‹ L'amour, les femmes et le mariageChapitre 183 sur 228 · LE TEMPS ET L'AMOUR · texte numérisé non relu

LE TEMPS ET L'AMOUR

A voyager passant sa vie.

Certain vieillard, nommé le Temps,

Près d*an fleuve arrîTe et s*écrie :

« Ayez pitié de mes vieai ans.

Hé quoi ! sur ces bords on in*oublie.

Moi qui compte tous les instants !

Mes bons amis, Je vous supplie Venez, venez passer le Temps. »

De Tautre côté sur la plage Plus d'une fille regardait, Et voulait aider son passage Sur un bateau qu*Amour guidait; Mais une d'elles, bien plus sage.

Leur répétait ces mots prudents :

• Ah ! souvent on a fait naufrage En cherchant à passer le Temps. •

L* Amour gafment pousse au rivage ;

Il aborde tout près du Temps :

Il lui propose le voyage,

L*embarque, et s'abandonne aui vents.

Agitant ses rames légères,

11 dit et redit dans ses chants :

« Vous voyez bien, jeunes bergères,

Que TAmour fait passer le Temps. »

Mais tout à coup l'Amour se lasse ;

Ce fut toujours là son défaut.

Le Temps prend la rame à sa place.

Et lui dit : » Quoi ! céder sitôt !

Pauvre enfant ! Quelle est ta faiblesse!

Tu dors, et je chante à mon tour

Ce vieux refrain de la sagesse :

Ah! le Temps fait passer l'Amour. » Sêgui.

— Les maîtresses, comme les mouches, disparaissent au maih vais temps. Lamothb-Letater.

— Le temps détruit toutes choses ; avec le temps :

« Vénus s'enlaidit et l'amour se déplume. •> DEMOUSTia.

— Il n'est plus temps d'être sage quand on ne peat ploi

être fou. P.-J. ROCHPÈDRE.

^- Quand vous voulez que l'amour vienne Embellir encor vos moments, C'est du plus loin qu'il vous sonvienae Rappeler des rêves charmants*

Ah! croyez-moi, froides coquettes, Laissez-là les tendres erreurs ; L'amour ne veut point qu'en lunettet On lui conte encor des douceurs.

Ils sont passés ces jours dMvresse Que les plaisirs trouvaient trop courts l Ah ! l'âge heureux de la jeunesse Luit un instant, Tuit pour toujours.

Le temps jamais ne se retourne :

Il poursuit tout droit son chemin, Et laisse Tennui qui séjourne Pour dévorer le cœur humain.

De même Tamour suit sa route Sans regarder derrière lui :

Hier est un mot qu'il redoute; Cet enfaut ne dit qu'aujourd'hui*

Léger comme l'amant de Flore, 11 voltige, et sur son bouton, La fleur qu'il a forcé d'éciore Rappelle en vain ce papillon.

Les femmes ont d'ordinaire plus de penchant à la ieaque les hommes, mais le personnage d'une femme n'est. se défendre. Fontenelle.

Les femmes ont toujours de Tindulgence pour tout ce qui e caractère de la tendresse. M"'* de Tencin.

>s femmes refusent avec éclat l'hommage de ceux qui ne laisent pas, pour accepter à petit bruit et sans crainte blûmées, la tendresse de celui qui les flatte le plus.

Marivaux.

^a tendresse s^accroU de la pitié. M*"* Dofrénot..

^es femmes les plus ruineuses sont celles dont la ten-> est le plus désintéressée. Louis Desnotbrs.

TJBNTATZOnr.

*our les femmes du monde, un jardinier est un jardil an maçon est un maçon : pour quelques autres plus- ), an maçon est un homme, un jardinier est un homme. (t tentation à qui la craint., La Bruyère.

a pureté se soutient par elle-même; les désirs toujours

réprimés s'accoutument à ne plus reoattre, et les tentations ai te multiplient que par Thabitude d*]r succomber.

J.-J. RonssEAC

— Un religieux qui était eitrèmement tourmenté de lateatation d'impureté, consultait un jour le saint frère Gilles sv les moyens de s'en délivrer. — Que feriez-vous, mon frèR, lui demanda le saint bomme, à un cbien qui voudrait vov mordre? — Je prendrais des pierres ou un bâton, répondit le religieux, et je ne cesserais point de le frapper que je ne reusie fait fuir. — Hé bien! reprit Thomme de Dieu, faites de même À regard de votre cbair qui aboie contre vous, et vous fera fuir la tentation. » Le religieux suivit ce sage conseil, et depab lors, dit-on, le démon ne le tenta plus. — Que cet exemple vous serve, messieurs ! et puissiez-vous, au souvenir des mortiflcations que ce pauvre religieux s*est imposées, puissiez- tou comme lui cbasser le démon : Félix quem faciunt aUena périctUa caulum ! L'abbé de Bellegaidc

— En amour, le seul moyen de n'être point tenté, c'est de jaccomber quelquefois à la tentation. M** db Cboiskol.

— Pittacus avait coutume de dire que chacua ayant soo •défaut, la tète de sa femme était le sien. A. R.

— Quelque bonne que soit la tète, elle ae peut presque rieo contre le cceur. M*** de Scudém.

— Une jeune femme demandait k Benserade une rime au mot coiflé : — Eh ! madame, comment pourrais-je la trouver répondit il, ce qui appartient à la tète d*une femme u*a jtmiiit ni rime ni raison. A. R.

