M"' DUNOYER
• Les hommes trompent les femmes dans le commencement
e intrigue, mais ils leur enseignent bientôt à les tromper
mêmes; elles deviennent semblables aux joueurs qui,
i avoii commeur^é psr être dupes, apprennent l'art de duper
utres. Pope.
— 5AJ —
Sur dîi hommes de treote-doq ans qui disent à um
femme ]e vous aime, il n'y en p«8 qq peut-être qai aime ¥ésiUblement. Certes les femmes trompeat aussi, nous le savensy mais elles trompent pour cadier ce qu'elles épnraveat, rbomme pour montrer ce qu'il n'éprouve pas.
. E RNEST LeGOU VÉ.
Pour se consoler d'avoir été trompé dans ses amoon, un
de mes amis chantait naguère :
Ma maitresse est volage, Mon rival est heureux ;
S'il a son p
C'est qu'elle en avait deux.
Et vogue la galère,
Tant qu'elle.
Tant qu'elle.
Et vogue la galère.
Tant qu'elle pourra voguer!
Puisse ce petit couplet, chanté chaque Jour à plein gosier, consoler dans leur malheur ceux qui seroni affligés comme mon ami! A. EL
— D'un caractère beaucoup plus sérieux, un autre pauvre diable récemment marié, se consolait de ses infortunes conjagaleti, en répétant sans cesse ces beaux vers dans lesquels il trou vait du moins un bon conseil : -
Laissons le petit-mallre et rimpudeuft cfBîqQe S'abreuver de scandale et vivre de critique, Et, sans frein, sans pudeur, déchirer de leurs traits Celles dont ils n'ont pu profaner les attraits; Laissons celte vermine orgueilleuse et sans âme Se parer des débris de l'honneur d'une femme ; Le bruit est pour le fat, la plainte pour le sot : L*honnéte homme trompé s'éloigne et ne dit mot
LAXon.
— Les femoKs veulent partout de restraordiDaire, et l'eitraordioaire n'est pas toujours possible : il est moins dangereux de les tromper que de rester auHlessous de ce qu'elles attendent. Rochebsune.
— Un mari peut ne pas savoir que sa femme le trompe, mais il n'est jamais sûr qu'elle ne le trompe point. M"* ne Sohkrt.
— On s'étonnait devant Champfort, que madame de N***, qui s'était jetée dans la dévotion depuis que la jeunesse l'avait quittée, ne cessât point cependant d'avoir des amants et 4e
les tromper. — Messieurs, répondit le poëte, ceui qui comptent sur la rémission de leurs péchés se gênent rarement pour en commettre ; leur conscience se blanchit comme un linge sale, et pour la plupart d'entre eui, Tabsolution n'est qu'une lessive. A. R.
— Le chansonnier Hoffmann se trouvant un soir dans un salon, fut prié de donner en peu de mots son opinion sur les femmes. — Mesdames, dit-il après quelques minutes de recueillement :
Vous savez mieux plaire et séduire.
Vous savez mieux aimer que nou$ ;
Vous avez un parler plus doux,
Vous avez un plus doux sourire ;
Mais pour compléter votre empire
Et nous mettre en tout après vous,
Mesdames, il me faut bien le dire :
Vous savez mieux tromper que nous. A. R.
— Les honnêtes gens aiment les femmes; ceux qui les trompent les adorent. Beaumarchais.
— Les femmes trompées sont toujours les plus folieis amantes. Richardson.
— Les femmes ont mis elles-mêmes parmi les devoirs d'un homme qui sait vivre, celui de les tromper en les flattant.
Félix Faulcon.
— J'ai entendu dire : il faut garder une femme, juste le temps de tromper votre prédécesseur; un instant de plus, c'est k votre tour d'être trompé. Alphonse Karr.
— Un mari trompé improvisa les vers suivants, après avoir admiré, dans la galerie du Louvre, le beau tableau deMignard, représentant Syrinx et ses femmes fuyant épouvantées à l'aspect du dieu Pan qui sort du fond des eaux :
A l'aspect du dieu Pan, Syrinx pâle et tremblante.
En invoquant les dieux se plonge au fond des eaux.
Un front cornu, sans doute, a causé l'épouvante.
Dont elle semble encor trembler sous les roseaux.
Hideux était jadis cet ornement de tête :
Les choses changent bien ! Eût-on dix pieds de crête,
Il n'est femme, en ce jour, qui d'un œil aguerri,
Ne les vit en riant au front de son mari. A. R.
— Femme! femme! créature faible et décevante!... nul animal créé ne peut manquer à son instinct ; le tien est-il donc de tromper ? Beau marchais.
- bàh —
•— Quand on n'aime pas trop, on D*aime pas assez.
BuSST-RABDTIir.
— Un peu d*amoar nourrit Tamour, mais trop d* amour le fait mourir. Montlosier.
— En parlant de sa maîtresse, un poëte avait dit avant le publiciste :
Je vais la voir, la presser dans mes bras.
Mon cœur ému palpite avec vitesse ;
Des voluptés je sens déjà l'ivresse,
Et le désir précipite mes pas.
Sachons pourtant, près de celle que j'aime.
Donner un frein aux transports du désir ;
Sa folle ardeur abrège le plaisir,
Et trop d'amour peut nuire à Tamour même. Parut.
TVTOTKR.
— Tu!
Cest de tous les pronoms le plus joli de tous. Que de jeunesse il donne aux phrases qu'il abrège! L*amour qui l'inventa Tenvie à l'amitié. Et ce qui manque au roi, c'est d'être tutoyé.
— Ce vilain vous peint la froideur ; Ce joli toi peint la tendresse; Vous souvent afflige le cœur.
Toi bien placé comble d'ivresse.
— Rien, en eflTet, n'est plus éloquent que ce petit mot dans la bouche de celui qu'on aime. Adroitement jeté dans nne conversation amoureuse, il fait craindre et rougir ; mais le coeur pardonne aisément ce que la passion se permet, et le pardon que l'on obtient est encore une victoire.
Adolphe Ricard.
— En amour, quand deux yeux se rencontrent, ils se tatoicnt. Alphonse Kair.