‹ L'amour, les femmes et le mariageChapitre 88 sur 228 · A UNE JEUNE FILLE · texte numérisé non relu

A UNE JEUNE FILLE

Veax'tu, charmante enfant, conserver la tranquillité de ton ^r et le bonheur de tes belles années ? évite l'Amour : c'est on enchanteur qui nous frappe à l'instant même où il rit et nom caresse. Si donc il te prie et te supplie, sois sans pitié, ma ^te belle; s'il promet, ne crois pas à ses serments; s'il s'approche, sauve-toi ; les charmes par lesquels il nous séduit ne sont qu'un éclair; mais, en amour, l'éclair v est toujours suivi ^ la fondre. Métastase.

— La pudeur d'une jeune fille doit aller Jusqu'à ignorer ^t ce qui regarde l'amour. Fontenellb.

— Quand fillette ignore l'amour.

Tout amuse son innocence : La pudeur est sans défiance Quand fillette ignore l'amour* Un galant lui fait-il la cour, Cest pour elle sans conséqueaee «

Quand fillette ignore Tamour, Tout amuse son innocence.

Quand fillette connaît l^araour.

Adieu les jeux de son enfance :

On peut voir à sa contenance Quand fillette connaît Pamour.

Elle s'agite nuit et jour, Et ne dit plus ce qu'elle pense; Quand fillette connaît Tamour, Adieu les jeux de son enfance.

— Une fille à marier est une marchandise qu'on ne p1« en gros, qu'à condition de n'en laisser rien prendre en détai

Alphonse Karr.

— Un père, quand il a une fille, doit toujours craindi qu'elle ne devienne une courtisane dans sa jeunesse, ou bien m sorcière lorsqu'elle sera vieille. Bkn Sira.

— Une fille, assez de fille; deux filles, trop de filles; tro filles et la mère font endiabler le père. Proverbe.

— Ce n'est point l'opéra que je fais pour le roi,

Qui m'empêche d'être tranquille ; Tout ce qu'on fait pour lui parait toujours facile.

La grande peine où je me voi,

Cest d'avoir cinq filles chez moi,

Dont la moins âgée est nubile.

Je dois les établir, et voudrais le pouvoir ; Mais h suivre Apollon on ne s'enrichit guère; G*e8t, avec peu de bien, un terrible devoir. De se sentir pressé d'être cinq fois beau-père.

Quoi ! cinq actes devant notaire,

Pour cinq filles qu'il faut pourvoir!

0 ciel! peut-on jamais avoir

Opéra plus fâcheux h faire ? Quinault.

— La garde d'une fille est un bien lourd fardeau.

Regnard.

•^ Les vignes et les filles sont difficiles à garder.

— Qui a des filles, dit le proverbe, est toujours berger.

— La plus belle fille du monde donne souvent ce qu'elle r pas... l'amour. Arsène Houssate.

— On reprochait à une jeune personne de dix-huit ans de point apporter assez de ^oins dans sa toilette. — Si vous vc négligez cin«^ mademoiselle, lui disait-on, \ous ne vous n

rierez Jamais. — Eh bien! soit, répondit-elle ëtourdimeDt, je ferai comme ma mère, Je resterai fille. A. R.

rZiAMBEAV.

— Le flambeau de rbymen a*est qu'une laaterae sourde.

RlCHAKDSON.

— Qaaod Thymen yeut allumer son flambeau à celui de l'amoar, il éteint celui-ci et n'allume pas le sien.

Sylvain Maréchal.

~ Le cœur des prudes, des veuves et des dévotes est un foyer où Tamour pourrait aisément rallumer son flambeau, si jamais il venait à s'éteindre. Stanislas.

— Celui qui vous flatte est votre ennemi. Cardan.

— La flatterie est une fausse monnaie qui n'a de cours que pir notre vanité. La Rochefoucauld.

— Il est très facile de prendre celui qui sait flatter pour ud bomme d'esprit ; les femmes s'y trompent à tout moment.

M"* DE RlECX.

— Les femmes ont une telle disposition à aimer d'être flattées, que quoiqu'elles sachent bien que ce qu'elles entendent d'obligeant ne soit pas parfaitement vrai, elles ne laissent pis cependant que d'être bien aises de l'entendre.

M"* DE Sartory.

— La flatterie est comme la fausse monnaie, elle appauvrit Mile qui, la reçoit. M""* Woillez.

