L'AMANT TIMIDE
— A seize ans, pauvre et timide Devant les plus frais appas,
Le cœur battant, Toeil humide. Je voulais et n'osais pas ; Et je priais, et sans cesse Je répétais dans mes vœux :
Jésus ! rien qu^une maîtresse.
Rien qu'une maîtresse... oU deui.
Lors une beauté qui daigne M'agacer d'un air moqueur, Médit : Enfant, ton cœur saigne, Et j*ai pitié de ton cœur.
Pour te guérir, quel dictame Faut-il donc, pauvre amoureux ?
— Oh I rien qu'un baiser, madame !
Oh ! rien qu'un baiser... ou deux.
Puis, le beau docteur qui raille, Me tâte le pouls, et moi.
En façon de représaille, Je tâte, je ne sais quoi.
— Où vont ces lèvres de flamme?
Où vont ces doigts curieux?
— Puisque j'en tiens un, madame, Laissez-moi prendre les deux.
La coquette, sans alarmes, Rit si bien de mon amour, Que j'eus à baiser des larmes, Quand je riais à mon tour.
Elle sanglotte, elle se pâme :
— Qu'avons-nous fait là, grands dieux t
— Oh ! rien qu'un enfant, madame.
Oh! rien qu'un enfant... ou deux!
Hbgésippe Moreau.
- La timidité pla^t aux honunes dans les jeunes filles et
déplaît au7 femmes dans les Jeunes gens, parce qQ>lle refaseft celles-ci ce qu'elle semble promettre aax autres.
Adolphe Ricabd.
— Les femmes sont de belles petites bètes qui mettent daof la toilette et les coliGchets Tuoique intérêt de la vie.
TiTE-LiVl.
— Les Jeunes filles qui donnent tant de soins à leur tei- «ette, sont d^autant moins chastes. Costa puella nimis, catàê puella nttnùs. Catulle.
— Une jeune femme sent toujours bon quand elle ne sent rien. Mulier rectè olet, ubi nihii olet. Plaute.
— Celles qui soignent beaucoup leur toilette soignent pea 1» vertu. Catok.
— La femme est un animal qui se délecte dans sa toilette.
Saint Augustin.
— Il faut que les femmes s'habillent d'une manière simple et décente, et que leurs plus beaux ornements soient la pudear et la modestie. Saint Paul.
— La femme honnête Test jusque dans sa mise.
Saint Ctpdien.
— La toilette est à Tégard du corps ce qu'est une couche de mortier è l'égard d'un vieux bAtinicnt, elle eu cache les défauts. Oxenstiebn.
— Ma foi, les beaux habits servent bien à la mine. On a beau s'agencer et faire les doux yeux, Quand on est bien parée on en est toujours mieux.
— Les femmes ne songent qu'à leur toilette ; elles passent la moitié du jour pour se préparer à perdre l'autre et à se perdre elles-mêmes. Le R. P. Louis de la Ferté.
— On mettrait moins de temps à nettoyer une écurie où it y aurait quarante-quatre chevaux, que les femmes n'en mettent à attacher toutes leurs épingles Le R. P. Mkmit
— On a remarqué que de tous les animaux, le.«î chats, le* moutons et les femmes sont ceux qui perdent le plus de tcmp» à leur toilette. Charles Nodier.
— Il y a toujours des côtés par où il est bon de irétre pa* regardé. Les femmes entendent, ce me semble, cette politique mieux que les hommes: elles enveloppent soigncusemcDl ce qu'elles ne peuvent montrer avec avantage. Celles qui n'ont pas de belles dents ne rient jamaii: que des yeux.
M*"* DE Rificx.
— Les femmes oat naturellement un talent menreilleux pour faire valoir, en tout bien, tout honneur, les avantages plus ou moins nombreux de leur personne, ou pour en dérober le» défectuosités plus ou moins disgracieuses. Si elles sont vraiment jolies, elles éblouissent; si elles sont passables, elles se font jolies; si elles sont laides, elles «e rendent passables. Il en est même d'affreuses qui parviennent à produire une illusion dont elles s'étonnent ellesrmèmes. Les femmes ont raison d'agir ainsi. Toutes les choses de ce monde ont besoin d'un peu de mise en scène. Le talent, la vertu, la science, la beauté» le velours, le satin, le calicot, n'ont souvent d'apparence que €6 qu'on sait leur en donner. 11 ne suffît pas d'être, il faut paraître. Il ne suffît pas d^élre remarquable, il faut être remarqué. Le savoir-faire doit aider le savoir, et l'étoffe la plus belle a besoin d'être artistcment drapée et mise en montre.
