DOUTE
— On souffre de si poignantes douleurs quand on doute si J'oo est c. . . que je regarde la certitude du fait comme une grande voippté. Georges Damoin.
— A Paris, ce n'est pas comme à Rome :
Le c... qui s'afflige y passe pour un sot. Et le c... qui rit, pour un fort bopnête bonome. Quand on prend comme il faut cet accident fatal , Gocuage n*est point un mal. La Fontaine.
— Dans Tamour jaloux, l'incertitude est le pire de tous les maox , jusqu'au moment où la réalité nous fait regretter Tin- <xrtitiide. Blondel.
—Quand on aime, on doute souvent de ce qu'on croit le plos. La Roghefougadld.
— Un libraire dont Rivarol s'était souvent raillé parce qvCt\ o'avfiit point d'enfant, quoiqu'il fût marié depuis plusieurs Aoaée«, aqcourut un jour, tout glorieux de l'aventure, lui dire eo se .rengorgeant que son épouse venait d'accoucher d'un gros «argoQ. — Mais, mon ami, je n'ai jamais douté de votre femme, M dit en riant le célèbre écrivaiu. A. R.
-^ Qa'on homme d'esprit ait des doutes sur sa maîtresse, ttla^e eoqcoit; mais sur sa femme !... il faut être par trop bète. BàU4C.
— Ma? is , avez-vous quelque doute.
Ne cherchez point à l'éclaircir :
Le moins qu'il en coûte.
C'est un repentir.
'^Toqjonrs up peMt doutis ^ ealmer, voila ce q^l fait la vie ^l'amoar heureux. Comme la crainte ne l'ab^ndopne jamaif, *tt plaisirs ne peaveat jamais ennuyer. Sxendhal.
— Doutez, Ophélia, de tout ce qui vous platt. De la clarté des cieux, du parfum de la rose; Doutez de la vertu, de la nuit et du jour;
Doutez de tout au monde , et jamais de Tamour
Doutez, si vous voulez, de Tètre qui vous aime.
D'une femme ou d'un chien, — mais non de Tamour même.
L'amour est tout
Aimer est le grand poiut, qu'importe la maîtresse ? Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse?
Alfred de Musset.
— Un huissier dont la femme était jeune et jolie, disait un Jour que de tous les maris de sa petite ville, il ^tait assurément le seul qui ne fût pasc... — Ah ! monsieur, doutez, doutez plutôt , fit un philosophe qui Tentendir, le doute est l'oreiller d'une tète bien faite. A. R.
DUPZ.
— En amour, on mérite d'être dupe quand on ne cesse pas de l'être aussitôt qu'on s'en aperçoit. M"* d^Abgohvilli.
— ... On est aisément dupé par ce qu'on aime. Et l'amour-propre engage à se tromper soi-même.
MOLIÈBB.
. «^ Entre deux personnes qui s'aiment, celle qui a le ooeurle plus tendre est toujours un peu dupe, mais elle jouit davantage. M"* DE l'Espinasse.
— Celui qui craint d'être dupe dans ce monde ne peut trop •e méfier de la probité des hommes et de la sagesse des femmes.
DtDEaOT.
— Une des meilleures raisons qu'on puisse avoir de ne M marier jamais, c'est qu'on n'est pas tout à fait la dupe d*ani femme tant qu'elle n'est point la vôtre. Champfort.
— > Dans les liaisons de cœur il y a presque toujours mu dupe, mais le bonheur est de son côté. P. Rochpèdib. *
— Au dernier bal masqué que l'Opéra donna le jour de II mi-carême, j'entendis ce petit dialogue que deux lorettei échangèrent entre elles : — Vois donc, Nini, y en a ty d'en pierrots autour des buCTets! — Oh oui! y en a ! — Eh bien! c'qui foisonne encore davantage, sals-tu quoi, ma chère? — Qu'est-ce donc, Fifine? — Comment, tu ne devines pas?' Non. — Oh ! q't'es bête, va!... Eh bien ! Nini, ce sont les pi geons... pour ma part j'en ai déjà plumé trois. A. B«
— Oa se bat moins Yolontiers contre le mari d'ane jolie femme que contre son amant. Avec celui-ci, on peut espérer de profiter desa défaite, avec Tautre on n'espère plus rien.