— La tète d'une femme parle encore le langage de ses sens •lorsqu'ils sont muets. Didebot.

— L'amour est la passion des grandes âmes, et leur fait mériter la gloire, quand il ne leur tourne pas la tète.

M"" DK POMPADOUR.

— Un mari se plaignait devant Rivarol de n'être pas heureux dans son ménage. — Ma femme, disait- il avec tristesse,

est méchante, acariâtre, et je crois même qu'elle me fait

— Que vous importe, mon cher? interrompit le publiciste; nne tète bien faite doit s'accommoder de tous les oreillers qae la fortune lui présente. A. R.

— La femme qui se jette k la tète des hommes, se troove ibient4)t sous leurs pieds. Louis Desnoyebs.

— Une belle-mère disait à son gendre qui se plaignait bcao*

>Dp de sa femme : — Vous avez tort de vous plaindre, monenr ; ma flilc est un vrai bijou, et quand bien même vous 'auriez eu que sou corps, je vous estimerais trop heureux. — Di, répondit le mari, mais avec son corps, j*ai dû prendre sa bie, madame, et ce dont j*enrage. A. R.

— C/est quand les hommes perdent la tète, que les femmes renoent sur eux une incontestable supériorité. Stendhal.

— Deux amoureux qui s^escriment à se casser la tète pour iê beaux yeux d'une coquette, prouvent surabondamment a*ils Tout déjà perdue. Adolphe Ricard.

— Dans un tète-à-tète on n*est jamais Interrompu davanage que lorsqu^on ne dit rien. M"* db l*Espinasse.

— Femmes! ne vous enfermez jamais seules avec un homne : Toccupation la plus louable est suspecte dans le tète-iète. J.-J. RoussRAu.

— Dans le tète-à-tète, une femme parle haut avec Tbomme [ai lui est indifférent ; elle parle bas avec celui quelle comaence à aimer, et garde le silence avec celui qu*elle aime.

ROCHEBRDNE.

— Le célibataire cherche une femme pour éviter la solitude, 'homme marié cherche de la société pour éviter le tète-à-téte.

Pb. de Varenne.

— Dans le tète-à-tète le plus tendre on reste toujours lenx. Laclos.

— Rien n*est si embarrassant que le premier tète-à-téte uand on a tout h se dire... si ce n*est le dernier quand tout Bl dit. Nestor Roqueplan.

— S'entretenir tète-à-tète sur les mystères de Tamour, c'est mer avec du feu sur un baril de poudre. Lévis.

— Quand une femme est en tèie-à-tète avec son amant, lie n'accorde jamais la permission d'être aimable, parce qu'elle lit fort bien qu'en pareille circonstance toute permission est nperflue. Adolphe Ricard.

— La présence tous les soirs d'une jolie danseuse donne de attention forcée aux âmes blasées ou privées d'imagination ui garnissent le balcon de l'Opéra. Par ses mouvements graieux, hardis et singuliers, elle réveille l'amour physique et nir procure peut-être la seule cristallisation qui soit encore

possible. Ost ainsi qu'un laideron qui n'eât pas été honoré d*ua regard dans la rue, surtout de la part des gens usés, i*il paraît souvent Kur la scène, trouve à se faire entretenir fort cher. Geoffroy disait que le théâtre est le piédestal des remmes. Plus une danseuse est célèbre et usée, plus elle vaut ; de là le proverbe des coulisses : Telle trouve à te vendre qui n'eût pas trouvé è se donner. Stehdbal.

— La timidité doit être le caractère des femmes ; elle assure leurs vertus. M"« db Lambkrt.

— Les remmes aiment assez à voir un amant faire le plaintif autour d*elles ; mais il en est peu qui, dans la concurrence d*uo amant entreprenant et d*uu amant timide, donnent la préférence au second. Ninon de Lknclos.

— J*ai souvent remarqué que la timidité donne aux jeunes gens un air de douceur et de respect qui ne déplaît jamais aui honnêtes femmes. Je ne sais s'il n*y a pas autant de plaisir pour elles èjouird'un tendre embarras que d'une audace?aine. Les charmes d'une jolie femme produisent plus d'un effet; ils inspirent la tendresse et les désirs. La tendresse touche le cœur, les désirs flattent Tamour-propre ; mais en supposant qu'une honnête femme ait plus de sensibilité que de vanité, elle doit préférer de toucher le cœur. On ne sait pas d'ailleurs où cela conduit, et l'on peut parvenir avec le temps à mettre tout d'accord. M"' DE RlEUX.

— La timidité n'est souvent que la déflance d'un amour* propre qui, en désirant de plaire, craint de ne pas réussir.

Saint-Maurice.

— Un étudiant de première année, qui se promenait dans le jardin du Luxembourg, tournait depuis longtemps autour d'une jeune fllle sans oser engager la conversation avec elle. Tout à coup il aperçut une araignée qui montait sur les épaules de celle dont la présence le rendait si gauche et si timide. Saisissant aussitôt l'occasion : — Mademoiselle, lui dit-il d'une voix mal assurée, vous avez une grosse bête derrière vous. — Ah ! monsieur, s'écria la jeune fllle en se levant aussitôt, je ne vous savais pas là. A. R.

— b:n amour, la timidité ne mène à rien. Si vous voulex qu'on vous aime, dites que vous aimez; dites-le souvent et très haut. Les Temmes écoutent toujours avec plaisir ce qui flatte leur amour-propre ; et pour elles, la passion qui parle est plus forte que celle qui se tait. Adolphe R^cabd.

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