ROMAN
— Une femme ne doit lire des romans, que quand elle ne peut plus avoir le désir de les mettre en action. Laténa.
— Le roman n'étant jamais pris sur le vrai, allume l'imagination, affaiblit la modestie, met le désordre dans le cœur ; et, pour peu qu'une jeune personne ait de la «lisposition à la tendresse, il hâte et précipite son penchant. Il ne faut point augmenter le charme ni l'illusion de l'amour; souvent, plus il est adouci, et plus il est dangereux. M"** de Lambert.
— La peinture des passions les excite sans que leurs dangers, avec quelque force qu'ils soient tracée, puissent en arrêter le cours. M"* Riccoboni.
— Ne faire Tamour qu'en faisant le contrat du mariage, c'est prendre justement le roman par la queue. Molière.
— L'aiguille a perdu plus de jeunes filles que les romans.
J. -Frédéric Richter.
— Lorsqu'on se met à faire du roman en action, on se soutient malgré soi de ceux qu'on a lus, et Ton s'en inspire.
M*"* la comtesse Dash.
— Si les femmes n'avaient pas les hommes pour les perdre, elles auraient les romans. C'est peut-être le meilleur auxiliaire de l'amour. Jean-Frédéric Richter.
— En lisant un roman, une femme reconnaît dans tous lei
fcéléraU la penonne qu*elle hait, et dans toos les héros celle qa*elle aime ; et ce roinao est bon ou mauvais, selon qa*il reaferme on ne renferme point de situations qu'elle puisse assimiler de près ou de loin à sa position présente. D' Voisenot.
— Pour une femme, les romans qu'elle fait sont plus amn- •tnts que ceni qu'elle lit. Tbéuphilb GAunn.
— Les Ames sensibles et indolentes trouvent un plaisir infini dans les émotions rapides et variées que donne la lecture des romans. Elles en jouissent, comme si elles assistaient au spectacle des faits qui les causent : mais elles se croient i Tabri des dangers qu^elles contemplent. Sécurité trompeuse! Dès que le sentiment est né pour la fiction, il est tout prêt pour la réalité. Latéha.
— La lecture des romans sera toujours l'amusement farori de la plupart des femmes. Vieilles, elles en lisent pour se souvenir de ceux qu'elles ont faits ; jeunes, pour réussir dans ceui qu*elles veulent faire. Adolphe Ricard^
— L'amour des femmes et la rose passent comme le beau temps. Proverbe.
— En offrant une rose à sa maîtresse, un de nos poëtes lui dit:
Recois sans t'ai armer celte modeste rose Qui, belle comme toi, n'a pas de rejetons. L'amour, qui soigne tout quand il fait quelque chose, Pour achever ton sein lui vola ses boutons. A. B.
— «La rose, dit Anacréon, est le doux parfum des dieux, ie plus bel ornement des grâces dans la saison fleurie des amours, et les plus chères délices de Vénus. On se platt à la cueillir au milieu des épines. » Un de nos poëtes a fait sur cette belle fleur, une ode qui ne le cède point à celle dont nous venons de^citer le commencement :
Tendre fruit des pleurs de l'Aurore, Objet des baisers du Zéphyr, Reine de l'empire de Flore, Hâte-toi de t'épanouir?
Que dis-je, hélas ! diffère encore.
Diffère un moment de t'ouvrir :
L'instant qui doit te faire éclore Est celui qui doit te flétrir !
Thémire est une fleur nouvelle Qui subira la même loi.
Bose, ta dois briller comme elle; Elle doit passer comme toi.
DesceedS'de ta tige épioease, YicDS la parer de tes couleurs :
Tu dois être la plus heureuse, Comme la plus belle des fleurs.
Va, meurs sur le sein de Thémire ; Qu'il soit toD trône et ton tombeau; Jaloux de ton sort, je n*aspire Qu'au bonheur d'un trépas si beau.
Tu verras quelque jour, peut-être, L* asile où tu dois pénétrer ; Un soupir t'y fera renaître, Si Thémire peut soupirer.
L'amour aura soin de t'instruire Du côté que tu dois pencher :
Eclate à ses yeux sans leur nuire; Pare son sein sans le cacher.
Si quelque main a Timprudence
D'y venir troubler ton repos,
Emporte avec toi ma vengeance.
Garde une épine à mes rivaux. Gentil Bernard.
Les femmes sont belles comme les roses, mais elles it tenir leurs couleurs des mêmes pinceaux. Yodng.
Un de nos poëtes adressa ces jolis vers à une jeune fille iuait d'entrer dans sa quinzième année :
Toi dont l'éclat enchanteur
Offre une fleur à peine éclose,
Jeune Églé ! veux- tu de la rose
Conserver longtemps la fraîcheur ?
Songe qu'à cette fleur si tendre
La nature sut attacher
Une feuille pour la cacher.
Une épine pour la défendre. A. R.
Hoszsns.
Uoe rosière est une jeune fille couronnée de roses pour oir défendu le boulon. ***
Le maréchal de Richelieu étant à la veille de quitter tiAteau d'Évrj-sur-Seine, voulut couronner une rosière.
On se mit en campagne, et l'on eu choisit une fort Jolie. Aprèi la cérémonie, M. de Richelieu dit à son intendant : — Duval, amenez-moi, ce soir, cette belle enfant : il tant que daasce inonde la vertu trouve toujours sa récompense. A. R.
— Une troupe de comédiens qui se rendait à Tours, fit aononcer aux habitants d'Âmboise qu'elle aurait Pbonneur déjouer devant eux la pièce intitulée : la Rosière de Salency. La Doit venue, une foule impatiente se pressait déjà dans la salle de spectacle, lorsque le directeur, faisant lever le rideau, dit aa public : — Messieurs, il nous est impossible de représenter ce «oir la pièce que nous vous avons promise ; mademoiselle Vir- ^nie, qui devait jouer le rôle de la rosièrci vient d*accoucher.
HOUGXn.
— On rougit plus souvent par amour-propre que par mo- <lestie. M"* Guibbrt.
— Les femmes sont naturellement plus timides, plus crédules et plus superstitieuses que les hommes; il faut plus de temps pour effacer entièrement de leur esprit et de leur cœar les semences de la vertu. Mais quand une fois elles ont secoué le joug, quand la honte et la crainte du scandale ne les retiennent plus, il n'est rien de si bas ou de si méprisable à quoi elles ne descendent, et les plus grandes effronteries leur paraissent •indifférentes et ne les font pas rougir. L'abbé de Bellegarde.
— Longtemps on aime encore en rougissant d'aimer.
Sacrin.
— Rougir est chez les jeunes filles tantôt la carte de visite, tantôt la lettre mortuaire de l'innocence. Alexandre Dumas.
— Une fille qui rougit de beaucoup de choses en a trop «ppris. **♦
— Quand une fille cesse de rougir, elle a perdu le charnue le plus puissant de la beauté. Giégort.