‹ L'amour par les grands écrivainsChapitre 25 sur 72 · CCCLXXIV · texte numérisé non relu

CCCLXXIV

Qui n'a jamais senti la force de ses armes,

Le voyaut en autrui, le trouve plein de charmes;

11 lient tout au-dessous du bonheur des amants.

Et ne croit point de biens si doux que leurs tourments.

Ainsi, qui voit le feu préfère à toutes choses

L'aimable pureté de sa couleur de roses,

Rien n'est à ses regards ni plus beau, ni plus cher •

Mais qu'il les dément bien s'il ose en approcher!

Quel si cruel serpent, quel monstre si farouche

Avec moins de pitié dévore qui le touche?

78 L'AMOUK

Il s'attache, s'accroît, perce, vole, s'étend; Il faut que to.it lui cèd", et rien ne s'en défend. Tel est ce dieu cruel, ce tyran de nos âmes; Telles plaisent aus yeiii et telles sont ses flammes 1 Depuis que ses attraits ont vaincu nos mépris, Et qu'il s'est fait passage en de jeunes esprits, Il faut que tout se rende à sa force indomplable ; Il n'est tigre plus furt, lion plus redoutable; Il n'épsrgne tourments, gênes, flammes, ni fers; Il passe en cruautés la mort et les enfers; Il presse, oppresse, brûle, étouffe, désespère, Fait naître pleurs, soupirs, sanglots, plaintes, colère; Fait souhaiter la mort et mépriser le jour, Et, tout amour qu'il est, il n'a rien moins qu'amour.

(Uotrou.)

Si nous aimons irrésistiblement les lieux où nous avons été, dans notre enfance, initiés aux beautés de ^'harmonie; si nous nous souvenons avec délices du musicien et même de l'instrument, comment nous défendre d'aimer l'être qui le premier nous révéla les musiques de la vie?

Le premier cœur où nous avons aspiré l'amour n'est-il pas comme une patrie? (Balzac.)

CCCLXXVl

L'amour est divin. C'est un passage court et enchanté par lequel Dieu a voulu que la jeunesse pût arriver, souriante et sans efforts, aux devoirs de la virilité. (Jules Sandeau.)

CCCLXXVII

Des yeux l'amour fait grand usage, On sait, lorsque l'on est au que l'on fut amant.

Qu'ils font la moitié de l'ouvrage!

Mais, belles, convenez que l'on s'en dédommage Par mille petits riens qui parlent clairement : Des mots qu'on entrecoupe, un son de voix qu'on baisse, Un soupir qu'à propos on pousse en \ous parlant, Une main qu'on vous serre, un genou qu'on vous presse. Un timide baiser qu'on donne et qui se rend,

Valent bien ces regards que l'on nous vante tant; L'amour aux yeux bandés vaut l'amour clairvoyant.

(Boufflers.)

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