DLXIV
Il faut des vertus pour être capable d'aimer avec excès ; il en faut bien davantage pour que cet excès ne soit (ju'un raalheiir et ne devienne jamais un tort. (Madame Guizot.)
DLXV
Quand on est aimé d'une belle femme, on se tire toujours d'aflaire dans ce monde. (Voltaire.)
DXCVI
... Cette seule pensée, que j'ai fait naître une passion sincère, est une source de consolations et de volupté... C'est une jouissance que les richesses et la naissance, et l'esprit, et l'ambition exaucée, et toute autre passion, et toutes les voluptés ensemble, ne donneront jamais. Ce plaisir du cœur est vraiment unique, parce qu'il a sa cause dans lui-même. Celui qui n'a point été aimé de ce qu'il a aimé n'a pas connu le bonheur. Toute autre affection de lame peut être intéressée. On me sert pour soi; on me flatte parartiflce; on se dit mon ami, parce qu'on espère que je vaudrai plus que je ne coûterai; mais I'amour n'est accordé qu'à moi; on ne peut le contrefaire ni le feindre. Ce sentiment si flatteur, si
saint, si chaste et si pur est inimitable pour les yeux intéressés, pour le cœur qui l'éprouve. On peut tromper un amant vulgaiie, mais on ne trompera jamais un tendre amant.
- (iMirabeau.).
DXCVII
La pudeur n'est pas destinée à écarter l'amour, mais à l'ennoblir. Elle prévient l'abus des désirs sans les éteindre; elle les prolonge en leur donnant à la fois un frein nécessaire et un attrait plus particulier. (Sénancour.)
DXCVIII
En amour, on plaît plutôt par d'agréables défauts que par des qualités essentielles; les grandes vertus sont des^pièces d'or dont on fait moins d'usage que de la monnaie.
(Ninon de l'Enclos.)
DXCIX
La morale des femmes est toujours fondée sur des principes arbitraires ; leur honneur n'est pas le vrai honneur; leur décence est une fausse décence; tout leur mérite et toute la bienséance de leur état consistent dans la dissimulation et le travestissement des sentiments naturels, qu'un devoir chimérique leur prescrit de vaincre, et qu'avec tous leurs efforts elles ne sauraient anéantir. Du moment qu'une jeune femme entre dans le monde, tout conspire contre elle et contre sa vertu; on dirait que toute la société est intéressée h. sa perte; aussi, ce n'est que par le plus grand des miracles qu'elle peut échapper aux pièges tendus de tous les côtés à sa simplicité et à son innocence. Quand on réfléchit de bonne foi sur les malheurs inséparables de cette situation, bien loin de dire du mal des femmes, on est tenté de croire qu'elles sont en général beaucoup mieux nées que les hommes. Si c'est par un miracle qjae ce sexe aimable est préservé du naufrage, ce miracle fait honneur aux femmes. (Grimm.)
DC
La tête d'un amanj est vraiment inexplicable ; il adore sa maîtresse parce qu'elle est vertueuse, et se fâche parce qu'elle ne veut pas cesser de l'être. (Chamfort.)
DCI
Les hommes, au lieu d'être satisfaits qu'on leur accorde longtemps ce qu'ils eussent à peine espéré obtenir une fois, demandent à leur maîtresse compte du présent, du passé et de l'avenir même. A mesure qu'ils s'habituent à elle, ils veulent la dominer, et ils deviennent d'autant plus exigeants qu'on leur donne tout ce qu'ils veulent.
(Alexandre Dumas fils.)