M"*' DE Sartobt.
— II n*7 a rien de si fou que de se couper la gorge pour une fen^ne : il n^y en a pas une qui voudrait se priver du plus faible de ses charmes pour Thomme qu*elle aime le plus.
Adbibn Doput.
^ L*amour ne s*explique plus par le duel , mais par l'enchère, cr Cest avec de l'or, et non avec du fer, qu'on m'obtient, ■ disait une fille, à deux hommes qui se battaient pour elle. Le mariage n>st à proprement parler qu*une adjudication à la bougie éteinte ; le dernier qui a parlé se couche.
Lemontet.
— Les hommes sont devenus si pacifiques, et les femmes si ttges, qu^on n'entend plus raconter que des aventures galantes où Ton ne fait point répandre un sang précieux à l'État. Les femmes ont pris le noble parti de faire des heureux, et les hommes prudents se contentent de l'être. M*"* de Rieux.
— Dans les antiques duels judiciaires entre un homme et vne femme, l'homme était d'ordinaire placé dans un trou juft- (lu'à la hauteur de Testomac, afin de faire descendre sa force au Direan de celle de la femme, et celle-ci le frappait avec un roile qui enveloppait une pierre... Mais, de nos jours, daus les duels conjugaux, il semble que ce soit l'homme qu'on laisse Kbre, et la femme qu'on mette dans un trou. Elle a bien encore le voile pour se défendre, mais on en a ôté la pierre.
Jeam-Paul Richter.
— n n'y a que la sottise et la fatuité qui puissent porter un komme à se battre pour une femme. Ceux qui en viennent là, tiennent beaucoup plus k prouver qu'ils sont heureux, qu*à oalter la vertu de la femme accusée. Bellbgarigue.
. •— lorsque deux amoureux se disputent une femme les armei à,la main, il y a presque toujours derrière eux un troifième personnage, qui rit d'autant mieux de leur sottise, qu*il ne risque rien quoiqu'il obtienne tout. Adolphe Ricard.
— Durât-il on siècle , l'amour heureux n*est jamais qu'un losunt. Properck.^
IIWU». ^j
-^11 est difficile d*arracher de sod cœur une passion qui a duré longtemps. Difficile est kmgum subito deponere amorem.
Catdlle.
— L*aniour est un commerce si agréable qu*on a bien lîût de lui donner le plus de durée que Ton a pu : Que serait-ce si Ton était reçu dès que Ton s^ofTrirait? Que deviendraient tous ces soins qu*on prend pour plaire, toutes ces inquiétudes que l'on sent, quand on se reproche de n'avoir pas assez plu?-^ Tous ces empressements avec lesquels on cherche un moment heureui, tout cet agréable mélange de plaisirs et de peines, qu'on appelle amour, tout cela serait bien insipide, si l'on ne faisait que s'entr'aimer. Fomtenelle.
— La plupart des' amours ne sont point durables ; il en est comme du bois, qui, à force de nous cbauflEer, se consume luimême. Fbédébic II.
' — Les hommes ont un but dans Tamour ; la durée de ce sentiment est le seul bonheur des femmes. M*"* de Staël.
— L'amour a si bien la coDscience de son peu de durée, qu'on éprouve un invincible besoin de se demander : M'aimet-tn? M'aimeras-tu toujours ? Balzac.
— Pourquoi tous les amours , même les plus délicats, finissent-ils? C'est qu'on s'imagine y goûter des plaisirs qu'on n'y trouve pas ; c'est que, chez presque tous les mortels, l'imagination est plus active que le cœur n'est sensible. Muiabeau.
— Un poëte, qu'un accident avait momentanément privé de fusage de sa main droite, écrivit ces jolis vers le jour OÙ il pQ^ reprendre sa plume :
Revenez sous mes doigts, instrument 91e J'Adore»
Plume que je tirai de l'aile de l'Amour.
Trop heureux si ce dieu daignait sourire «aeore
C«mme il sourit «u premier jour! A* &.
-^ Pour une femme qui compose, tmnariest une distraction eootihuelle. IHifseshe.
— Les femmes qui se sont mêlées d'écrire auraient rnien^ fait de broder. Admsson.
