CLXXVIII
11 ne suffit pas d'aimer, il ne suffit pas de comprendre; il faut rendre quelque chose, étincelle pour étincelle, pensée pour pensée. Voilà pourquoi, comme nation, je préférerais la Française à toutes les femmes du monde.
L'Allemande est douceur et amour, d'une pureté, d'une enfance, qui transporte au paradis. L'Anglaise, chaste, solitaire, rêveuse, immuable au foyer, si loyale, si ferme et si tendre, est un idéal d'épouse. La passiun espagnole mord au cœur, et l'Italienne, dans sa beauté et sa morbidesse, sa vive imagination, souvent dans sa candeur touchante, rend la résistance impossible : on est ravi, on est conquis. ■ Cependant, s'il faut à l'homme une âme qui réponde à la sienne par des éclairs de raison autant que d'amour, qui lui refasse le cœur par une vivacité charmante, gaieté, saillies de courage, mots de femme ou chants d'oiseau, il lui faut une Française. (Michelet.)
ï-w-Chez les jeunes gens I'amour est le plus beau des sentiments. Il fait fleurir la vie dans Tâme, il épanouit, par sa puissance solaire, les plus belles inspirations et les plus grandes pensées. Les prémices, en toutes choses, ont une délicieuse saveur. Chez les hommes, I'amour devient une passion. La force mène à l'abus. Chez les vieillards, il se tourne en vice. L'impuissance conduit à rextrême. (Balzac.)
Il y a dans la voix, dans le regard, dans tout l'être de ceux que nous aimons, un fluide magnétique, une sorte d'auréole, non visible, mais sensible au toucher de l'âme, si je peux parler ainsi, qui agit puissamment sur nos sensations intimes. (George Sand.)
Les sentiments ne dépendent pas des principes : une femme peut rester fort honnête et cesser de vous aimer.
(J. J. Rousseau.)
Les grandes âmes ne sont pas celles qui aiment le plus souvent; c'est d'un amour violent que je parle. Il faut une inondation de passion pour les ébranler et les remplir. Mais, quand elles commencent à aimer, elles aiment beaucoup mieux. (Pascal.)
CLXXXllI
Il y a dans la jalousie plus d'amour-propre que d'AMOUR. Il y a une certaine sorte d'amour dont l'excès empêche la jalousie. (La Rochefoucauld.)
Si j'accorde que, dans la violence d'une grande passion, on peut aimer quelqu'un plus que soi-même, à qui ferai-je plus de plaisir, ou à ceux qui aiment, ou à ceux qui sont aimés? (La Bruyère.)
De tous les sentiments, I'amolr est celui qui a le plus grand besoin de loisir, et qui nous rend le plus incapables de toute occupation raisonnable et suivie. (Stendhal.)
Aimer et être aimé, c'était pour moi la plus grande jouissance. Mais à peine eus-je obtenu d'être aimé, et de jouir en
secret et dans un fol enivrement de ce qui avait fait mon désir, que je me sentis aussitôt frappé et comme déctiiré de verges brûlantes : la jalousie,, les soupçons, les craintes, les disputes, les fureurs ne me laissaient pas un instant de repos.
(Saint Augustin.)