‹ L'amour, les femmes et le mariageChapitre 182 sur 228 · SYMPTOME · texte numérisé non relu

SYMPTOME

— 11 y a des symptômes d*amour aussi sûrs que des symptômes de maladie. On a chaud, on a froid en même temps; on est du même sentiment, ou se rencontre dans la façon de juger; on approuve les mêmes choses; on aime les mêmes gens ; on aime les lieux où l'on a commencé à s*aimer, et tout cela sans qu'on s'en doute. Le Primcb de Ligue.

— Ce n'est guère sans danger qu'une femme a des rapports avec le public, même par ses talents. M"* Roland.

— Quand une femme vous dit qu*un homme a de grands talents, il est toujours malhonnête de rire. E. Jour.

— On n'a de talent et de force auprès des femmes; qu'autant qu'on met à les avoir exactement le même intérêt qu'à une partie de billard. St£K0H1l.

— Les femmes nous appellent méchants et téméraires, dans circonstances où ne Tètre pas ou cesser de Tètre, serait un le à leurs yeai. Ovide.

> Pour être téméraire avec succès, il suffit de Tètre à [K)s. NnoN DE Lenclus.

— L'amour doit tout oser quand il a tout à craindre.

Saurih.

'Les femmes sont de ces places qui veulent être prises de «. Avec elles, on risque beaucoup plus à ne rien tenter à ne pas réussir. Bacon.

~ La témérité n'a plus besoin d'eicuse, depuis que les femmes it érigée en vertu. Sylvain Maréchal.

^ Vous ne savei qu'aimer, dites- vous, cher Silvio? Les femmes cependant demandent autre chose. Bien plus, sans les aimer, du moment que l'on ose. On leur platt. La faiblesse est si chère à leur cœur, Qu'il leur faut un combat pour avoir un vainqueur. Croyez -moi, l'ai connu ces êtres variables. Il n'eiiste, dit-on, ni deux feuilles semblables, Ni deux cœurs faits de même ; et moi, je vous promets Qu'en en séduisant une on séduit tout un monde ; L'une aura les pieds plats, l'autre la jambe ronde. Mais la communauté ne changera jamais.

Avez- vous jamais vu les courses d'Angletecrc? On prend quatre coureurs, — quatre chevaux sellés ; On leur montre un clocher, puis on leur dit : Allez! Il s'agit d'arriver, - n'importe la manière. L'un choisit un ravin, — l'autre un chemin battu. Celui-ci gagnera s'il ne rencontre un fleuve. Celui-là fera mieux, s'il n'a le cou rompu. Tel est l'amour, Silvio ; — l'amour est une épreuve ; Il faut aller au but, — la femme est le clocher. Prenez garde au torrent, prenez garde au rocher ; Faites ce qui vous platt, le but est immobile. Bfais croyez que c'est prendre une peine inutile Que de rester en place et de crier bien fort : Clocher! clocher! je t'aime, arrive ou je suis mort.

Alfred de Musset.

— Oser entreprendre auprès des femmes, c'est déjà les avoir loitié. Rochebrune.

— L'amour pénètre dans les lieux mêmes où les loups n'ose*

raient aller chercher leur proie; et lorsque celui qui aime sût (Mer, il serait bien difBcile qu'il aimât sans succès. Btkdi.

— 1^8 Temmes aiment la témérité. Quand on les étonoe, on les intéresse, et quand on les intéresse on est bien près es leur plaire. Charles Nodiei.

— Quelle que soit la faiblesse des femmes, les hommes M sont téméraires qu*avec celles qui le veulent bien. Enamoor, ce sont les petites complaisances qui autorisent les grandes fi* miliarités. Adolphb Riciio*

— Il ne peut y avoir de règle dans Pesprit ni dans le coeur des femmes, si le tempérament n*en est d*accord.

La RoCllEFODCAdLD.

— [.a plupart des femmes aiment par caprice et changent par tempérament. M** de Laibebt.

— Il faut avoir un coeur pour savoir aimer; les sens nesarûsent pas Le tempérament conduit par Fesprit peut mener Jusqu'à la volupté, mais jamais jusqu'à Tamour. Beuos.