Louis Desnoyers.
— Les habillements trop recherchés sont nuisibles aux. belles personnes. On a toujours la malice dédire que les parures d'une femme lui prêtent des agréments. Ne cherchez pas non plus, mademoiselle, à vous singulariser par des habillementsextraordinaires: ils font passer celles qui les portent pour des folles, ou pour des femmes de rien qui veulent être remarqoées. M*"* de Rieux,
— Il faut qu'une femme proportionne à son âge ses goûts et sa parure. La coquetterie de la toilette est un ridicule odieux quand on n'est plus jeune, et la vivacité de la jeunesse dans ud âge avancé ressemble à une parure neuve sur une vieille robe
MKRCtkR.
— Dans la toilette d'une femme, trop de magnifîcence est un défaut ; la richesse cache la beauté. Dupatt.
— La magnificence de la toilette d'une femme qui n'a pas de fortune, atteste deux choses qui lui font peu d'honneur : la prodigalité de son amapt et la sottise de son mari. « Quand madame les porte beaux, disait Scarron, monsieur les porté belles. » Adolphe Ricard.
— Jeunes beautés, vous à qui la nature A prodigué mille attraits séduisants; Pourquoi du fard d'une vaine fmposture Vouloir flétrir ses plus riches présents ? Or et bijoux ne valent pas quinze ans.
Que l'éclat seul des fleurs fraîches écloseï Prête son charme a vos appas naissants; Ne voit-on pas que les lis et les roses
SoDt la panirc et l*hoDQeur du printemps t Or et bijoux ne valent pas quinze ans.
Quand de vos traits la fraîcheur passagère
S'envolera sur les ailes du temps,
A la toilette empruntez Tart de plaire ;
Mais Jusque-là Tuyez ses faux brillants :
Or et bijoux ne valent pas quinze ans. DésaugiuIi
— Nous n*éprouvons tant de plaisir à voir un bas blauc bien tiré sur une Jambe bien faite, que parce qu*en exaltant notre imagination, ce que nous voyons la laisse errer à loisir dans le vaste champ dePinGui. Adolphe Ricard.
— Je n*ai Jamais compris comment il était possible qu'une femme laissAt assister à sa toilette toute autre personne qu'une femme. Ce doit être un sanctuaire où jamais un homme, pas même le mari, ne devrait avoir l'audace de pénétrer. Et plus la femme avance en âge, plus elle doit être scrupuleuse sur cet article. J'ai vu des femmes, encore charmantes lorsqu'elles étaient parées, être hideuses dans leur négligé du matin.... Femmes! il faut que tout en vous soit de votre sexe ; il faut que tout en vous, sur vous, autour de vous, nous plaise, nous charme et nous attire. Ce sont les désirs des hommes qui donnent aux femmes les trois quarts de leur beauté. Mais pour plaire, il faut en prendre les moyens. Choisissez doue, en dépit de la mode, la coiffure qui vous enjolive le plus, l'étolTe qui vous sied le mieux, le corset qui dessine le plus élégamment les grâces de votre personne, le bas qui vous fait la plus jolie Jambe, la chaussure qui lui donne le plus de Gnesse et de lëgèreté. L'âge où tout sied à la femme est court ; profitez-en. Étudiez avec attention les goûts factices des hommes, sachex leur obéir, et prolongez à tout prix l'ascendant de votre sexe. Vous embellir, c'est vous rendre aimables ; vous faire aimer, c'est nous rendre heureux. ^ Rétif de la Bretonne.
— On faisait remarquer à un philosophe de mes amis qui s'était égaré certain soir dans les salons d'un ex-Saint-Simonien devenu riche, plusieurs jeunes hommes qui, vêtus, gantés et frisés selon les lois de la mode, papillonnaient autour d'une jeune femme dont la toilette était chargée de rubans, de bijoux et de dentelles. — Eh quoi ! mon ami, vous vous étonnez de cet empressement? dit l'austère philosophe à son interlocuteur; mai» ne savez-vous pas, ajoula-t-il avec un malin sourire, que plus une femme a de colifichets, plus elle a de serins autour d'elle
— S'il est vrai que d'ordinaire on ne fasse parade que de c«
|ae l'on D*a pas, la criDoline me semble le moyen le plus ingéaieui que les femmes puissent employer ppur faire savoir aa pablic les appas qui leur manquent. Adolphe Ricard.
