FAT
—Le fat est entre rimpertinent et le sot : il est composé de Tun et de l'autre. La Bruyère.
— Tous ces galants de cour dont les femmes sont folles Sont bruyants dans leurs faits et vains dans leurs paroles; De leurs progrès sans cesse on les voit se targuer ; Ils n'ont point de faveurs qu'ils n'aillent divulguer, Et leur langue indiscrète» en qui l'ou se confie, Déshonore l'autel où leur cœur sacrifie. Molière.
— En France, la plupart des femmes ne font aucun cas d*ua Jeaoe homme jusqu'à ce qu'elles en aient fait un fat. Ce n'est ^o'alors qu'il peut flatter la vanité. DucLot.
— La nattfre fait les sots, et les femmes les érigent en fats.
Adrien Duput.
— Quand les femmes s'affichent , ce n'est presque jamais pour on honnête homme : c'est pour un fat. Et qu'est-ce qu'un fit sans sa fatuité ? Otez les ailes à un papillon , c'est une che- Dille. Champfort.
— Je ne connaîtrais rien de si misérable que le rôle d'une coquette, si celui de fat n'existait pas. M"* de Sommert.
—Le fat n'est qu'un sot enivré d'admiration pour lui-même, et encouragé dans ce ridicule sentiment par des femmes un peu plus sottes que lui. Laténa.
— Ce qui aide souvent un fat à réussir auprès des femmes, c'est Tespèce de gloire qu'elles trouvent à se faire aimer de ceux qai s'aiment tant eux-mêmes. Lingrée.
— Mademoiselle D , se trouvant engagée pour quelques
représentations au grand théâtre de Bordeaux, reçut un matin la visite d'un jeune fat assez mal tourné, qui lui fit très cavalièrement l'offre de tout ce qu'il possédait : son cœur et vingtcinq louis. — Jeune homme, lui répondit la comédienne en lui montrant la porte, si vous me plaisiez, je vous en donnerais cent. A. R.
— Quand vous entendez un fat dire beaucoup de mal d'une femme, vous pouvez être assuré qu'il en pense beaucoup trop bien. Louis Di^snoyers.
— Les fats se vantent à tout propos d'Ôtre toujours en bonne fortune. C'est possible. Si la conformité fait naître l'amour, est-il étonnant que les femmes se passionnent pour des hommes qoi leur ressemblent, et qu'il y ait assez de folles de l'autre sexe pour aimer les sots du nôtre? G. Walsu.
— ÏI« —
— La fatuité platt aux femmes parce qa*elle attire Tattentioi promet beaucoup, et les aide à se décider. Laténa.
— Les fats sont comme les échaudés, dont le dehors estbril laut et dont le dedans est TÎde. Adolphe Ricard.
— Les femmes sont fausses , nous dit-oo ; non, elles le de viennent. Le don qui leur est propre est Tadresse , et nou pi la fausseté. Dans les vrais penchants de leur sexe, même e mentant, elles ne sont point fausses. Pourquoi coosuItez-YOc leur bouche, quand ce n'est pas elle qui doit parler? Consaltf leurs yeux, leur teint, leur respiration, leur air craintif, ieo molle résistance : voilà le langage que la nature leur dont pour vous répondre. La bouche dit toujours non, et doit I dire ; mais Taccent qu'elle y joint n'est pas toujours le menu et cet accent ne sait point mentir. La femme n'a-t-elle pas 1( mêmes besoins que l'homme, sans avoir le même droit de 1< témoigner? Son sort serait trop cruel si, même dans lesdésii légitimes, elle n'avait un langage équivalent à celui qu'el n'ose tenir. Ne lui faut-il pas un art de communiquer ses pei chants sans les découvrir? Combien ne lui imporle-t-il pi d'apprendre à toucher le cœur de l'homme sans paraître songt k lui? Quel discours charmant, n'est-ce pas, que la pomme ( ôalatée et sa fuite maladroite ? Que faudra-t-il qu'elle ajoa à cela? Ira-t-elle dire au berger qui la suit entre les saol qu'elle n'y fuit qu'à dessein de l'y attirer? Elle mentirait, poi ainsi dire; car alors elle ne l'attirerait plus. Plus une femme de réserve, plus elle doit avoir d*art, même avec son mari.
J.-J. Rousseau.