— La vanité, la honte et surtout le tempérament font souvent la valeur des hommes et la vertu des femmes.

La Rochepoucaold.

— Fn amour, on est dupe de soi-même et des autres. On croit souvent donner des preuves d*affection, et ce ne sootqoe des preuves de |empérament. Celles que Ton reçoit ne sont pas toujours plus épurées ni mieux connues. Rochbbbose.

^ — Quand le tempérament est monté à un certain degré, c*e8t un cheval fougueui qui emporte son cavalier à travers champs, et presque toutes les femmes sont à califourchon sur cet animal-là. Diosior.

— Quelques jours après le décès de M. A*^^, un de ses amis s'avisa de faire son panégyrique au milieu d'une assez nombreuse compagnie. Un feuilletoniste qui se trouvait \h, ne pouvant écouter de sang-froid ce qui lui semblait très risqué, se pencha vers son voisin, et lui dit : —Je Tai connu, ce paavre cher homme !

Austère comme un cénobite

Il vécut toujours chastement.

Mais il dut sa bonne conduite

A son mauvais tempéran^ent. A. R.

— Il y a des femmes au xqu*^ lies la froideur de leur teropéf^' ment lient lieu de vertu. Celles-là n'ont pas plus de mérite à tire chastes, que celles qui se réfugient par crainte deTamouf

rrière les grilles d*un- couvent. Christioe de Suède, visitant i jour UQ de ces établissements, disait avec beaucoup de isoD à la supérieure : — Si vous faites des vœux, pourquoi s grilles? et si vous avez des grilles, pourquoi des vorax? — 11 y a point de mérite, dit un philosophe latin, à ne pas faire que Ton ne peut pas faire : NuUa igitur laus est non facere tod facere non possis. A. R.

— Le tempérament des femmes empêche quelquefois qu'elles i se livrent à toute leur coquetterie ; elles vont d'abord au

«ISé. BlGNlCOURT.

— Une femme à tempérament ne peut se vanter d'accorder is faveurs ; elle cède plutôt à ses désirs qu'à ceux d'autrui.

P. ROGHPÈDBB.

— La tempérance et la modération dans la jeunesse sont a passe-port pour vieillir heureusement. Plutarqub.

— Toute bonne que fût la manne, les Israélites 8*en lasséfot à force d'en manger. Si donc, monsieur, vous voulez ne is vous ennuyer de votre femme, n'épuisez pas tout d'un »ap le plaisir qu'elle est capable de vous donner. Faites-le jrer longtemps : Quod sœpe fieri non potest, fiât diu, nous dit a philosophe. Souvenez-vous que l'ivresse est toujours honluse à l'homme, mais que l'on est doublement coupable quand 1 a^eoivre du vin de sa propre cave. Figurez-vous que votre mine est la plus aimable des femmes, et que le pain qu'elle His fait manger est le plus savoureux de tons les pains. Tâchez 'y découvrir tous les jours quelque charme nouveau, et ne proiguez pas votre bonheur, si le bonheur vous est donné. En à mot, vivez comme un sage et non pas comme un fou. Il *y a que la tempérance qui puisse vous conduire à la félicité a mariage. C'est elle qui légitime les plaisirs, qui les fertilise, t qui les rend d'autant plus sensibles qu'ils sont rares et lodérés. Dalcia quœ rarissima sunt^ maxime délectant; et omme le dit si bien un poète latin : Voluptates commendat arior ustis. Ce db la Ferriérb.

— La tempérance est la plus fine et la plus délicate des oluptés. M"* Brisson.

— En amour, l'économie des sentiments et des plaisirs est a seule métaphysique raisonnable. Ninom db Lenclos.

— La raison développée et cultivée sera toujours le frein le aos puissant des passions. Pridiè caveat ne faciat quid pigeât lottrtdté: voilà la boussole de tous les humains. Nocelempta doore voKfptas : voilà la doctrine des vrais voluptueux. Mirabeau*

— Madame Dethoalières nous a laissé sar ce sujet nne ptgi |' Hoquenle que nous nous empressoos de citer :

L*hiver suivi des vents, des frimas, des orages, De ces aimables lieux trouble l*heurcuse paii; 11 a déjà ravi par de cruels outrages

Ce que In terre avait d*attraits.