— Quand l'amour est galant, il est rarement tendre, et l'on perd presque toujours du côté du sentiment ce que l'on gagne <laeôté des grâces. Celles de l'amour sont l'amour lui-même : tout autre ornement lui est étranger et le dégrade. Cette pas- 'ioD n'est éloquente que lorsqu'elle ne cherche point à l'être; ^ que la flatterie s'en mêle ce n'est plus qu'un commerce <i'aniour-proprc, le cceur n'y a point de part, et l'on perd à la fois le plaisir d'aimer et son excuse. M""* d'Arconvu.le.

--- Les hommes qui complimentent le plus les femmes sont ^x qui les estiment le moins. Meilhan.

— Les femmes se complaisent tellement dans la flatterie, QQ*il n'est pas jusqu'à la plus laide et à la plus maussade à qui YOQs ne puissiez persuader qu'elle est aimable et jolie.

ÂUG. Guyard.

*~ Je les connais ces êtres charmants et indéfinissables, ^yez persuadés qu'elles aiment à avoir de la poudre dans le«

yeai, et que plus on leur en jette, plus elles les écarquillent, afin d*en gober davantage. Alfred de Mdsset.

— Belles, vous portez à quinze ans,

La couronne de rinnocence;

Bientôt viennent les courtisans,

Comme les rois on vous encense,

Gomme eux, de pièges séducteurs

L'artifice vous environne ;

Vous n'écoutez que vos flatteurs,

Et vous perdez votre couronne. BéBAKGn.

Tout ce qui flatte lés femmes, leur semble beau.

Beadchénb.

— La flatterie perd plus de femmes que Tamonr; quand elle ne réosait pas, ce n'est pas sa faute, mais celle du flatteur.

LÉvis.

— La première chose que font deux jeunes femmes qui le rencontrent est de se chercher des ridicules, et la seconde de se dire des flatteries.

— L'amour est si bien notre maître i tous, que le ploi orgueilleux des hommes, quand il est bien épris, flatte ]vAr qu'au portier de la femme qu'il aime. Un amant, dit le poëte :

Un amant fait sa cour où s'attache sou cœur; Il veut de tout le monde y gagner la faveur ; Et pour n'avoir personne à sa flamme contraire, Jusqu'au chien du logis il s'eff^orce de plaire.

— La parure la plus simple est la plus favorable à la beauté; et quoique la mode en ordonne autrement, je prétends que le> fleurs s'harmonient beaucoup mieux avec le visage des femmes que les perles et les diamants. Bernardin de Saint-Pierrb.

— La femme est une fleur qui n'exhale de parfum qa*i 'ombre. Lamennais

— La femme est plutôt faite pour être aimée que pour aimer, à l'exemple des fleurs qui ne sentent rien de leur parfum, mais qui les donnent à sentir aux autres. Les femmes sont d(

raies fleurs d*amour. Alphonse Esqduios.

roxs.

— L'on n'aime bien qu'une seule fois : c'est la première. Us amours qui suivent sont moins involontaires. La Brutèu.

première fois qu'une femme aime, elle est timide et emsée: à peine ose- 1- elle Tavouer; les plus It^gères faveurs -aissent des crimes ; elle se les laisse ravir plutôt qu-elle accorde, et se les reproche sans cesse : elle voudrait se iolence et résister à son penchant. Cet état de contrainte ! au proOt de la passion, et elle n'en aime que davantage, onde fois elle est plus libre ; les fautes lui coûtent moins mettre; elle se livre avec moins de retenue et presque emords : elle sent plus Tempire des sens, et beaucoup celui du sentiment. M"* d'âbconvu.lb.

il est impossible d'aimer une seconde fois ce qu'on a Tétment cessé d'aimer. La Rochefoucauld.

iToltaire a dit de l'amour, que c'est un canevas donné nature, et brodé par l'imagination. L'une des broderies $ y applique, est cette délicieuse conviction où l'on est, lors de ce que l'on aime, on ne pouvait rien aimer. Cette D m'avait séduit et persuadé. Je la regardais comme une que J'aurais signée de mon sang. Détrompé de cette , Je reconnais qu'un sentiment très vif divinise à nos selle qui en est l'objet ; mais l'illusion détruite, le besoin erqui l'avait fait naître, lui survit encore; et il opère en r d'un autre le même prestige, qui nous trouve aussi les que la première fois. Vous qui traitez des passions lioes, ne dites donc pas qu'on n'aime qu'une fois dans sa aiconque a senti le besoin de l'amour, en éprouvera plus fois l'atteinte. Ce phénix renaît de sa cendre.

