‹ L'amour qui pleure et l'amour qui ritChapitre 25 sur 33 · LA SOMNAMBULE 2 I · texte numérisé non relu

LA SOMNAMBULE 2 I

à ouvrir^ bouton par bouton, Tetroite enveloppe de soie. Déjà, je voyais le bord de peluche du corset rose et noir...

Enfin, maîtrisée par ma volonté, elle se coucha!

Elle était là^ maintenant, dans l'ombre claire et douce, e'tendue^ immobiIe, sous les draps harmonieusement renflés^ et rn'offrant, dans Tabandonnement de sa servitude incapable de résistance, inconsciente même du besoin de résister, la réalisation entière de mon plus chimérique rêve.

Mais non! non! J'étais un lâche! Je n'avais pas le droit de la prendre, puisqu''elle ne se donnait point. Je n'étais déjà que trop coupable. Pas un baiser de plus ! Sur l'heure, je devais abdiquer ma puissance usurpée, rendre la comtesse à elle-même, m'agenouiller pour implorer son pardon. Penché vers elle, — aussi honnêtement que possible, je le jure! — je me disposais à faire les gestes qui éloignent le sommeil, qui rendent l'indépendance aux âmes. Mais, alors, la somnambule, en riant d^un petit rire, et les deux bras à mon cou :

— Eh ! mon Dieu, à quoi perdez-vous le temps, simple que vous êtes! dit-elle; je vous assure que je ne dors pas du tout. »

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