lorsqu'il s'aperçut qu'une dame s'y trouvait déjà. - L odeur
du tabac vous incommode- 1- elle, madame? lui demanda-t-il, dans Tespérance d*obtenir une réponse négative. — Je ne saurais vous le dire, monsieur, lui répondit la dame qui n*était pas fâchée de donner une leçon de convenance h qui la méritait, on ne s'est jamais permis de fumer devant moi. A. R.
•— S'il était permis, à Paris, d'avoir plusieurs femmes, elles aéraient peut-être aussi captives qu*en Turquie. Mais comme on Français ne peut en avoir qu'une, il ne la cache pas, de peur que son voisin ne cache aussi la sienne. Montesquieu.
— Une dame parlait de la polygamie
A l'ambassadeur Siamois.
La dame était Française : on devine je crois, Que la mode d'avoir vingt femmes à la fois,
Lui paraissait une infamie :
— Ah ! lui dit-il, point de courroux ! Bien loin de rechercher cette foule importune, S'il était à Siam des femmes comme vous.
Madame, nous n'en aurions qu*une. »
— La pluralité des femmes mène à cet amour que la nature dëttYOue. C'est qu*une dissolution en entraîne toujours une autre. / Montesquieu.
— La polygamie, si sévèrement défendue par nos lois, devrait être obligatoire pour les médecins. Ne serait-il pas juste, en effet, de contraindre ceux qui font sortir tant de gens de ce pinvre monde, à le repeupler un peu? Adolphe Ricard.
POBIME.
— Une très honnête personne qui s'était montrée tout à fait inexpugnable, ayant appris qu'un de ses adorateurs avait porté ses hommages aux pieds d*une de ses amies qui lui était inférieure de tous points, l'accueillit avec des sarcasmes sur son bonheur de second ordre. — Madame, répondit l'insurgé, j'ai fini par m'apercevoir qu'il vaut mieux manger une pomme qae de regarder toujours un ananas. Alphonse Kjibb.
— Un de nos poètes se trouvant à la campagne chez une jeoae femme de sa connaissance, lui dit un jour, en lui présentant une belle pomme qu'il venait de cueillir dans le jardin :
Comme Paris je suis berger, Comme Vénus vous êtes belle ;
Comme lui je vieas de juger :
Voulez-vous me payer comme elle?
lame ne répondit pas, mais le soir même, eu vertu de cel me : Qui ne dit mot consent, le poëte fut payé, dit-on, me le fut jadis le berger du mont Ida. A. R.