PRUDENCE
— La prudence et l'amour ne sont pas faits l'un pour itre ; à mesure que l'amour croit, la prudence diminue.
La Rochefoucauld.
— Amour! Amour ! quand ta nous tiens,
On peut bien dire : Adieu, prudence. La FosTAnLi
— Les dames ont tant donnerais à craindre, qu'il lear M être toujours en garde. Elles ne doivent pas moins trembler cjue les avares pour Tombre des roseaux, c'est-à-dire pour peo; ^:ar elles possèdent un trésor qui est d'autant plus difficileàcoD- «erver, que beaucoup le recherchent! La prudence est doncaoe vertu qui leur est essentielle : si la témérité met les plus paissants en péril, la défiance met les plus faibles en sûreté.
Le p. du Bosc.
— La principale prudence consiste à se défier de soi-même plus que des autres. M*"* de Lambert.
— La prudence et Pamour ne s'accordent point, même dam les meilleurs esprits. Le P. do Bosc.
— L'amour est un sentiment indépendant que la prudence peut faire éviter, mais qu'elle ne saurait vaincre. Lacu)s.
— Une femme prude paie de maintien et de paroles; aoe femme sage paie de conduite. La Brdyèbe.
— Tout homme qui prend une prude pour femme, Devient un sot, Monsieur, gouverné par Madame.
DOFRESNT.
— Le mal que les prudes disent de l'amour, la résistance qu'elles lui opposent, le peu de goût qu'elles affectent pour ses plaisirs, la peur m6me qu'elles en ont, tout cela est deramoar. Le craindre, c'est s'en occuper, c'est lui rendre hommage. Cette passion sait prendre chez elles milfe formes différentes, et comme Torgueil, elle vit de sa propre défaite. Ninon de Lenclos.
— Il est vrai qu'elle vit en austère personne; Mais l'âge dans son âme a mis ce zèle ardent.
Et l'on sait qu'elle est prude à son tœur défendant. Tant qu'elle a pu des cœurs attirer les hommages, Elle a fort bien joui de tous ses avantages : Mais voyant de ses yeui tous les brillants baisser, Au monde qui la quitte elle veut renoncer; Et du voile pompeux d'une haute sagesse De ses attraits usés déguiser la faiblesse. Ce sont là Ses retours des coquettes du temps : il leur est dur de voir déserter les galants. Dans un tel abandon leur sombre inquiétude
Ne Yoit d* autre recours que le métier de prude;
Et la sévérité de ces femmes de bieo
Censure toute chose et ne pardonne rien ;
Hautement d*un chacun elles blâment la vie,
Non point par charité, mais par un trait d'envie
Qui ne saurait souffrir qu'un autre ait les plaisirs
Dont le penchant de Tâge a sevré leurs désirs. Mouèbb.
— Les prudes disent du mal de Tamour. L'Amour rit de leurs injures : tout ce qu'il demande, c'est qu'on parle de lui.
ROCHEBRUNE
— Les femmes qui font tant les retenues pour l'usage des choses honnêtes, sont ordinairement fort libres à jouir des choses défendues, quand il n'y a pas de témoins.
Le p. dd Bosc.
Dans tous les lieux dévots elle étale un grand zèle,
Mais elle met du blanc et veut paraître belle.
Elle fait des tableaux couvrir les nudités,
Mais elle a de l'amour pour les réalités. Molière.
— Une prude devrait être condamnée à ne rencontrer sur <oo passage que des amants indiscrets. Horace Raisson.
— Les prudes savent s'imposer de grandes privations ; elles ont en cela plus démérite que les femmes vertueuses; celles-ci, do moins, ont pour elles la vertu, les autres n'ont pas même l*tmour. M"* de Girardin.
— La pruderie est une espèce d'avarice, la pire de toutes.
SlENOnAL.
— C'est la caricature de la sagesse. Lingrée.
— C'est l'hypocrisie de la pudeur. Massias.