‹ L'amour romantiqueChapitre 3 sur 24 · PRÉFACE IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE IX

son discours qui devient une causerie. Puisque donc, sur le désir formel de Lion Cladel, je me trouve obligeamment désigné ici comme le cicérone de ce livre : « L'Amour romantique, » je prendrai familièrement le lecteur au passage pour lui faire P historique de cette œuvre de jeunesse qui a conservé la grâce et les naïvetés des premières manières ^ de celles quon voudrait retrouver pour les perdre gaiement de nouveau.

Lorsque l'auteur (fe5 Va-nu-pieds s^en vint à Paris ^ en mars iSjj^ à Vaurore de sa vingtième année^ il apportait avec les rayons d'or du capiteux soleil du midi y cette bonne foi souriante dans ' l'humanité, cette fi fièvre de trouée » qui s* irrite chaque jour davantage dans la lutte et cette passion ardente quil devait mettre au service d'un rouge idéal. — Tour tout bagage littéraire, Cladel n'avait guère alors en tête que ce fatras de lectures variées qui s'entassent sans ordre et fermentent si hâtivement dans l'imagination des prédestinés. — On ne saurait dire de quelles œuvres opposées, de quels romans d'aventures, de quelles poésies ou nouvelles sentimentales s'est formé lentement, par couches de lectures successives, cet humus intellectuel déposé dans l'organisme cérébral et au milieu duquel doit poindre

Page 1