— Ln toilette d*une femme est un autel aux dieux inconnus. Le mari, Pâmant lui-même sont, dans les coulisses de la beauté, quelque chose comme un machiniste, un souffleur. G*est au delà de la rampe qu^est celui pour lequel on joue la pièce. Alphonse Karr.
— Pour obtenir le droit de déshabiller certaines femmes, il faut d*abord faire les frais de leur toilette. Commerson.
— Défiez- vous des femmes à toilettes jansénistes, de ces robes montantes et collantes qui dessinent tous les contours de la taille comme un corset, avec une pudeur si malintentionnée. Ces femmes sont pleines d'orgueil et de jalousie. Elles ont un caractère de fer et des passions de feu. Rien n'échappe à leurs regards toujours baissés, M*"* Emile de Girardin.
— Pour attirer les galants qu*elles recherchent, les femmes du demi-monde inventent des parures orgueilleuses qui se gonflent de toutes leurs iniquités ; et, sans que leur conscience leur en Taffse un reproche, les honnêtes femmes s'empressent de les adopter, pour partager avec ces dames les bénéfices de TinventiOD. Adolphe Ricard.
TOKT.
— Le plus grand tort de Tamour n*est pas que Tamour soit an délire, mais qu*il dure si peu, pour ne pas dire toujours.
M"** d'Arconville.
— Les amants que Tamour abandonne s'accusent ordinairement de mille torts, et se taisent sur le plus grand, qui est d'avoir cessé de se plaire. Adrien Dupot.
— Les torts de l'amour doivent être oubliés dans l'amitié, qnanil on est assez heureux pour qu'elle lui survive.
M"* d'Arconville.
^-' Les torts des femmes ne sont le plus souvent que des erreurs ; ceux des hommes sont presque toujours des fautes.
Beauchêne.
— Quand on est fûché contre un homme qu'on aime, c'est une très grande faiblesse que de lui parler de ses torts; c'est risquer qu'il se justifie. Ch. Nodier.
— L'injustice déprave les cœurs faibles, et peut-être les torts des hommes font-ils la moitié des vices des femmes.
Ërnest LegouvBt
— On ne répare ses torts que vis-à-Tis de ceaz qu'on aime»
M"^ n'ÀBCOIfVILLK.
— Dn amant n*a iamais tort. Balzac.
— L*arooar est on tourment, mais c*esi an toarmeot qui raitplaUir. ♦**
— Le cruel amour, pour tourmenter les mortels, fait son- ▼eut qu*on n*aime guère les personnes dont on est aimé.
Fbkelon.
— Les femmes sont sans cesse tourmentées du désir d'apprendre ce qu*elles s*obstinent à ignorer. Ckébuxoit fils.
— Ne Yons confiez Jamais à des femmes dans vos affaires de C€Bur, mademoiselle ; qu'elles ne yous deyinent point et soyez sur Yos gardes. Si Tamitié vous parle en faveur de quelqu'une, aimez-la Jusqu'à la confidence exclusivement. Moi>méme qai vous aime beaucoup, et qui suis Ia première à blAmer lesdéfauts de mon sexe, Je ne sais, si J'étais* en concurrence d'amants ou d'agréments avec vous, si Je ne vous trahirais pas. ti Dans le malheur des personnes qui nous sont les plof chères, il y a toujours quelque chose qui ne nous déplaît point,» a dit M. de la Rochefoucauld. M"** de Rieuz.
— Le chantre d'Éléonore adressa ces jolis vers à un de le^ •mis qui se désolait d'avoir été trahi par sa maîtresse :
Quoi ! tu gémis d'une inconstance ?
Tu pleures, nouveau Céladon?
Ah ! le trouble de ta raison Fait honte à ton expérience; Es-tu donc assez imprudent Pour vouloir fixer une femme?
Trop simple et trop crédule amant.
Quelle erreur aveugle ton Ame!
Plus aisément tu fixerais Des arbres le tremblant feuillage, Les flots agités par l'orage.
Et l'or ondoyant des guérets Que balance un zéphyr volage.
Elle t'aimait de bonne foi :
Mais pouvait-elle aimer sans cessef
Un rival obtient sa tendresse; (]o autre ravuit avant toi ; Et dès demain, je le parie.