Quelles douloureuses images Le désordre qu'il fait imprime dans Tesprit! Hélas ! ces prés sans fleurs, ces arbres sans Tcui liages,

Ces ruisseaux glacés, tout nous dit :

Le temps Tera chez vous de semblables ravages !

Comme la terre nous gardons

Jusqu*an milieu de l'automne Quelques-uns des appas que le printemps oous donne.

L*hiver vient-il, nous les perdons.

Pouvoirs, trésors, grandeurs, n*en exemptent personne : On se déguise en vain ces tristes vérités;

Les terreurs, les infirmités, De la froide vieillesse ordinaires compagnes, Font sur nous ce que font les autans irrités

Et la neige, sur les campagnes.

Encor, si, comme les hivers Dépouillent les forêts de leurs feuillages verts, L*â^e nous dépouillait des passions cruelles. Plus fortes à dompter que ne le sont les flots.

Nous goûterions un doux repos

Qu*on ne peut trouver avec elles !

Mais nous avons beau voir détruire par le temps La plus forte santé, les plus vifs agréments. Nous conservons toujours nos premières faiblesses. L*ambiticux, courbé sous le fardeau des ans, De la Fortune encore écoute les promesses ; L*avare en expirant regrette moins le jour

Que ses inutiles richesses ; Et qui jeune a donné tout son temps à Tampur, Un pied dans le tombeau veut encor des maîtresses. Il reste dans Tesprit un goût pour les plaisirs, Presque aussi dangereux que leur plus doux usage.

Pour être heureux, pour être sage.

Il faut savoir donner un frein à ses dé^.

—L^amour d'une femme ne consiste pas dans destémoignagei emportés, dans un abandon sans frein ni réserre. C'est fuliede croire qu'il soit prudent et sage d^épuiser tout à coup Iji

[Dîne de bonheur çt d^illusion avec laquelle on entre en ^oage, et de se donner corps et Ame à un homme, jusqu'à que, rassasié, il détourne la tète et s^endorme dans l'habide de notre possession. M"* Charles Reybaud.

— Je me promenais hier sur la place Saint-Sulpice, lorsque vis passer de jeunes époui qui sortaient de Pbôtel de la

lirie. — Voilà, me dis-je, en les voyant si riches de jeunesse de santé, voilà des gens qui bientôt, j'en suis sûr, n'auront as que du pain sec! Car, au lieu d'étendre sagement des conures sur de longues tartines de pain, les gourmands vont aler le pot entier à pleines cuillerées ; au lieu de vivre de ir revenu, les prodigues vont manger le capital, et, sans uci de ravenir, éventrer leur bonheur comme la poule aux. ifs d'or. Alphonse Karb.

— Terminons ce chapitre par le sage conseil que le t>on loard donnait naguère à ses coquins de neveux. — Mes faiits, leur disait-il un jour :

De peur que trop tôt on ne meure, Il faut fuir les dérèglements :

Quand on Tait le vieux de bonne heure, On est jeune pendant longtemps.

t disons avec Mirabeau : Tous les plaisirs sont dans la jouisnce, il n'en est pas un dans l'excès. A. R.

yjBMPS.

— Ost le temps et non la raison qui met fln à l'amour, mort finem tempus, non animus facU. ' Publius Strus.

— Tout le temps que l'on ne consacre pas à l'amour est du imps perdu : Perduto è tuUo U tempo che in amar non si fende. Le Tasse.

Le temps est tôt ou tard le vainqueur de l'amour : l'amitié «le dompte le temps. M"** d'Arconville.

— Le temps qui ôte à l'amour le charme et la fratcheur de jeunesse, compense par d'autres avantages ceux qu'il lui

ilève. La confiance qui natt d'une longue épreuve, le souvenir puissant de ce que Ton a fait l'un pour l'autre, cette reconlissance passionnée qui en résulte, tels sont, si j'ose ainsi irler, les nouveaux attraits dont l'amour se pare en vieillisiDt, et qui le rajeunissent dans sa décrépitude. Cuabanon.

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