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. (1) Le Père Lepicier a réfuté cette manière de voir. Cf. Les indulgences, vol. 2, p. 252.
PS
Un autre point qui induit les âmes en erreur, c’est que l’on confond inclination au péché et affection au péché. Sentir n’est pas consentir. On peut gagner une indulgence plénière, tout en sentant une inelination au péché, pourvu que l’on puisse dire sincèrement, à un moment donné, par amour : pour vous, mon Dieu, je ne veux pas succomber même véniellement.
On aurait tort de croire qu’on ne peut point s'élever fréquemment au 3e degré, bien que la faiblesse humaine ne permettre pas de s’y maintenir. Il suffit de dire dans l’élan d’un cœur sans réserve : Mon Dieu, je suis tout à vous, je ne veux vivre que pour vous. L'’intensité dans ce 3e degré peut citer la remise totale des peines dues au péche, comme cela eut lieu pour Marie-Madeleine, la pécheresse de l’Evangile.
Comment faire des actes d’amour parfait ?
De plusieurs manières.
a) L'acte d’amour parfait peut être simplement intérieur, une élévation de cœur, un regard vers Dieu.
b) Il peut se faire aussi par des paroles, des oraisons jaculatoires : ‘ Mon Dieu je vous. aime pour vous-même et par-dessus toutes choses.” (1)
(1) Quand nous parlons d’aimer Dieu, pour luimême, par pur amour, nous n’entendons pas qu’il faille exclure toute idée de récompense. Il est clair, en effet, que Dieu doit être aimé tel qu’il est, et non, si on peut
ec) Une manière très pratique de faire des actes d’amour parfait, c’est de faire toutes nos actions et de supporter toutes nos peines de chaque jour afin de prouver à Dieu notre amour. ‘* C’est par amour pour vous que je fais ceci ou souffre cela.” Sous cette forme d ‘acte extérieur et de sacrifice, notre amour pour Dieu est plus sérieux, plus profond, puisqu'il exige de notre part plus d'énergie et de volvnté.
Nous avons mille occasions de faire ces actes pendant la journée, par exemple, lorsqu'il s’agit de remporter une victoire sur une tentation ou sur notre caractère, de faire un acte d’obéissance ou de renoncement, de surmonter une répugnance où une antipathie, de nous imposer une privation pénible, de subir une humiliation, etc.
d) On fera surtout un acte d’amour parfait, si on accepte la mort pour se conformer à la volonté de Dieu et pour lui plaire, reconnais- Sant avec plaisir le souverain domaine de Dieu 1 sur toute créature et désirant s’unir à sa fin par
ainsi parler, partagé en deux ou regardé sous un aspect plutôt que sous un autre. Dieu n’est pas seulement le souverain bien en soi : il est encore notre bien suprêine, notre fin, notre félicité, notre tout. Par conséquent, si nous devons l’aimer tel .qw’il est, il ne suffit
Pas que nous l’aimions comme le bien souverain en soi, maïs enc i
-ompris la félicité éternelle que doit nous procurer son éternelle possession. (Frassisnetti : Abrégé
de Th. morale, v. 1. no 65) (Etudes t. 127, p. 178 et ss) (2a, 2ac, q. 96, a. 13, ad 3um.)
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l’amour éternel. Le bienheureux Louis de Blois assure que si, à l’article de la mort, vous faites un acte de parfaite conformité à la volonté de Dieu, vous serez délivré, si votre amour est assez intense, non seulement de l’enfer, mais encore du purgatoire. eussiez-vous commis tous les péchés du monde.
N'oublions pas que toute formule doit être animée par l’amour intérieur, et que pour s’assurer, au moment de la mort, la remise complète des peines à expier, on peut joindre à l’acte d'amour parfait, l’indulgence plénière accordée par P *, le 9 mars 1904 ; indulgence que l’on peut s” .surer pour le dernier moment par des actes posés longtemps avant la mort. (1)
Effets de l’amour pur
L’acte d’amour Pur, au premier degré réintègre l’âme dans l’amitié de Dieu en lui obtenant la rémission des péchés mortels, quels que soient le nombre et la malice de ces péchés. Il obtient toujours la rémission de 'a peine éternelle, ainsi que la remise, en Partie au moins, de la peine temporelle, et cela Pour toujours, sans reviviscence possible des péchés ou des peines.
Il fait revivre les mérites passés et restitue la grâce sanctifiante qui nous permet d ’acquér'r
bon cœur, toutes ses dou récitation de communion.
de nouveaux mérites, en proportion de la ferveur avec laquelle il est produit au moment de la réconciliation.
Il remet les péchés véniels dont nous avons le repentir, et, dans une mesure que Dieu détermine d’après la ferveur et la perfection de cet acte d'amour, mais dont Dien seul connaît la mesure, il opère la remise des peines qui avaient été méritées par ces péchés, peut-être même, la remise totale.
Dieu ne veut pas que nous puissions nous rendre compte avec une certitude absolue du degré de perfection de nos actes d’amour, afin de nous tenir dans l’humilité. Il nous demande de nous appliquer entièrement à l’accomplissement du devoir immédiat, offert et sanctifié par l’amour, sans nous préoccuper des choses dont il s’est réservé la connaissance.