— Une première aventure qui inspire la fatuité à un jeai homme, rend la fausseté nécessaire aux femmes; on aobIi( un sexe à rougir de ce qui fait la gloire de l'autre. Duclos.
— Je me souviens d'avoir vu un homme quitter les fiU' d'Opéra, parce qu'il y avait trouvé, disait-il, autant de fausse que dans les honnêtes femmes. Chahpfort.
— Les femmes sont fausses dans les pays où les homm* «ont tyrans : partout la violence produit la ruse.
Bernardin de Saint-Pierre.
— Tout n'est qu'hypocrisie dans l'éducation actuelle, d' puis le caractère du bambin qui pleure et feint la souffran pour forcer sa mère à l'obéissance, jusqu^au caractère de jeune fille qui se dit sans amour, sans amant. L'âge de tram tion amoureuse ou âge nubile est l'époque d'un redoubleme
4e faosseté que le mariage ne fait qu'accroître. Le monde galant, chez nous, est un bal masqué universel , où les hommes w le cèdent pas aux femmes en travestissements ni en astuce. Us ont le talent de diffamer le sexe faible , tout en feignant de Tencenser. . . Il est évident que les femmes, comprimées en tout sens, n'ont de ressource que la fausseté. Le tort en retombe sur le sexe persécuteur et sur la civilisation qui , eu imoor comme en politique, asservit le fort au faible.
Charles Fourier.
^ La fausseté est aussi nécessaire aux femmes que le corset.
Charles Lehesle.
— L'amour qu'on veut avoir ne vaut jamais celui qu'on a.
— Quelque délicat qu'on soit en amour , on pardonne pin» de fautes que dans l'amitié. La Bçutère»
^- A quiconque a beaucoup aimé Beaucoup de fautes sont remises.
— En amour, ce ne sont pas toujours les fautes qui non$ perdent : c'est la manière de se conduire après les avoir faites.
M*"* DE Lambert.
— Cest presque toujours la faute de celui qui aime de ne pas connaître quand on cesse de l'aimer. La Rochefoucauld.
— Toutes les passions nous font faire des fautes , mais l'amoor nous en fait faire de plus ridicules. La RocHEFOuCArLD.
— Ce ne sont pas toiyours les fautes qui nous perdent, ce lODt le plus souvent les personnes avec qui nous les commettons.
M"* GUTOT.
— ■ La plus grande faute qu'une femme puisse faire, quand elle a un amant, c'est de dire trop de bien de lui à lui-même: cela le rend vain, et il abuse tôt ou tard de l'empire qu'il croît •voir acquis. M"* de Rieux.
— La plus honnête femme peut faire une première faute ; l'irtifice peut persuader, la nouveauté surpremire par ses^ charmes. Une première faute est l'enfant de la simplicité; mais toates les autres sont la production du crime. Goldshith.
— Une femme qui a commis une première faute, s'en tient li difûcilement. Elle ne consentira Jamais à se dire que tel homme sera son dernier amant. Rochebhone.
— Les femmes sont plus impitoyables pour les fautes des antres femmes que les hommes. Blondel»
— 11 y a deux manières bien différentes de juger les fautes
des époux : si c*est au tribunal de l'amour, le mari inOdèleest ie plus coupable, parce qu'il a plus de force pour réprimer sei passions ; mais relativement à Tordre civil , les fautes de II femme sont plus graves, à cause des conséquences. Lévis.
— Chez une femme pauvre , les fautes , de celles que le monde flétrit, passent pour une conséquence de son état de fortune; chez une femme de condition médiocre , et qui a sel entrées dans la société, on ne les pardonne pas; chez ane femme riche ou de haute naissance , on en jase pendant huit ]ours, puis on oublie, et elles finissent par passer pour une chose toute simple. Le mal est grand en proportion qu'on est moins riche. Xavirr Etva.
— Une femme ne pleure bien sincèrement sa faute qa'après avoir perdu ses illusions sur celui qui la lui a fait commettre. Laténa.
— La femme qui cache ses fautes en reut faire encore.
Grégort.
— La plus amère punition de nos fautes, c'est qu'elles noas mettent presque toujours dans la nécessité d'en commettre de AOUTelles. Daniel Stbrn.
— Dans le crime'il suffit qu'une fois on débute; Une chute toujours attire une autre chute. L'honneur est comme une tle escarpée et sans bords : On n'y peut plus rentrer dès qu'on en est dehors.