Un troisième, plus insensé.
Remplacera dans sa folie L'imprudent qui Ta remplacé.
Il faut, au pays de Gythère^ A fripon fripon et demi.
Trahis pour n'être point trahi ; Préviens même la plus légère :
Que ta tendresse passagère S'arrête où commence l'ennui.
Mais que fais-je? et dans ta faiblesse
Devrais-Je ainsi te secourir?
Ami, garde-toi d'en guérir :
L'erreur sied bien à la jeunesse.
Va, l'on se console aisément
De ses disgrâces amoureuses.
Les amours sont un jeu d'enfant;
Et, crois-moi, dans ce jeu charmant,
Les dupes mêmes sont heureuses. Pabrt.
- Il n'est pas vraisemblable de croire qu'un seul amour se À la vie d'une femme; il lui faut une comparaison pour son amour ait une valeur et devienne durable. Les femmes n'ont en qu'une passion heureuse et sans secousse, n*ont K)nnu l'amour; il faut qu'elles aient été trahies une fois le sentir et l'apprécier. Joachim Duflot.
• Dieu a posé le travail pour sentinelle de la vertu.
Hésiode.
— Sans lui la liberté nous tourmente et nous pèse ;
Par lui des passions le tumulte s'apaise,
Les chagrins sont calmés, le vice combattu ;
II ajoute aux plaisirs, il nourrit la vertu. Delilli.
• Se livrer au travail, c'est ôter à l'amour et son arc et èches. Otia si toUas periôre cupidinis arcus. Ovide.
• C'est par le travail de l'esprit qu'on assure le repos dii
Jadcouht.
• Le travail est un don du ciel : il est le vrai lien de l'harie conjugale, il bannit l'oisiveté, il pourvoit à nos besoins nos plaisirs. En nous présentant de nouvelles jouissances,
il empêche les passions de s*égarer; quand il se combine iTee le désir de plaire à un objet aimé, il remplit Pâme d*uo seatimeot délicieui L'amour alors prête ses ailes au génie, et toi fait faire des prodiges. Je suis persuadé que tous ceux qoi ont excellé dans quelque art que ce soit, ont été amoureux; je ne connais point de chef-d'œuvre qui n'ait eu Tamour pour sajet ou pour objet. Bkbnardin de Saint-Piekie.
Voulez-vous que la paix dans vos cœurs se conserve?
Belles, que le travail vous occupe toujours :
Souvent Taiguille de Minerve
A brisé les traiisde TAmour. Sylvain Mabéchal.
— La passion rend incapable d'une application suivie; c'est avec effort qu'on écarte de soi une pensée qui suffit au bonheur, et tout ce qui distrait d'un objet adoré semble un vol fait à rtinottr. M"** DE Duras.
^~ Des zéphyrs que Flore rappelle.
Je voulais chanter le retour :
Je visChloé... qu'elle était belle!
Je ne pus chanter que l'Amour.
Je lui consacrai dès ce jour.
Tous mes vœux, mes vers et ma lyre :
C'est pour Cbloé que je respire,
Je ne chante qu'elle et l'Amour. Hobaci»
— L'amour est triste ; il ferme notre cœur à tous les plaisirs qu'il ne donne pas. M*"* Riccoboni.
— Un cœur languissant est tendre; la tristesse fait fermenter l'amour. J.-J. Rousseau.
— Il est moins triste de ne pas être aimé de ce qu'on aime, que de n'en plus ^tre aimé. M"* de l'Espimassb.
— L'amour fait tous les biens et tous les maux... Les caractères mélancoliques y sont les plus propres : qui dit amoureux dit triste; mais il n'appartient qu'à l'amour de donner des tristesses agréables. M"** de Lambert.
— On pourrait mettre au rang des plaisirs cette mélancolie que cause le premier amour, quoiqu'elle en fasse désirer de plus vifs. DucLOs.
— Un professeur de philosophie s'apitoyait beaucoup sur la fâcheuse position d'une Jeune femme dont la figure était momentanément enlaidie par les ravages d'une grossesse fort avancée. Un jour, comme il la voyait tristement appuyée sur une table»
— Saint dans les deux mains : — A quoi donc pensez-vous, ma e enfant?» lui deroanda-t-il avec intérêt. — Hélas! Monrépondit la victime d'un air dolent, je cherche à deviner ?st le polisson qui m*a mise dans cet état-là. A. R.