DCLIV
La femme qui veut re'ellement refuser se contente de dire Non; celle qui s'explique veut être convaincue.
(Alfred de Musset.)
DCLV
, L'amour est un de ces maux qu'on ne peut cacher; un mot^ un regard indiscret, le silence même le découvre. (Âbeilard. )
DCLVI
Ecoutez ma parole, ô mortels égarés
Qui dans la servitude aveuglément courez,
Et voyez quelle femme au moins vous devez prendre.
Si vous l'épousez riche, il se faut préparer
De servir, de souffrir, de n'oser murmurer,
Aveugle eu tous ses fait?, et scurd pour ne rentcudre.
Dédaigneuse et superbe, elle croit tout savoir; Son mari n'est qu'un sot trop heureux de l'avoir; En ce qu'il entreprend elle est toujours contraire: Ses propos sont cuisants, hautains et rigoureux. Le forçat misérable est beaucoup plus heureux, A la rame et aux fers d'uu outrageux corsaire.
Si vous la prenez pauvre, avec la pauvreté Vous épousez aussi mainte incommodité, La charge des enfants, la peine et l'infortune ; Le mépris d'un cLacun vous fait baisser les yeux. Le soin rend vos esprits chagrins et soucieux; Av«c la pauvreté toute chose importune.
Si vous l'épousez belle, assurez-vous aussi De n'être jamais franc de crainte et de souci : L'œil de votre voisin comme vous la regarde; Un chacun la désire, et vouloir l'empêcher, C'est égaler Sisyphe et monter son rocher; Une beauté parfaite est de mauvaise garde.
Si vous la prenez laide, adieu toute amitié, L'esprit, tenant du corps, est plein de mauvaistié : Vous aurez la maison pour prison ténébreuse; Le soleil à vos yeux désormais ne luira; Bref, on peut bien penser si elle déplaira, Puisqu'une femme belle en trois jours est fâcheuse.
(Desportes.)
DCLVII
Dans le mariage il n'y a point d'AMOUR, parce qu'on ne peut aimer où il n'y a point d'obstacles. Si Laure avait été la femme de Pétrarque, il n'aurait point passé sa vie à rimer des sonnets. (Byron.)
DCLVIII
La femme qui aime ne peut qu'aimer. L'amoor^ en effet, prend si profondément racine dans l'âme des femmes, qu'il la remplit tout entière et même la régénère. Qu'une femme coquette aime, plus de coquetterie; qu'une femme légère aime, plus de légèreté ! On a vu des femmes, flétries par mille désordres, retrouver tout à coup, dans une passion profonde, jusqu'à la pudeur, jusqu'aux délicatesses de l'affection. Mais si un homme corrompu s'éprend de passion pour une jeune fille pure, que fait-il ? Au lieu de se purifier comme elle, il la corrompt comme lui. Les femmes trouvent toutes les vertus dans leur amour ; nous introduisons trop souvent nos vices dans le nôtre. (Ernest Legouvé.)