MOUSSELINE
Ce soir, quand je suis rentré, ma maîtresse ctait sortie. Il y avait un grand silence dans la chambre; la lampe considérait d'un œil sournois les rideaux épais de Talcôve.
Je m'étendis sur ma chaise longue devant la cheminée, et me hâtai d^écrire sur mes tablettes pareilles à celles de Rouvière dans Hamlet : « Ce soir, quand je suis rentré, ma maîtresse était sortie. »
Un bruit se fit entendre, on eût dit d'un petit cri de femme amoureuse. Je prêtai l'oreille; plus rien. Il y avait un grand silence dans la chambre.
Nouveau bruit : c^'était un baiser; les rideaux de l'alcôve s^agitaient tumultueusement. O douleur! Je frappai du poing mon front^ que la lampe considérait d'un œil sournois.
Je me précipitai vers le lit, sûr de découvrir un crime^ résolu à en commettre un. Hi! hi ! C'était ma chatte Mousseline qui jouait avec la pantoufle de ma mie sous les rideaux épais de Falcôve.
COQUELICOTINE
« Baise-moi^ dit Coquelicotin. Tout à Theure , comme je traversais le salon, le petit chien a jappe, le petit épagneul, ô Coquelicotine!
— Sapristi 1 dit Coquelicotine, le cas eût été grave, si mon mari s'était éveille; mais tranquillisonsnous, j'arrangerai les choses. — Baise-moi, » dit Coquelicotin.
Le lendemain Coquelicotine fit manger de l'arsenic à son mari dans une meringue à la confiture de groseilles, puis elle dit aux gens : « Mon mari a rendu Fâme tout àrheure, comme je traversais le salon. »
Une soubrette noya le chien; samedi soir, tandis que la Nuit aux doigts d'ébène fermait les portes de rOccident, pour la dernière fois le petit chien a jappé.
2 3o l'amour qui pleure et l'amour qui rit
« Chère amie, tu as eu tort, dit Coquelicotin, et ta conscience a cesse d'être pure comme unpavé d^autel quon lave tous les soirs. — Hon! répondit la belle^ mon mari était vieux. — Ce n'est pas ton mari que je plains, c'est le petit épagneul, ôCoquelicotine! »