— La plupart des femmes qui se sont illustrées par leurs écrits se sont fait remarquer par leurs faiblesses. C'est qu'eO devenant hommes par la tête , elles sont restées femmes par l^ cœur. Adolphe Ricàfio.
— Quand on écrit des femmes« il faut tremper sa i^nef^
éUÈB Tare en fiel,- el )«iertar fa ligpe ia pouasière des ailes du papiiloD. Comme le petit chien du pèlerin, à cbaqub fois qu*OD secoue la patte, il faut qu'il en tombe des perles. DiosaoT.
— Une femme se faisait peindre; ce qui lui manquait pour être belle, était précisément ce qui la rendait jolie. Elle voiî* laitqa*on ajoutât à sa beauté, sans rien ôter à ies grâces; elle voulait tout à la fois, et que le peintre fût infidèle , et que le portrait lût ressemblant : voilà ce qu'elles seront toutes pour réerivain qui doit parler d'elles. Dbsmabis.
— Je permets à onefemme d'écrire au public sous trois con- ^lioos :
I* Qu'elle aura toujours les dents propres et du linge blanc;
2* Qu'elle s'occupera de ses enfants au moins un quart d'heure pir jour ;
3** Qu'elle ne se moquera de son mari que médiocrement et tD petit comité de sept personnes au plus, y compris le patine. LE]I0NTET(1).
—Une femme qui écrit a deux torts : elle augmente le nombre des livres, et elle diminue le nombre des femmes.
Alphonse Kabr.
— - Quand on écrit sur les femmes, il faut toujours se ré- Knrer le droit de rire de ses idées de la veille.
Adolphe Ricaed.
JÉDUOATION.
— T a-t-il rien de plus bizarre que de voir comme on agit, pour l'ordinaire, en l'éducation des femiçes ? On ne veut point <pi'elles soient coquettes ni galantes, et on leur permet pourtant d'apprendre soigneusement tout ce qui est propre à la galanterie, sans leur permettre de savoir rien qui puisse fortifier leur vertaou occuper leur esprit. En effet, toutes ces grandes répri- OModes qu'on leur adresse dans leur première jeunesse, de n'être pas assez propres, dé ne s'habiller pas d'assez bon air, et <le o'étudier pas assez les leçons que leurs maîtres à danser et à clianter leur donnent, ne prouvent-elles pas ce que je dis? Et ce qu'il y a de singulier, c'est qu'une femme, qui ne peut dau- Mr sTec bienséance que cinq ou six ans de sa vie, en emploie dix ou dogize à apprendre continuellement ce qu'elle ne doit fiire que cinq ou six ; et, à cette même personne qui est obli- S^e d*avoir du jugement jusqu'à la mort et de parler jusqu'à son
(i) Lisez sur ce sujet un charmant petit volume intitulé : Il ne faut pêi 1^ kt femmes sachent lire. Prix : 00 centimes.
deraier soupir, on ne lui apprend rien du tout qui puisse ni la faire parler^plus agréablement ni la faire agir avec plus de conduite ; et , vu la manière dont il y a des femmes qui passent leur vie, on dirait qu'on leur a défendu d'avoir de la raison et du bon sens , et qu'elles ne sont au monde que pour dormir; pour être grasses, pour être belles, pour ne rien faire, et pour ne dire que des sottises. M"* de Scudébt.
— La seule chose qu'on leur ait apprise, c'est à bien porter la feuille de figuier qu'elles ont reçue de leur première aïeule* Tout ce qu'on leur a dit et répété dix- huit à dii-neuf ans de suite se réduit à ceci : Ma fille, prenez garde à votre feuille de figuier ; votre feuille de figuier va bien, votre feuille de figuier va mal. Dwebot.
— C'est par Téducation des femmes qu'il faut commenew celle des hommes. J.-B. Sat.
— C'est surtout peut-être sur le sexe séduisant qu'il faudrait travailler; car chez presque toutes les nations policées, avec Papparcnce de l'esclavage, il commande en effet au sexe dominateur. Mirabeau.
— Les ignorants sont les ennemis nés de l'éducation des femmes. Aujourd'hui, ils passent leur temps avec elles, ils leur font l'amour, et en sont bien traités. Que deviendraient- ils si les femmes s'avisaient d'apprendre quelque chose? Ils seraient ruinés de fond en comble. Stendhal.