Chabahoii.

— Hyacinthe, jeune bergère.

Avec le beau berger Melcourt, Se laissa choir sur la fougère, Et... son tablier devint court.

Lors, se livrant, la pauvre fille A ses regrets, à sa douleur.

Elle voulut à sa famille Cacher l'effet de son malheur.

Il existait dans le village Un médecin prudent et sage.

Connu par ses savants exploits.

Elle fut le voir... — C'est dommage, Lui dit le docteur Gastebois :

Mais mon enfant, prenez courage...

Mon Dieu! la nature a ses lois...

De combien ètes-vous enceinte?

— Hélas ! dit la pauvre Hyacinthe^ Je ne le suis que d'une fois.

-»- On aime plus la première fois, on aime mieui la setoode.

P. ROCHPÈDRE.

— La folie d'un homme vaut mieui que la sagesse d'ane femme. Salomon.

— A femme folle, les violons plaisent plus que la qaeoonille. Proverbe.

— Los femmes courent après les fous, et fuient les sages comme desanimaui venimeux. Erasme.

<— Qni veut cbàtier un fou, il faut le marier. Proverbb.

— Les extravagances sont de Tessence du véritable amoar.

Ninon dr Lenclos.

— Le mariage, comme vous ne le savez peut-être que trop, est un engagement qui ne doit se rompre que par la mort. Hélas! grands dieui! combien arriverait il, dans cette coodition-là, de séparations et bien pis encore, si Tunion de rbomme avec la femme n'était soutenue par les petites distractions, la -complaisance, les flatteries et la dissimulation, tous gens de moa <€SCorte et de ma suite ! Et qu'il se ferait peu de mariages, si •l'amant avait la prudence de bien sMnformerdu jeu que sa chère petite maltresse, qui lui parait si délicate et si pudique, a joué longtemps avant les noces ! Pour les mariages déjà contractés, ce serait bien un autre train, ma foi! Que de séparations» «i la négligence ou la bêtise des maris ne les aveuglait sur la vie secrète de leurs chastes épouses! On traite cet aveugle^ ment-là de folie, et Ton a raison; mais n'est-ce pas cette bieo' heureuse folie qui fait que la femme platt au mari, et que \e mari plaît à la femme; que la maison est tranquille, et que letf jilliances se maintiennent? On fait les cornes à un mari, je do «aïs mi^me quel sobriquet on ne lui donne pas hors de che^ 4ui, pendant que le bon homme console sa chère moitié, et boit* par ses tendres baisers, les larmes hypocrites de l'adultère^ Cela ne vaut- il pas mieui du reste que de se consumer en cha^grin, que de faire du vacarme et du tintamarre, en s'abandou^ oant à la jalousie? Je conclus donc que sans moi, nulle société 9 Quile union n'est possible dans la vie. Le peuple ne supporte" rait pas longtemps sou prince ; le maître, son valet; la dame, s^ suivante; le précepteur, son élève, l'ami, son ami; le mari, s^^ femme ; etc., etc., ci tour à tour ils ne se trompaient, s'ils ne 9^ passaient bien des choses ; si le tout enfin n'était assaisoni»^ ^e quelque grain de folie. Erasme.

— Les plas courtes folies sont les meilleures, dit le prosrbe, mais en amour, il y a des folies qui nous rendraient ien heureux, si elles duraient toute la vie. M** do Chatelet.

— Si Je pouvais me faire entendre de mes semblables, Je rar crierais du fond de ma retraite : — Femmes, aimez vos Dans si vous pouvez ; mais si vous faites des folies, tâchez in'elles vous amusent sans vous donner de chagrin.

M** DB RiEUX.

~ n y a de si belles amours qu*elles excusent toutes les folies (p'elles font faire. Rochebrune.

— 11 n'y a pas de folie que je n*aie faite jusqu'à présent en inxmr... excepté pourtant celle .de me marier. G. Walsh.

— Les premières folies mènent à d'autres. M"* de Rieux. — L*amour, dans l'état social, n'a peut-être de raisonnable

fie M folie. BiYÂftOL.

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