‹ L'amour, les femmes et le mariageChapitre 27 sur 228 · BIJOU · texte numérisé non relu

BIJOU

— Les daines qoi s*a]asteut avec tant de curiosité, et qui mettent beaucoup de perles et de diamants, retirent les yeux 4es hommes de dessus leur visage, pour faire contempler leurs habillements et leurs pierreries. L'éclat de leurs brillants efface celui de leur teint, et Ton considérerait bien mieux leurs t)eantés naturelles, si elles n'avaient point tant de beautés empruntées. Perrot d'Ablancoirt.

— Les bijoux de Cornélie sont la plus noble parure d'une mère. Bugnt.

— Le vieux duc de N..., qui avait été fort bon chasseur autrefois, se promenant par un beau soir d'été dans le parc de «on château de Norville, aperçut plusieurs jeunes filles qui s'amusaient, en compagnie de plusieurs garçous de leur âge, à ^imper sur les meules de foin. — Prenez garde, Mesdemoiselles, leur cria-t-il en riant, prenez-bien garde, les petits bijoux sont sujets à se perdre. A. R.

— Quelle est la femme, quelle est la sainte qui s^est trouvée Jamais en face d'un petit papier à tournure mystérieuse et agaçante, sans 7 porter curieusement la main? S'il en est une «eule, je demande à la voir ; s'il en est une seule qui ferme les yeux devant un billet doux, je lui vote un temple.

Louis Desnotebs.

— Une fille d'honneur doit toujours se défendre De lire les billets qu'un homme lui fait rendre. La curiosité qu'on fait lors éclater, Marque un secret plaisir de s'en ouïr conter.

Molière.

— Les amoureux ont toujours la plume à la main ; et de nos Jours, comme du temps de Regnard, on pourrait dire avec raison :

Si le papier qui sert aux amoureux billets Coûtait comme celui qu'on emploie au palais. Cette ferme, en un an, produirait plus de rente, Que le papier timbré n'en peut rendre en quarante.

'— C'est en s'écriant comme Ninon : — « Ah ! le bon billet <iu'a La Châtre ! » que la plupart des femmes se vengent secrètement de ceux qu'elles veulent punir. Adolphe Ricard..

BXiOBrDE.

—Une blonde n*est pas, à beaucoup près, aussi belle v)u*une traoe, mais elle est souvent plus jolie. Adrien Dupuî.

— Deux moines, chemin faisant, Se demandaient : « Dans le monde Lequel est le plus plaisant D'avoir une femme brune ou blonde?»

— « Frère, dit l'un.

Blonde ou brune, c'est tout un; Le poil ne fait point la femme ; Mais pour résoudre le cas, La meilleure, sur mon âme.

Est celle que l'on n'a pas. »

— Les blondes sont plus jolies que les brunes, mais les bru* nés à peau blanche sont plus belles que les blondes. Les femmes, en générai, sont plus belles que les hommes ne sont beaux, parce que la beauté leur est essentielle. Une grande femme est belle, mais il importe plus à une femme d'être jolie que belle. Et cela est si vrai, que lorsqu'on dit d'une grande femme qu'elle est belle Ion ne sent pas la même émotion que lorsqu'on dit d'une petite femme qu'elle est jolie ! Ici, l'eipression amène le désir de caresser. Auprès d'une belle femme, on éprouve moins ce désir, parce qu'elle inspire plus de respect qu'elle n'est appétissante et voluptueuse. A le bien prendre, je crois qu'une jolie blonde est plus jolie qu'une jolie brune, et qu'une belle brune est plus belle qu'une belle blonde..., mais qu'une jolie brune est jolie ! Rétif de là Bretoniœ.

BOmSEUR*

— Il n*7 a de véritable amour que celui qui s'occupe du boa» heur de l'objet aimé. HbloYsb.

— On veut faire tout le bonheur, ou, si cela ne se peut ainsi, tout le malheur de ce qu'on aime. La Bruyère.

— Le bonheur dans le mariage dépend de tant de convenances que c'est une folie de les vouloir toutes rassembler. Il faut d'abord s'assurer des plus importantes ; quand les autres s'y trouvent, on s'en prévaut; quand elles manquent, on s'en

passe. ROCHERRUNE.

— Un ami d'Helvétius lui demandait un jour s'il avait trouvé le bonheur dans le mariage. — Oui, répondit le philosophe, car

Je n*ai plus que pour ma femme, Tamour que J'avais autrcfoîf pour tout son sexe. A. R.

— Un grand obstacle au bonheur, c*est de s'attendre à un trop grand bonheur. Fontenelle.

— Une Jeune demoiselle reprochait à M., de La Trémouille de lui avoir pris furtivement un baiser. — Ma belle enfant, lui répondit le gentilbomme-poëte :

Dans ces prés fleuris une abeille Vole et vient s'enrichir d'un précieux butin ; Mais voit-on sur la fleur les traces du larcin ? Le baiser que j*ai pris sur ta bouche vermeille En me rendant heureux te laisse ta beauté :

Rose aimable, je suis Tabeille;

Mon bonheur ne t*a rien coûté.

— En amour, rhomme jouit du bonheur quMl ressent, la femme de celui qu'elle procure. Le plaisir de l'un est de satisfaire des désirs, celui de l'autre est surtout de les faire naître.

Meiluan.

— Quel sort ont les amants ! Entre eux

La peine, la joie est commune :

Ils obtiennent chacun, dans un échange heureux. Deux cœurs au lieu d'un cœur, deux âmes an lieu d'une; Et sentent, partageant leurs craintes, leurs désirs, La moitié des chagrins, le double des plaisirs.

Gabriel Legouté.

' — Pour savoir ce que c'est que le bonheur, il faut savoir vivre dans les autres, il faut aimer. Godwin.

— La femme se doit au bonheur d'un seul homme.

Bernardin de Saimt-Pierre.

— A vingt ans on cherche le bonheur comme un aveugle cherche un asile. Adrien Dupdt.

— Dans une de ses plus jolies épttres, le poëte charmant qui nous a laissé le Mérite des femmes, s'adresse à une jeune fille» et lui dit :

Vous cherchez le bonheur, je puis vous conseiller. Aux plus doux sentiments ne soyez pas rebelle ; Pour vivre indifférente un dieu vous fit-il belle? <

Créa-t-il sans projet ces yeux, où tour à tour

L'esprit et la douceur respire, .

Ce sein dont Tœil ému caresse le contour. Cette bouche où se peint un gracieux sourire? L'amour vous fit ces dons pour les lui rendre un Jour.

Voyez ce diamant d'où jaillit la lumière : Àoriez-Yous désiré qu'aux mains du lapidaire. Sous un voile jaloux enfermé constamment. Il eût toujours ravi sa beauté tributaire.

De la vôtre heureux ornement?

Voyez cette fille de Flore Qui. vous fait respirer Tbaleine du printemps : Auriez-vous désiré que, captive en tous temps

Dans le bouton qui vient d'éclore.

Elle vous eût caché ses parfums éclatants?

Voilà votre modèle, Aglaure :

Diamant, laissez-vous polir;

Tendre fleur, laissez-vous cueillir :

En prêtant sa richesse on s'enrichit encore.

Gabbiel Lbgouté.

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