‹ L'amour, les femmes et le mariageChapitre 86 sur 228 · FIGURE · texte numérisé non relu

FIGURE

— Une belle figure est une recommandation muette.

— Tant que deux figures ont quelque chose à démêler ei semble, il est impossible qu'entre les femmes qui les portent se forme une solide amitié. Deux marchands qui ont la mêa étoffe à débiter, peuvent-ils devenir de bons voisins ?

Ninon de Lenclob.

— Quelque figure que prenne un amant, il n'y en a poii de si avantageuse pour lui que celle d'un amant heureux.

Lettres portugaises.

— La pâleur divinise la beauté des femmes et eonoblit jeunesse des hommes. George Saiid.

Les femmes n'ont qu*un temps fort court pour plaire par réments de la figure. Quand une fois elles ont quarante lies ont beau avoir été belles et Tétre encore, les grâces Dent avec la jeunesse, et les amours avec elle. On s'aper- ^ec dépit que l'on ne fait plus la même impression de

sur les bommes, et Ton tombe dans la tristesse, à moins ne soit assez raisonnable pour se consoler des ravages du . Il y a des femmes assez folles ou assez beureuses pour r ces ravages. Madame la marquise de R*** avait été très emme et fort galante. Le goût des ajustements coquets it resté dans un Age fort avancé. Il y avait quarante ans i femme de chambre lui demandait le matin quelle robe mlait ce jour-là ; et la marquise répondait, depuis quaans : — Ma robe couleur de rose et des rubans vert gai ; outait-elle, j'en mis hier, j'en peux bien mettre aujour-

— En faisant le même raisonnement tous les jours, ussit à mettre à soixante ans une robe couleur de rose et ibans vert gai ; et quand elle mourut, on lui faisait une oulenr de rose et elle portait des rubans vert gai. — Vous nademoiselle ; hélas ! où sont les femmes qui ne ressempas sur ce point à la marquise de R***? J^en connais une ngédia son amant parce qu'il avait eu la sincérité de lui i quarante ans, que la coiffure en cheveux ne lui seyait lependant à cet Age, n'a pas un amant qui veut !

M"* DE RlEUX.

Il est peu de femmes qui aient des qualités réelles; c'est ir figure que dépendent leurs vertus. Telle qui se trouve se dévoue à la sagesse par humeur, et telle autre qui se i jolie forme le dessein de devenir galante. Marivaux. Une actrice dont notre galanterie ne nous permet pas de T le nom, assistait hier à la première représentation du lète. Elle était en grande toilette, tenant à la main un ifiqne bouquet de roses, et affichant aux regards du public sage plus fleuri qu'elle ne l'eût voulu. L*auteur de Diane 'S arrive ; il promène sa lorgnette sur l'assistance, apere bouquet et ce visage, et se penchant à Toreille d*un de oais, il lui dit, en lui désignant la coupable :

A Flore elle a fait un larcin.

C'est un printemps en miniature ;

Elle a les roses dans la main

Et les boutons sur la figure. Villemessent.

^D huissier que la nature avait gratifié d'un nez des plus ^ines, cherchait à se marier; mais comme il ne trouvait point

de femme qui voulût de lui, il s*ea affectait beaucoup. Sa amis, inquiets de le voir chaque jour plus triste et plus désespéré, s*assemb1èreDt; et Tun d'eux, qui connaissait la cause do chagrin de son camarade, se mit à dire : — Pourquoi diable aussi veut-il à toute force s'afTubler d'une légitime? — Oh! je le sais bien, o^i, répondit un feuilletoniste qui se trouvait là, et, certes, à sa place j'en ferais tout autant. — Pourquoi doocl lui demanda-t-on avec curiosité. — ('omment ! vous ne deviaei pas? .. Parbleu, reprit en riant le rival de M. de Biè>re, c'etl pour avoir un nouveau-né. A. R.

— La figure d'une femme, quelle que soit la force ou Tétendue de son esprit, quelle que soit Pimportance des objeU dont elle s'occupe, est toujours une raison dans l'histoire de a vie. M"* DE Staël.

