SOTTISE
— - Ou ne peut être longtemps amoureux sans faire beaucoup de sottises, et parler longtemps d'amour sans en dire.
M"* COBNUEL.
— Pourquoi dit-on qu*uu sot, en amour. Ta plus vite ctpliis loin qu'un homme d'esprit? Ne serait-ce pas que les femmes se défient naturellement de celui-ci, qui peut contrefaire le langage du cœur, et que se croyant toujours plus aimables et plus aimées qu'elles ne le sont, elles supposent au premier plus de sentiments qu'il n'en exprime ? Certainement l'amour muet est celui qui ment le moins ; mais hasard pour hasard, j'aimerais mieux l'amour qui parle. On a du moins un prétexte pour se rendre. Et puis, on s'entend dire de si jolies choses; le moyen d'y résister ! Quelquefois elles ne sont pas vraies; mais qu'y faire? on les croit telles parce qu'on le souhaite : l'erreur a ses charmes aussi hien que la vérité. M"* de Rieux.
— Dans l'amour comme dans le jeu,
Rien n'est certain, rien n'est solide :
Et le mérite sert bien peu Où sans ordre et sans choix la fortune préside. Du plus adroit et du plus généreux.
Du plus aimable et du plus amoureux,
Souvent le malheur est extrême;
Quelquefois, sans y penser même.
Le plus sot est le plus heureux. M"* Deshoulières.
— Une jolie femme a la politique de prendre un laideron pour femme de chambre : pourquoi donc une femme d'esprit n'aurait-elle pas celle d'épouser un sot? M*"* de Riedx.
' Il est peu de femmes spirituelles qui n'aient une raison secrète pour préférer un sot h un homme d'esprit. ***
— Avez-vous remarqué, ma chère, que les femmes n'aiment en général que des sots? — Que dites-vous donc là, duchesse? Et comment accorderez- vous cette remarque avec l'aversion qu'elles ont pour leurs maris? Balzac.
— C'est la sottise des amants et des maîtresses qui cause la lenteur de l'amour. Bernis.
— Il est de certains hommes que les femmes aiment éperdument, et qu'elles détestent ensuite avec fureur; mais elles ne peuvent jamais oublier ceux pour qui elles ont fait de grandes sottises. Saimt-Prosper.
— Lorsque les jeunes femmes sont sottes, elles ont cet avantage sur les vieilles qui leur ressemblent, qu'on ne les trouve quMngénues. Achille Poincelot.
— Un de nos plus habiles dessinateurs avait eu le malheur de se lier intimement, dans sa jeunesse, avec une femme dont le langage et les manières blessaient fréquemment son amourpropre. Un jour, comme il lui faisait à ce propos de très justei
remoDtrances, celle-ci qui, malgré ses continuelles obsessions, n'avait pu parvenir h légitimer par le mariage ce que sa position avait d'équivoque, lui répondit fort grossièrement qa^il n'était qu'un sot. - Tudieu! madame, répliqua l'artiste, eh! que terais-je donc si Je vous avais épousée? A. R.
— Quand J'entends un sot se vanter de ses bonnes fortanes, ]e me hâte de me souvenir, pour n'être point sa dupe, que ce ioot les tonneaux vides qui font le plus de bruit.
Adolpqe Ricard.
— Les femmes de chambre apprennent aux petites filles des chansons d'amour fort vives, et leurs mères leur disent qu'amour et amant sont des mots vides de sens. Stendhal.
— Confldentes naturelles des intrigues de leurs maîtresses, les femmes de chambre doivent tout voir, tout entendre, et ne rien dire. La discrétion est si bien leur première qualité, que celles qu'on a congédiées pour en avoir manqué, ne peuvent plus se placer ailleurs. C'est que, dans le monde, toutes les femmes se ressemblent ; et comme les faiblesses des unes sont aussi le partage des autres, la discrétion dont Tune d'elles a besoin, est une nécessité pour toutes. Adolphe Ricard.
SOUFFRABrCX.
— Ce que l'amour fait souffrir, souvent n'apprend pas è s'en passer. M"* de Lambebt.
— C'est un des miracles de l'amour de nous faire trouver du plaisir à souffrir ; et de vrais amants regarderaient comme le pire des malheurs, un état d'indifférence et d'oubli qui leur itérait tout le sentiment de leurs peines. J -J. Rousscad.
— On a peu de désirs quand on souffre ; une grande passion malheureuse est un grand moyen de sagesse. Le même.
— L'amour ne peut vivre que par la souffrance ; il cesse avec le bonheur, car l'amour heureux, c'est la perfection des plus beaux rêves, et toute chose parfaite ou perfectionnée touche à sa fin. M"'^ de Girardw.
— N'éloignez pas les femmes du lit de ceux qui souffrent, c'est là leur poste d'honneur. M'*' Cécile Fée.
SOUFFZ.ET.
— H y a deux sortes de personnes dont on peut recevoir un soufflet sans se fâcher : les femmes et les évéques.
Talleyoaxd.
^ Â ràgc de cinquante ans, M. de Boufflers adressa ce latrain à une jeune femme dont il sollicitait les faveurs :
Quand je n'aurais ni bras ni jambe, J^affronierais pour vous la balle et le boulet, Ranimé par vos yeux, je me croirais Ingambe, Et je pourrais encor mériter un soufflet. A. R.