‹ L'amourette; pièce en trois actesChapitre 68 sur 89 · ACTE TROISIÈMF. 1 i · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈMF. 1 i

LAVERTOX.

Encore des coupures de journaux. « Le roman de Nesle : M. Laverton est un vieillard quinteux et désagréable! »

MADAME LAVERTOX.

Ohl

MAIXGAUD.

Il exagère!

LAVERTOX, feuilletant.

C'en est un que j'aurai mal accueilli. Ahl « L'Informe! » Celui-là je l'ai bien reçu; qu'est-ce qu'il dit : « M. Laverton est le type de l'alcoolique dégénéré, du boutiquier grotesque et autoritaire... »

MAIXGAUD.

Tu l'as bien reçu. Ça se voitl

LAVERTON.

Et l'agence me fait payer ces machins-là cinq sous pièce!

MAINGAUD.

C'est donné !... Ah ! te voilà célèbre à présent. Tu seras dans les revues de fin d'année !

LAVERTOX.

Maingaud, tu m'embêtes!

MAIXGAUD.

Désormais, tu fais partie des Pères Illustres I

LAVERTON.

Fais le malin... Tu es resté vieux garçon, toi!... Tu ne sais pas ce que c'est que d'avoir des filles!... et (jui vous font des l»lagues!

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maingaud.

Tu n'es pas le seul père dans ce cas-là... Les rois eux-niènies s'y sont trouvés 1

MADEMOISELLE PENSÉRIAUX.

Bonjour !

MADAME LAVERTON, au' fond.

Ah ! mademoiselle Pensériaux revient de la messe... Elle va nous donner '^des nouvelles fraîches... Eh Lien, chère amie î

MADEMOISELLE PENSÉRIAUX.

Chère amie!... J'ai couru I... Je voulais vous raconter comment ça s'était passé... On a proclamé les bans de ces chers enfants. I/Eglise était bondée de gens venus exprès pour ça !

MAINGAUD.

Et on prétend que la piété se perd I

MADEMOISELLE PENSÉRIAUX.

I/abbé Gharague est monté en chaire, on aurait entendu voler une mouche... Il a proclamé les noms... Et aussitôt l'assistance s'est mise à chuchoter.

MADAME LAVERTON.

Tu entends. Auguste! Je n'oserai plus me montrer ù la messe!

LAVERTON.

Et après?

MADEMOISELLE PENSÉRIAUX.

L'abbé a prêché sur l'escapade de Jeannine.

LAVERTON.

Il a osé! qu'est-ce qu'il a dit?

MADEMOISELLE PENSÉRIAUX.

Il a dit que c'était la faute du gouvernement.

ACTK TROISIÈME 119

MAINGAUD.

Ail l)ah!... Il n'est pas man<^hot, votre abbé f

MADEMOISELLE PENSÉRIAUX.

Cet lit superl»e ! A la sortie, on ne parlait que de ça ! Par exemple, je ne vous rapporterai pas tout ce que j'ai entendu!

MAINQAUD, bas.

Dix sous qu'elle nous sort tout!

MADEMOISELLE PENSÉRIAUX.

Des horreurs, ma chère! Des infamies... Ainsi on prétend que Jeannine.

MAINGAUD, l'interrompant.

Non ! Non, vous avez dit que vous ne rapporteriez pas!... Gardez-le pour vous!

MADEMOISELLE PENSÉRIAUX, vexée.

Mais, M. Maingaud!

MAINGAUD.

M. Maingaud a horreur des racontars et des commérages!

MADEMOISELLE PËNSÉHIAUX, furieuse.

Commérages !

MADAME LAVKRTON, le tirant.

V^enez voir la liasse-cour, chère amie !.. Nous avons reçu des Gochinchinoises!

MADEMOISELLE PENSÉRIAUX.

Pardon! Qu'est-ce que M. Maingaud entend par commérages?...

MAINGAUD.

Des rosseries de vieille fille <iui se venge!

LAVERTON.

Maingaud, voyons...

MADEMOISELLE PENSÉRIAUX.

Vieille fille, oui, je la suis! Et je m'en vante... Et je resterai vieille lille.

MAINGAUD.

Pour sûri S'il n'y a que moi pour vous enlever!

MADEMOISELLE PENSÉRIAUX.

Je pense bien ! Le mariage ne vous a pas assez réussi, pour que vous y goûtiez une seconde fois...

MAINGAUD, iurpris.

Ah ! vous savez?

MADEMOISELLE PENSÉRIAUX.

Que vous avez été marié? Oui... vous voyez que les vieilles filles sont parfois bien informées... Votre servante. (Révérence, à madame Laverlon en sortant.)

Je ne suis pas fâchée de lui avoir mis ça dans la maini

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