— Quand on est sûr de l'amour d'une femme, on examiD( si elle est plus ou moins belle; si l'on doute de son cœur, oan'i pas le temps de songer à sa figure. Stendhal.

— Il y a des hommes que leur figure condamne fatalemeu au ridicule. A peine sont-ils maric^s que l'on peut déjà lire soi leur front ces trois m.)t$ fatidiques : je le fus, je le suis, je l serai. Avec un mari de cette espèce, la femme la plus vertueu» ne peut l'être longtemps ; car le monde, qui ne croit plus au: miracles, lui donne insolemment jusqu'aux amants qu^elle re fuse. Adolphe Ricard.

— Les belles filles sont sujettes à venger ceux de leur amants qu'elles ont maltraités, ou par de laids, ou par d vieux, ou par d'indignes maris. La Bruyère.

— .... Il faut qu'une fille obéisse à son père, Youldt-il lui donner un singe pour époux. Mouèbi

— Les petites filles, presqu'en naissant, aiment la parure non contentes d'être jolies, elles veulent qu'on les trouve tell» On voit dans leurs petits airs que ce soin les occupe d^à; et peine sont-elles en état d'entendre ce qu'on leur dit, qu'on le gouverne en leur parlant de ce qu'on pensera d'elles.

J.-J. Rousseau.

— Les filles apprennent à sentir plus aisément que les bon: mes apprennent à penser. Voltaire.

— Une fille à dix-huit ans est très propre au mariage, car c« âge éprouve la brûlure de la chair. Luther.

-— Ainsi que les épis, quand les filles jaunissent. C'est le vrai temps de la moisson.

— Toutes lesjeanes filles enragent de se marier. Elles jugent de celles qui le sont, comme ces moineaux qui sMmaginent, en voyant un des leurs s'ébattre dans une belle cage, qu'il est le plus henreui moineau du monde. Rochebrune.

— L*étonnement et Tespérance sont. puissamment secondés par le besoin d'amour et la mélancolie que Ton a à seize ans. L'inquiétude de cet âge est uue soif d'aimer ; et le propre de la loir est df n*ètre pas excessivement difficile sur la nature du fcreavage que le hasard lui présente. Stendhal.

— Ta joue est pâle, jeune fille,

Est pâle comme un lys en fleurs.

Dans tes yeux une larme brille,

Chaque jour tu dis à ton cœur :

Oh ! mon cœur ne bats pas si vite,

Sommeille mon cœur si tu peux ;

Et tu souflres, pauvre petite,

Et tu ne sais ce que tu veux. Lamartine.

■-Les hommes et les femmes aiment plus les petites filles <1Q^ les petits garçons : l'homme voit déjà sa maltresse dans la petite fille ; et la femme,' dans le petit garçon, ne voit que Tanaotd'une autre femme. Grétby.

—Une fille que l'on condamne à l'hymen en appelle tôt ou tard à l'amour. - C'est une ennemie, dit Plaute, qu'une épouse 9^1 l'est contre son gré. »

— Sachez que d'une fille on risque la vertu,

Lorsque dans son hymen son goût est combattu ;

Que le dessein d'y vivre en honnête personne

Dépend des qualités du mari qu'on lui donne ;

Et que ceux dont partout on montre au doigt le front

Font leurs femmes souvent ce qu'on voit qu'elles sont.

Il est bien difficile enfin d'être fidèle

A de certains maris faits d'un certain modèle;

Et qui donne à sa fille un homme qu'elle hait.

Est responsable au ciel des fautes qu'elle fait. Molière.

■^J'ai vu souhaiter d'être fille, et une. belle fille, depuis tniie ans jusqu'à vingt-deux, et après cet âge de devenir lH)mnie. La Brutèrk.

-• Une fille bien élevée, disons mieux, bien gardée, s'enor- Mlit de sa vertu, parce qu'elle s'i!»agine ne la devoir qu'à *"e-inême ; mais c'est toujours un esclave rigoureusement en- <!batDé qui veut qu'on lui sache gré de ce qu'il ne prend pas la folle. Ninon de Lenclos.

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