Enfin chaque acte d’amour parfait nous mérite pour cette vie une augmentation de grâce sanctifiante et pour le ciel un rayon de gloire éternelle, Quelle moisson de bonheur nous pouvons amasser en multipliant nos actes d’amour pur.
Sa Facilité Jésus est venu pour que les hommes aient une vie plus abondante ; il a rendu plus abor- ” dable l’accès du ciel ; il a fait pour la grâce de la contrition ce qu’il a fait pour les autres, il
l’a rendue plus accessible et plus répandue sous le règne de l'Evangile. Il n’a pas aboli ou
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rendu plus rare la contrition parfaite sous prétexte qu’elle n’était plus aussi nécessaire que dans le passé, attendu que nous avons le tribunal de la réconciliation.
Le sang adorable à non seulement purifié le monde, mais il l’a encore divinement fécondé. Il y à fait germer toutes les grâces : et dans cette éclosion universelle, la charité parfaite n'aurait pas été comprise ? Pourquoi, alors que l’amour sur la terre comme au ciel, toutes les grâces étant multipliées dans l’Evangile, seul l’amour pur, avec la charité parfaite qui en est inséparable, eut-il fait tristement exception ? Si jamais terre fut apte à produire cet amour avec surabondance, n'est-ce pas la terre de l’Evangile ? Ne sont-ce pas les âmes qui peuvent s’approcher tous les Jours de la communion, ce foyer d’amour !
Dieu a fait de l’amour pur le premier commandement : Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur (Mat., XXII, 37 ), en même temps qu’une nécessité de moyen ou de précepte pour le salut, selon que le pécheur ne peut pas, ou peut avoir recours aux sacrements. Or Dieu n'est-il Pas trop bon pour exiger absolument un acte de tous les hommes et, en même temps pour rendre cet acte tellement ardu, au plus grand nombre, tellement hérissé de difficultés qu’il leur devienne moralement impossible 2 Non, il n’est personne qui ne puisse obtenir la grâce de la contrition parfaite, s’il la demande à Dieu par une prière sincère,
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Et que l’on n'’aille pas croire qu’il soit nécessaire d’être savant et de faire une analyse de l’acte d’amour parfait. Non, le christianisme n’est pas fondé pour unc élite et des privilégiés. Ce qu'il y a de plus grand et de plus saint, l’Eucharistie, est accessible à tous. L'étude de l’Eucharistie soulève des questions profondes qui arrêtent les savants, cependant l’humble fidèle peut la recevoir à condition qu'il sache les vérités fondamentales de la religion et qu’il y apporte la dévotion que comporte son âge. De même pour l’acte d’amour pur. Les savants, les théologiens peuvent disserter sur Sa nature et soulever bien des doutes, mais l’humble fidèle, mais l'enfant produiront cet acte du moment qu'ils sentiront, même confusément, la différence entre aimer Dieu pour lui-même et aimer Dieu à cause de ses récompenses ou de ses châtiments. Il n’est pas plus difficile d’apprécier que nous aimons Dieu plus que toutes les autres créatures que d’apprécier que nous aimons une personne plus que toutes les autres, et cet acte d’amour suffit pour l’acte d’amour parfait.
Il n’est nullement requis des fidèles qu’ils connaissent explicitement les notions délicates et les explications subtiles qui sont d’usage dans l'exposé théologique de ces vertus.
Dans la vie ordinaire, la vie de tous 12s Jours, il n’est pas un homme du peuple, si peu exercé du reste que puisse être son esprit, qui ne soit capable d’aimer un ami d’une amitié véritable et qui, le faisant, ne sente, confusément
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au moins, la différence qu’il y a entre ce sentiment et l’affeetion intéressée que tetle on telle autre personne, par exemple, pourra avoir pour Jui.
Et cependant, en théorie, cet ouvrier, ce Paysan, ne percevra pas distinctement ee qui différencie ces deux amours. Il ne le percevra pas et il n’en aimera pas moins son ami d ’une amitié véritable.
De même, le chrétien peut faire et fait réellement des actes de charité parfaite, tout en n'ayant que des notions relativement confuses sur cette reine des vertus. Il peut pratiquement, à la manière de l’artisan dont nous venons de parler, aimer Dieu d’un amo - désintéressé, d’un amour de bienveillance véritable, sans pouvoir bien distinguer, bien caractériser, la nature même de cet amour. ;
Coneluons done que tout homme est capable de faire des actes d’amour parfait, car connaître le Dieu infiniment bon et infiniment aimable, le traiter comme tel, l’aimer de tout son cœur, non seulement à cause de se: bienfaits, mais encore pour lui-même, à cause de ses perfections infinies, et lui offrir par amour ses actions et ses peines, ce sont des actes que tout homme peut faire, avee la grâce de Dieu. Cette grâce on l’obtient par la prière.
Il n’y à point là un exeès de dévotion ou une vie extraordinaire, réservée ‘seulement à quelques âmes choisies, retirées dans un cloître. Lisez ce que dit à ce sujet le P. Tesnière :
sm blé-e his lite néons