— Les Scythes crevaient les yeux de leurs esclaves afin qu'ils n*eussent point de distractions en battant le beurre. Il y a aussi des gens qui crèvent les yeux au rossignol afin qu'il chante mieux. Ne serait-on pas tenté de croire qu'une pensée analogue préside à l'éducation qu'on donne aux femmes? On semble appréhender que, si leur intelligence n'est aveugle, elles ne soient de moins bonnes ménagères ou de moins agréables babillardes.
Daniel Stern.
— Élever un homme, c'est former un individu qui ne laisse rien après lui ; élever une femme, c'est former les générations avenir. Ed. Laboulaye.
— Si l'on dépensait, pour l'éducation d'un certain nombre déjeunes filles, les sommes qu*on prodigue tous les ans pour l'asmusement des oisirs du Jockey club, on obtiendrait assurément un double bénéfice : on aurait quelques femmes sensées de plus, et beaucoup de chevaux étiques de moins. Adolphe Ricard.
— Quand , chez les femmes, Timpudence est jointe à la laidear, elle devient encore plus sensible et plus choquante ; et il est sûr qu'on couvrirait plutôt de soufflets que de baisers un visage laid et effronté. J.-J. Rousseau.
-Bien ne contribue tant à la perte de notre réputation que Vair effronté. Celles qui Tout sont soupçonnées bien avant que d'avoir mérité les soupçons. M"^ de Ribux.
— Serait-ce par un effet de la pudeur et du mortel ennui ((D'elle doit imposera plusieurs femmes, que la plupart d'entre elles n'estiment rien tant dans un homme que Teffronterie? ou prennent-elles reffronterie pour du caractère? Stendhal.
— L'amour est un enfant peu difficile eu Jouets : il ballotte •isfii bien un pauvre hère qu'un potentat. M"* de Pdisieux.
— : Le véritable amour ne connaît que des égaux.
Lope de Véga.
— L'amour est républicain né. Sylvain Maréchal.
— L'amour égale sons sa loi La bergère ainsi que le roi.
Sitôt qu'il en fait sa maîtresse.
Sitôt qu'il a pu l'engager, La bergère devient princesse , Et le prince devient berger.
—C'est l'effet le plus ordinaire de l'amour d'égaler les cooditions. L'abbé Prévost.
— Diane, si sévère au milieu des déesses. Laissa, pour un berger, échapper ses caresses : On ne peut le nier, quoique les bois, la nuit. Fussent les seuls témoins de ses faveurs secrètes....
Mais les nymphes sont indiscrètes, Et les moindres baisers font encore quelque bruit.
Gabriel Legouvé.
*~ L'amour, comme la mort, se platt à confondre les conditioni. Ratnal.
» C'est en vain que l'on se prévaut De son rang et de sa noblesse :
Du même trait, quand il nous blesse, Cupidon nous met de niveau.
^ L'amour met de niveau l'esprit et la bêtise. Gresset.
— La première faate eotre des gens mariés est de se man* quer d*égard8. M"^ de Pdisieox.
— Voulez-vous goûter et couserver le boubeur dans un état où il est si rare , ayez toujours Tun pour Tautre la considéraiion , les attentions et les égards que vous aviez avant le mariage. Redoublez Jes mènie, s'il est possible : il est plus difficile d'entretenir l'amour que de le faire naître.
L'abbé Blanchabd.
— Un honoète homme doit toujours avoir pour sa femme les égards qu'il avait étant son prétendu. Ajhiien Ddput.
ÉaOlSMM.
— La femme égoïste est un monstre : la nature ne Ta faite que pour autrui. M"* de l'Espiicasse.
— L'amour n'est trop souvent qu'un égolsme ardent qui finît par s'immoler sa propre idole. M**' de Gharrière.
— L'égolsme de la femme est toujours à deux.
M"** de Staël.
— Le mariage a la propriété de rompre tous les liens antérieurs pour y substituer l'égolsme. Cu. Fourisr.
— La femme est bien moins personnelle que l'homme : elle parle moins d'elle que de son amant. L'homme parle plus de lui que de son amour, et plus de son amour que de sa maltresse.