‹ L'amour prodigue [par] René MaizeroyChapitre 13 sur 31 · LE QUATORZIEME · texte numérisé non relu

LE QUATORZIEME

chambre pour courir vers les redoutes de casino, les tables de roulette ou de baccara, et que personne ne câline, n'embrasse, n'écoute gazouiller et rire. Ils avaient assisté, épouvantés d'abord, puis indifférents, aux scènes pénibles où les dupes se révoltent, haussent le ton, réclament leur argent, bouleversent et vident les malles pleines d'exquises toilettes et de chapeaux extravagants, vous injurient et vous menacent. Il avaient eu pour décor de récréation les immenses couloirs oi^i l'on se poursuit à perdre haleine, oîi l'on se cache derrière les malles ventrues.

(( Vous rappelez-vous, Sabine? C'était à Abbazia... J'avais quatorze ans... Je vous avais écrit sur du papier que je prenais à maman un billet très tendre, beaucoup plus tendre que d'ordinaire. . . Alors vous vous êtes moquée de moi. . . parce qu'il était plein de fautes... vous m'avez donné des leçons d orthographe... Je vous admirais... Vous étiez plus calée que moi... Vous saviez par cœur toutes les sous-préfectures, et le cours des fleuves, et la table de multiplication . . .

— Et je me fâchais parce que vous étiez un

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