I.XI
l'areilles à ces liqueurs d'Orient, qui laissent un paifum éternel au vase qui les a contenues, les aflections, môme en s'épuisant, pourraient irnprét^ner de suaves souvenirs à l'asile qu'elles ont liabili-j mais dans quelle âme une allection humaine a-t-elle pu séjourner sans y altérer sa pureté primitive? dans quel co'ur I'amouu n'a-t-il point déposé, en se retirant, un peu de lie et d'amertume? (Jules Sandeau,)
La prudence et I'a.moih no peuvent aller ensemble.
(Agdsilas.) LMII
A force de parler d'AMoiii, on devient amoureux. Il n'y a rien de si aisé. C'est la (lassion la plus naturelle à l'homme.
(Pascal.)
On veut faire tout le bonheur, ou, si cela ne se peut ainsi, tout le malheur de ce qu'on aime. (La Bruyère.)
L'odorat a dans I'amour des effets assez connus. Le, doux paçfum d'un cabinet de toilette n'est pas une pièce aussi faible qu'on pense. (Jean-Jacques Rousseau.)
Demander à une jeune fille que l'on a vue quatorze fois en quinze jours de I'amour, de par le roi, la loi et justice, est une absurdité digne de la plupart des prédestinés. (De Balzac.)
L'amour plaît plus que le mariage, par la raison que les romans sont plus amusants que l'histoire. (Champfort.)
Que jamais l'objet de votre amour, si l'on vient à le connaître, ne puisse vous faire rougir ! (Piaule, le Cnrculion.)
Le mariage n'est pas toujours, comme on le suppose, la conclusion de I'amour. (Napoléon.)
Si l'on pouvait prolonger le bonheur de I'amour dans le mariage, on aurait le paradis sur la terre. (J. J. Rousseau.)
Le mariage vient de I'amour comme le vinaigre du vin;
c'est un breuvage de tempérance, peu agréable et âpre, à qui le temps a fait perdre son céleste bouquet, pour le transformer en boisson de ménage, insipide et commune. (Byron.)
Jamais un amant, si éloquent qu'il soit, ne croit en dire assez pour les intérêts de son amour. (Plaute, le Marchand.)
Ordinairement, lorsqu'on se marie par amour, il vient ensuite de la haine; c'est ce que j'ai vu de mes yeux.
(Madame la duchesse d'Orléans.)
La passion s'augmente par les retours qu'on fait sur soi : l'oubli est la seule sûreté qu'on puisse prendre contre I'amouk.
(Madame de Lambert.)
Celui qui n'a pas connu Tamour, souffre difficilement celle passion dans un autre, (triante.)
Querelles d'amants, renouvellement d'AMOUR.
(Térence, L. Andrienne.)
L'amour est un sentiment jaloux et tyrannique; il n'e^t satisfait que quand l'objet aimé lui sacrifie tous ses goûts et toutes ses passions. Vous ne faites rien pour lui, si vous ne faites tout. Dès qu'on lui préfère le devoir ou l'amitié, il se croit en droit de se plaindre et cherche à se venger.
(Ninon de Lenclos.)
On ne songe guère à I'amour, alors qu'on manque du nécessaire. (Térence, L. Eunuque.)
Ce qu'on donne à Tamour est à jamais perdu.
(Madame Desbordes- Valmore.)
C'est la coutume des hommes que I'amour aveugle, de se déguiser à eux-mêmes les défauts des objets de leur passion.
(Lucrèce.)
Pour être bien aimé^
Il faut aimer bien peu, beaucoup promettre et feindre.
(Ronsard.)
Femmes, gardez-vous de croire aux serments des hommes : pour obtenir ce qu'ils souhaitent avec ardeur, ils ne les épargnent pas plus que les promesses; mais quand leur passion est une fois satisfaite, ils oublient bientôt et leurs promesses «t leurs serments. (Catulle.)
L'amour (hélas ! l'étrange et la fausse nature !) Vit d'inanition et meurt de nourriture.
(Alfred de Musset.)
Quand les rides et les cheveux blancs sont arrivés, il n'est plus temps de rappeler la jeunesse et I'amour"; c'est pourtant alors que, pour cacher ses années, une femme s'occupe
sérieusement de sa figure, et teint ses cheveux avec du brou de noix. (TibuUe.)
L'amour se venge souvent avec usure d'un hommage trop longtemps différé. (Properce.)
L'amour n'a point d'âge. 11 ost toujours naissant. (Pascal.)
Rarement les femmes quittent leurs amants pour ne rien aimer; c'est toujours pour en aimer un autre. La simple fidélité serait insipide pour elles, et ne les tenterait pas sans l'assaisonnement de la perfidie. (Marivaux.)