‹ L'amour par les grands écrivainsChapitre 28 sur 72 · CDVIII LE PLAISIR ET L'AMOUR A MADAME · texte numérisé non relu

CDVIII LE PLAISIR ET L'AMOUR A MADAME

Dans l'empire de la Chimère, Où le Bonheur a fixé son séjour, L'Occasion, suj le soir d'un beau jour, En respirant l'odeur d'une rose épliéraère, Enfanta tout à coup le Plaisir et l'Amour.

Ces deux jumeaux, qu'on a prris l'un pour l'autre. Dans tous les temps et même dans le îiôtre, Tant l'œil hésite entre oux pour la première fois,

N'ont pas un trait qui se ressemble,

Dans «û horizon d'or apparaissant ensemble.

Us enlacent leurs bras, ils mélangent leurs voix...

Ou court vers eux, on les appelle,

On approche, on ci oit les saisir. ,,

Mais le moins familier s'éloigne d'un coup d'aile;

Est-ce l'Amour ou le Plaisir?

L'Amour, pour être heureux, a besoin de son frère . - Sans le Plaisir, il sommeille, il s'endort; Sans le Plaisir, rien ne peut le distraire; Sans le Plaisir, il se meurt, il est mort... Le Plaisir, sans l'Amour est plus vif, au contraire. Les deux frères, madamo, eu se tenant la main, A vos genoux s'enchaîneraipnt d'eux-mêmes; Mais un vieillard caresse ses systèmes.

Et voici mon avis : Quiconque en son chemin Trouvera le Plaisir, doit d'abord, s'il est sage, Sans attendre l'Amour, l'arrêter au passage, Et ne jamais dire demain. • Ijo Plaisir par les sens nous tient l'àme asservie. Le Plaisir émaille la vie.

Comme les fleurs dans la plaine au printemps Li; Plaisir à l'Amour laisse la coupe amère, Ses traits cruels et ses ennuis constants; Li Plaisir se souvient, dans ses plus doux instants,

Que l'Occasion fut sa mère :

Le Plaisir vit toujours, et l'Amour n'a'qu'un temps. (P. L. Jacob, bibliophile.)

CDIX •

... Je puis donc inspirer et mériter de la constance; mais aucune femme n'est capable comme toi de ce sentiment qui demande autant de courage et de raison que de tendresse, lorsque par des circonstances funestes tout conspire contre notre amour. Les âmes vulgaires prennent les difficultés pour des impossibilités, et se croient dégagées de leurs devoirs, parce que les contrariétés ou la persécution les rendent pénibles; l'adversité est la saison brillante! Eh! de combien peu de femmes et d'hommes aussi peut-on en dire autant?

(Mirabeau.)

Page 1