LA JEUNE FILLE CRÉDULE
Déjà crédule en mon berceau, et croyais aux chansons que chantait ma nourrice; Je croyais à la fée, ou méchante, ou propice, A mes secrets trahis par un petit oiseau ; Je croyais au loup quand je n'étais pas sage; Je croyais voir aussi, répétant sa chanson, Le ramoneur tout noir venant à mon passage
Pour m*em porter dans sa maison.
Plus crédule quinze ans après, Car je croyais alors mille fois davantage. Je croyais aux serments, au silence, au langage, Et que nos regards seuls trahissaient nos secrets; Je croyais que Tamour durait toute la vie; Je croyais que toujours devait être éternel ; Je croyais qu'en aimant notre âme était ravie.
Comme les anges dans le ciel.
Je croyais tout cela... J'aimais !
Sa voix si doucement exprimait sa tendresse ! Celte voix me faisait d'incroyables promesses, Et je n*avais été si crédule jamais. . . Il m*a trompée, il ment... je crois tous les mensonges ; Je croyais à son cœur et je doute du mien ! Les chansons, les serments, les prodiges, les songes.
Hélas ! je ne crois plus à rien.
Jules de Rességdier.
-^Un jeone lion fort insolent fatiguait de ses protestations rtmoar une actrice qui a été fort à la mode, et qui en a profité. - Monsienr, loi dit-elle, vous me dites fort bien : je vous
aime ; mais sayez-Toas qae tout le monde m*a déjà dit la mém chose. — Eh bien ! reprit le jeune homme, pourquoi ne m croiriez- vous pas, Madame^ puisque jnsquHci tous avez cru toa le monde ? Bbaumanoir.
— Les croyances du cœur ressemblent aux grains d'un chapelet : qu*une seule se détache, les autres la suivent.
Charles de Beihaed.
— L*amonr fait trouver des eicuses à tons les crimes qu*il fait commettre. M"* de Sabtort.
— Les femmes sMmaginent qu'il n'y a qu'un crime dans c( monde. Ce crime, dont elles s'abstiennent par fois, a tant d'attrait à leurs yeui, que pour se dédommager de |ie l'avoir point commis, elles comptent les autres pour rien. Yodrg.
— Prenez la femme la pluis sensée, la plus philosophe, li moins attachée à ses sens ; le crime le plus irrémissible qa( rhomme, dont au reste elle se soucie le moins, puisse commettr envers elle, est d'en pouvoir jouir et de n'en rien faire. Lo femmes ne pardonnent point ce crime , moins par la privatioi qui en résulte pour elles-mêmes, que par l'indifférence qu'ellei y voient pour leur possession. J.-J. Rousseau.
— « Ne me défendez pas, Monsieur, je vous en prie, » di sait une jeune femme , accusée d'adultère, à un avocat qo voulait mettre officieusement à son service son éloquence e ses talents. — « Pourquoi donc , Madame , refusez-vous é vous laisser défendre? » lui demanda le président du tribunal — « Parce que je n'en vois pas la nécessité, » répondit la joli< coupable 9 et de fait, Messieurs , i^outa-t-elle en s*adressant i ses juges :
Pourriez-vous sans remords, ici, punir un crime
Que la plupart de vous voudraient avoir commis? A« B
— L'amour est la vertu de la femme; c'est pour lai qo'^1 se fait une gloire de ses fautes, c'est de lui qu'elle reçoit l'bé roYsme de braver ses remords. Plus le crime lui coûte à com mettre, plus elle aura mérité de celui qu'elle aime.
Geoigk Sard.
GRUAUTS.
— Il est plus de femmes cruelles à nos yeui, qu'à lem coeurs. J'en appelle à leur conscience. Aoikn Duput.
— Toutes les femmes cruelles ressemblent à celles d'An
», qui, après ayoir menacé TAmour da la crucifier, rédaîseo^ lopplice à le fouetter avec des roses. Mabiyaux.
CUHIOSXTÉ,
— La curiosité a perdu plus de jeunes filles que Tamour»
M"*DE PUISIEUX
— Les jeunes filles sont toujours fort curieuses d'apprendre ! que leurs mamans ont voulu ne pas ignorer.
Adolphe Ricard.
— La curiosité des femmes est recueil de leur vertu. Toute Ile qui veut trop savoir, ne tarde pas à vouloir pratiquer.
ROCHEBRUNE
— La curiosité des femmes est excessive, mais je crois qu^oo mt en réduire les motifs à deux articles : Ce qu*on pense 'elles en bien, ce qu'on pense des autres en mal. Voilà lessox grands objets de leurs recherches. ' Bernis.
~ Lorsque la nouveauté les tente et que la curiosité les- Misse, les femmes vont loin. Adolphe Ricard.
— Il y a plus de dangers à craindre auprès des femmes , que B fruits à espérer. Mulieres majori adeuntw periculo quam^ «cil». Saint François-Xavier.
— Les femmes qui sont malheureusement nées avec un c<eur ndrer devraient éviter jusqu'au commerce des hommes qui w: sont le plus indifférents, car tout est danger pour elles.
M"' d'Arconville.
— Une femme qui parle souvent des dangers de Tamour,. agoerrii sur les risques et se familiarise avec la passion ; c'est Nijours parler de Tamour, et Ton n'en parle guère impuné« wnt. DucLos.
— Une femme est en péril dès qu'elle est aimée avec arear. De quoi un amant passionné ne s'avise-t-11 pas pour rrirer à ses fins ? Fontenelle.
— Rien ne plait au grand nombre des femmes comme uo< «nme dangereux. Elles ressemblent à ces petits papillons octnmes qui tournent, tournent curieusement et frileusement ntow de la flamme, au risque d'y consumer leurs ailes.
Louis Dbsnoters»
Dans un verger Colinette Vit un jour un beau raisin :
Elle se croyait seulette*
Vite, elle y porte la main :
Prenez garde, Colinelte, L^amour veille en ce jardin.
Dans un coin, comme en tm gtte»
Le fripon Tattendait là ; \\ saisit sa main bien vite, Et de son arc la blessa :
La pauvre fille, interdite, Fit un cri, puis soupira.
— « Âh ! ah ! dit-il, ma poulette.
Vous venez donc vendanger !
La faute, belle indiscrète
Va vous donner à songer :
En vendante une fillette
Court souvent plus d'un danger. »
— Les femmes pressentent les dangers qui les menaceo avec une telle rapidité de coup d'oeil et un instinct si merveil< leux, qu'on peut être assuré que le péril leur plaît quand ellei oe font rien pour Péviler. âdclphf. Ricard.